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Nom du blog :
orthodoxie
Description du blog :
Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc valere.depryck@scarlet.be
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
20.09.2006
Dernière mise à jour :
31.10.2009

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Avant-Propos

Publié le 22/10/2009 à 13:31 par orthodoxie
Avant-Propos

Christ Pantocrator - Sainte Sophie – Constantinople


Toi seul est Seigneur,
Toi seul es Saint,
Toi seul es le Très-Haut
Jésus Christ
Avec le Saint Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père.
Amen.


Avant-Propos

Les « Saints de l’Eglise d’Orient » constituent un florilège présentant brièvement leur vie. Quelques saints latins fêtés également dans le ménologe byzantin y sont parfois aussi repris. Pour en savoir davantage, il est possible de consulter les « sources » indiquées après chaque biographie. Celles-ci sont disponibles dans les différentes bibliothèques religieuses des séminaires ou des facultés universitaires. Toute remarque est bienvenue à mon mail : valere.depryck@scarlet.be.
Je prie les personnes dont j’aurais omis, sans le savoir, de demander les droits d’auteur (copyright), de prendre contact avec moi, afin de me mettre en ordre ou de retirer les éléments litigieux. Merci de votre compréhension.
Avec l’Eglise orthodoxe, je crois que les icônes sont écrites par l’Esprit Saint pour la liturgie et l’édification des croyants sans droits d’auteur.
Bonne lecture. Ci-dessous suit la liste des saints présentés. L’ordre sera légèrement modifié après la présentation d’un nouveau saint qui vient automatiquement en première position
Il est évident que chacun de nous doit adapter la vie des saints à ses capacités psychiques et à son propre chemin spirituel.

 

Comme pour tous les saints évoqués, entendons l’appel que le Seigneur nous adresse personnellement à travers eux. N’imitons pas une vocation qui n’est pas la nôtre.

 

En cliquant sur le numéro, qui est le lien hypertexte, vous arrivez immédiatement au texte du saint demandé.


01 Mère de Dieu et Saint Jean (Icône Kataphyge)

1 Saint Jean Damascène et l’Islam (4 décembre)
2 Saint Dimitri de Rostov (28 octobre)
3 Sainte Thècle (24 septembre)
4 Sainte Claire d’Assise (11 août)
5 Saint Columba d’Iona (7 juin)

6 Saint Prophète Jérémie (1 mai)
7 Saint Étienne de Perm (26 avril)
8 Saint Tikhon, patriarche de Moscou (25 mars et 7 avril selon calendrier)
9 Saint Photius, patriarche de Constantinople (6 février)
10 Kyrie Eleison
11 Synaxe des Saints et Martyrs Russes du XXème siècle
12 Saint Prophète Daniel (11 décembre et 17 décembre)
13 Saint Clément de Rome (23 novembre)
14 Saint Jacques, fils de Zébédée (25 juillet)
15 Saint Silouane l’Athonite (24 septembre)
16 Sainte Marie Madeleine (22 juillet)
18 Saint Paul (29 juin)
19 Le Berger, le beau
20 Saint Marc (25 avril)
21 Saint Cyrille de Jérusalem (18 mars)
17 Saint Taraise ( 25 février)
23 Saint Ignace d’Antioche (20 décembre / 17 octobre)
24 Sainte Nina (14 janvier)
25 Saint Jean Damascène (4 décembre)
26 Saint André (30 novembre)
27 Saint François d’Assise (4 octobre)
28 Saint Nicolas de Flue (25 septembre)
29 Origène
30 Patriarche antédiluvien Hénoch (10 juin)
31 Saint Hilaire de Poitiers (13 janvier)
32 Saint Hilaire d’Arles (5 mai)
33 Saint Grégoire le Sinaïte (6 avril)
34 Saint Jean Climaque (30 mars)
35 Saint Polycarpe (23 février)
36 Saint Grégoire de Nysse (10 janvier)
37 Les Trois Hiérarques (30 janvier)
38 Saint Basile le Grand (1 janvier)
39 Saint Jean Chrysostome (30 janvier)
40 Saint Philarète de Moscou (1 décembre)
41 Saint Martin (11 novembre)
42 Saint Prophète Baruch (28 septembre)
43 Saint Joseph de Nazareth (19 mars)
44 Saint Prophète Amos (15 juin)
45 Saint Prophète Isaïe (9 mai)
46 Saint Joseph l’Hymnographe (4 avril)
47 Invention du Chef de Jean-Baptiste (24 février)
48 Saint Syméon le Nouveau Théologien (12 mars)
49 Saint Ephrem (28 janvier)
50 Les Saintes Zoé (3 juill./18 déc./2 mai/13 févr.)
51 Païssij Velitchkovskij (15 novembre)
52Saint Serge de Radonège (25 septembre)
53 Saint Panteleimon (27 juillet)
54 Saint Symeon le Stylite (1 septembre)
55 Saint Païssios le Grand (19 juin)
56 Saints Cyrille et Méthode (11 mai)
57 Saint Prophète Zacharie (8 février)
58 Saint Mena (11 novembre/10 décembre)
59 Saint Théodore le Studite (11 novembre)
60 Saint Prophète Joël (19 octobre)
61 Les Quarante martyrs de Sébaste (10 mars églises latines)
62 Saint Romanos le Mélode (1 octobre)
63 Saint Justin, martyr (1 juin)
64 Saint Nil de la Sora (7 mai)
65 Saint Ignace Briantchaninov (30 avril)
66 Saint Jean Cassien (29 février en Orient/ 23 juillet à Marseille)
67 Saint Prophète Elisée (14 juin)
68 Saint Etienne, protomartyr (26 décembre)
69 Saint Maron (9 février)
70 Saint Grégoire Palamas (14 novembre)
71 Saint Prophète Osée (17 octobre)
72 Saint Prophète Ezéchiel (23 juillet)
73 Saint Archange Gabriel (26 mars)
74 Moïse (4 septembre)
75 Sainte Mère Marie Skobtsov ((31 mars et 20 juillet : canonisation)
76 Saint Prophète Elie (14 juillet)
77 Saint Ambroise d’Optino (10 octobre)
78 Saint Pacôme le Grand (15 mai)
79 Saint André de Crète (4 juillet)
80 Saint Séraphin de Sarov (2 janvier)
81 Saint Spiridon (12 décembre)
82 Saint François chez le Sultan

83 Saint Alexandre Nevski (23 novembre)



Alexandre Nevski (23 novembre)

Publié le 22/10/2009 à 13:18 par orthodoxie
Alexandre Nevski (23 novembre)

 XVIIme siècle

Musée du Kremlin

 

Alexandre Nevski

(1219-1263)

Fêté le 23 novembre

 

Né le 30 mai 1220 à Preslavl-Zalesk (Russie), fils de Yaroslav Vsevolodovich et de Theodosie Igorevna , Alexandre, grand prince de Novgorod et de Vladimir durant une des périodes les plus éprouvantes de l’histoire russe, avait reçu la mission divine de défendre son peuple contre les invasions venues de toutes parts. Juste et pieux, il fréquentait les églises et lisait les Écritures, dans lesquelles il trouvait sagesse et modération pour les tâches qui l’attendaient. Même ses ennemis l’admiraient. Lors de son mariage avec Alexandra, fille du prince Briacheslav, les époux reçurent une icône de la Mère de Dieu devant laquelle Alexandre pria toute sa vie.

Prince de Novgorod à l’âge de 10 ans, il vécut les luttes fratricides entre les riches et les pauvres écrasés par les taxes. En 1231, lors d’une terrible famine et d’un hiver rigoureux, il intervint en aidant de ses biens personnels les pauvres comme les riches. Il fut aimé du clergé, des moines et des indigents qui voyaient sa volonté de sauvegarder sa ville de la mort.

Entre 1237 et 1239, les Tartares envahirent la Russie détruisant tout sur leur passage. Ils s’emparèrent de Vladimir et de Kiev qu’ils mirent à sac. Les principaux territoires russes furent soumis à de lourdes taxes pendant deux siècles.

 

Au XIIIème siècle, Novgorod était devenue la principauté la plus puissante. Les Suédois, les Lithuaniens et les Chevaliers Teutoniques (ordre monastique militaire ayant comme objectif la conversion forcée des peuples slaves et baltes au catholicisme romain) cherchaient à prendre possession de ces terres. En 1237, les Chevaliers Teutoniques s’installèrent dans la région. Ils s’aventurèrent sur le territoire de Novgorod, occupèrent la ville de Pskov, et établirent quelques fortifications autour du lac Peïpous. En juillet 1240, le jeune prince Alexandre, après avoir prié longtemps dans l’église Sainte Sophie et reçu la bénédiction de l’archevêque Spiridon remporta contre les Suédois la bataille de la Néva, d'où lui vint son surnom de Nevski . L’armée ennemie, quoique bien plus puissante, périt en s’enfonçant dans les eaux de la Néva. A la même époque, à l’Est, les Mongols du Khan Batu envahissaient le pays et en décembre 1240, établirent leur suprématie sur Kiev.

En avril 1242, Alexandre battit à nouveau les ennemis sur le lac Peïpous dans la fameuse Bataille de la glace : sous les sabots des chevaux, la glace se brisa et les envahisseurs périrent. Le prince laissa cependant les survivants rentrer chez eux. Les quatre années suivantes, il eut à s’opposer aux incursions des Lithuaniens.

Cependant tous les territoires de la Russie finissent par être intégrés à cet immense empire appelé la Horde d’Or.Le patriarche Cyril II accepta cette unification territoriale, car même sous domination mongole, l’Église orthodoxe pouvait étendre son influence dans toute la Russie et en Orient. Alexandre adopta sagement les vues de Cyril.

À la mort de son père en 1246, il fut convoqué auprès du khan. Après lui avoir rendu hommage, il aurait du, selon les usages se soumette aux pratiques païennes mongoles, sous peine de mort Ne voulant pas trahir sa foi, il se préparait à mourir. Devant le khan, il confessa sa foi chrétienne en un seul Dieu en trois Personnes. Le khan fut impressionné par son courage et lui offrit l’hospitalité. Il fut ensuite envoyé auprès du grand-khan au fin fond de la Mongolie d’où il revint en 1251, confirmé Prince de Novgorod et de Kiev.

En 1252, le prince de Vladimir se révolta contre les Tartares et fit alliance avec les Suédois. Alexandre se rendit à la Horde d’Or et évita une nouvelle invasion.

En même temps, des menaces se faisaient plus oppressantes venant de l’Ouest : le pape Innocent IV voulait convertir les orthodoxes à la foi romaine. Il rencontra une vive opposition de la part d’Alexandre qui refusait les dogmes romains. Une véritable « croisade » fut organisée contre lui et son peuple ; il la repoussa en 1256, allant jusqu’à occuper la Finlande.

En 1260, les Mongols décidèrent d’augmenter les taxes et voulurent enrôler les Russes de force. Alexandre se rendit à nouveau auprès du khan, obtint l’allègement des taxes et put éviter la circonscription obligatoire. De ce quatrième voyage à la Horde d’Or, il revint épuisé, fatigué. Il mourut sur le chemin de retour, à Gorodtsa sur la Volga, le 14 novembre 1263.Lors de son décès, les Russes s’exclamèrent : Le soleil de la terre russe s’est couché.Il avait accompli la mission pour laquelle Dieu l’avait fait prince, prince de la paix.

Peu avant, il avait pris l’habit monastique sous le nom d’Alexis. Il fut enterré au monastère de Vladimir Klazma. Des miracles eurent lieu dès sa mise au tombeau. Pierre I le Grand fit transférer ses reliques à Saint-Petersbourg où elles furent placées dans la cathédrale de la Laure Saint Alexandre Nevski. Le 20 octobre 2007, la châsse contenant ses reliques fut transférée dans la cathédrale du Saint Sauveur à Moscou. De nombreuses églises lui furent dédiées en Russie, comme à l’ouest après l’émigration russe ; à Paris par exemple, une des églises de la communauté russe est la cathédrale Alexandre Nevski , rue Daru.

 

Il gagna le cœur de ses compatriotes par l’humanité pratiquée durant son règne. Il fut un pacificateur talentueux grâce à ses succès militaires contre les envahisseurs suédois et les Chevaliers Teutoniques. Il sut traiter avec les occupants tartars, poursuivant une politique de conciliation, avec une sagesse qu’il puisa dans sa piété et sa grande foi chrétienne. Avant les batailles, il demandait l’aide de Dieu. La légende raconte qu’avant la bataille contre les Suédois, il vit, dans un rêve, Boris et Gleb, accompagnés de rameurs célestes qui venaient au secours de leur frère Alexandre.

Il se caractérise particulièrement par son dévouement envers ses frères orthodoxes et la terre russe.

En 1381, Cyprien, patriarche Kiev et de toute la Russie le proclama saint.

 

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

 

Sources : Alexandre Nevski, Saints et fêtes orthodoxes,Internet.

               Elisabeth Behr-Sigel, Prière et Sainteté dans l’Église Russe,Ed. Cerf, 1950.

               Saint Materne, Blog, Saint Alexandre Nevski.Internet.

 

Saint François et le Sultan

Publié le 22/10/2009 à 11:12 par orthodoxie
Saint François et le Sultan

François et le Sultan

 

Saint François chez le Sultan Malik Al-Kâmil

 

Après deux départs manqués pour se rendre auprès du sultan Malek-el-Kâmil, François s’embarqua le 24 juin 1219 à Ancône pour l’Égypte. Il était convaincu que la violence employée jusqu’alors n’était pas le chemin pour annoncer la paix profonde qui habitait son cœur. Les troupes chrétiennes se trouvaient devant Damiette et il en était blessé. Arrivé sur les lieux, sans crainte et muni du bouclier de la foi, il partit pour le camp du sultan. Il parvint à traverser les lignes ennemies et obtint une entrevue avec lui. Celui-ci, de nature plutôt cruelle, devint toute douceur devant François et le garda quelques jours auprès de lui. Il s’étonna de le voir désarmé étant donné le climat de violence qui régnait. Mais François venait de la part de Dieu pour lui annoncer la voie du bonheur. Il le garda quelques jours auprès de lui et l’écouta prêcher la foi à lui-même et aux siens. Prenant peur de voir ses sujets se convertir sous le feu de la ferveur du saint, il le fit reconduire dans le camp chrétien avec les marques d’honneur et en toute sécurité. Il lui dit : « Prie pour moi, que Dieu daigne me révéler la loi et la foi qui lui plaît davantage ».

Quelques semaines plus tard, le 5 novembre 1219, les croisés prirent sauvagement Damiette. Que restait-il de la rencontre avec le sultan ? Albert Jacquard relate ainsi la suite de cet événement :

Que resta-t-il dans l’esprit du sultan de cette rencontre avec un homme représentant la religion honnie, religion qui tentait de s’imposer par la force des armes et dont les chefs ne reculaient devant aucune violence pour l’emporter ? Il semble qu’il n’oublia pas le sourire de François, sa douceur dans l’expression d’une foi sans limite. Peut-être ce souvenir fut-il décisif lorsqu’il décida, dix années plus tard, alors qu’aucune force ne l’y contraignait, de rendre Jérusalem aux chrétiens. Ce que les armées venues d’Europe n’avaient pu obtenir, l’intelligence et la tolérance de Malik-el-Kâmil permettraient à l’Islam de l’offrir. Sans doute le regard clair de François, qui était mort trois ans auparavant et venait d’être canonisé par l’Église, avait-il poursuivi son lent travail dans la conscience de cet homme ouvert à la pensée des autres ».

Dans le contexte des croisades, François innovait une autre façon d’aborder l’infidèle, plus fraternelle et courtoise. Il reconnaît dans le musulman un frère en qui il voit l’image de Dieu. Il lui parle sans suffisance et sans prétendre à la supériorité du catholicisme, il invite simplement le sultan à choisir la religion qui lui semble la meilleure. Il lui laisse son entière liberté d’homme sans vouloir exercer la moindre contrainte. François lui-même refusa les cadeaux que Alik-el-Kâmil voulait lui offrir personnellement, et ce qui est plus étonnant pour l’époque, des présents et pour les chrétiens pauvres et les églises. Ce que François refusa également.

Il était parti chez le sultan avec deux désirs au fond de son cœur : donner sa vie par le martyre et convertir le sultan. Il n’a obtenu ni l’un ni l’autre, mais il a gagné l’amitié du sultan par son ouverture respectueuse et confiante à une foi différente. Il nous inspire aujourd’hui dans le dialogue entre les religions.

Pour François, il y a deux façons d’être missionnaire. La première , c’est le modèle de : vivre avec les musulmans, confesser sa foi chrétienne en vivant comme un frère mineur humble et soumis à tous à cause de Dieu. La deuxième : annoncer la parole de Dieu avec humilité comme il l’écrira dans sa Règle : « Les frères qui s’en vont chez les Sarrasins peuvent vivre spirituellement parmi eux de deux manières. Une manière est de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature à cause de Dieu et de confesser qu’ils sont chrétiens. L’autre manière est, lorsqu’ils voient que cela plaît au Seigneur, d’annoncer la parole de Dieu, pour que les infidèles croient en Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, créateur de toutes choses, au Fils rédempteur et sauveur, et pour qu’ils soient baptisés et deviennent chrétiens.. » (1Reg 16, v. 1-7).

François a réalisé l’invitation de saint Pierre : Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte. Mais que ce soit avec douceur et respect, en ayant une bonne conscience (1P 3, 15b-16).

 

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

 

Sources : Albert Jacquard, Le souci des pauvres. L’héritage de François d’Assise,Ed. Calmann-Lévy, 1996, p.76-77

G. Geussé o.f.m., Rencontre sur l’autre rive. Fr. D’Assise et les musulmans,Ed. Franciscaines, 1996.

Sources francisaines. Réécriture du récit de 1Cel57 ;LM9,7-9  et Fioretti 24, par Marie-France, clarisse de Malonne (Inédit)

 

Mère de Dieu et Saint Jean le Théologie -Kataphuge

Publié le 07/10/2009 à 10:20 par orthodoxie
Mère de Dieu et Saint Jean le Théologie -Kataphuge


Mère de Dieu et Jean le Théologien
La Mère de Dieu « Kataphyge » et Saint Jean le Théologien
1395
Monastère de Poganova Sofia, galerie d’Art.

Voyant sa Mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta Mère » ». A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui (Jn 19,26-27).

Cette icône peu connue (93 x 61,5 cm), appelée "Mater Theou, he kataphyge" et "o Johannes theologos", représente la Mère de Dieu confiée aux soins de Jean l’évangéliste, au calvaire, ainsi que la maternité de Marie à l’égard de celui-ci. Elle est régulièrement exposée dans la Cathédrale Alexander Nevsky, à Sofia, en Bulgarie.
Jean et la Vierge y sont représentés comme s’ils étaient encore au pied de la croix, tout à l’écoute des dernières paroles de Jésus. L’absence de la croix symbolise le vide laissé par la mort de Jésus.

La stature délicate de la Vierge immobile, apparaît davantage encore dans sa douceur aux côtés du personnage corpulent de Jean qui, de sa main droite, semble vouloir exprimer quelque chose. Marie, enveloppée du maphorion bleu, soutient de sa main la tête inclinée, toute empreinte de souffrance contenue et pensive, expression de sa douleur intériorisée. Son visage est jeune et son regard se tourne vers le disciple bien-aimé. Les étoiles, symboles de sa virginité, brillent sur sa tête et son épaule droite. Nous pouvons admirer les fines franges d’or sur le bord de son manteau. A l’image traditionnelle de Marie, Mère de Jésus, à la croix, l’icône associe celle de la Mère de Dieu, asile (kataphyge) et protection de qui se tourne vers elle.
Saint Jean est vêtu d’un manteau sur lequel se répand une intense lumière blanche, son épaule gauche en est recouverte tandis que sur l’épaule droite se découvre la tunique marquée d’une bande orange qui descend jusqu’aux pieds. Jean, identifié ainsi comme "o theologos" – le théologien, est présenté comme un homme d’un certain âge, chauve, à la barbe frisée, une expression frimée sur le visage, son aspect traduisant sérénité et sagesse. Si nous comparons cette icône avec celle de la crucifixion de Denis (1500), la différence est frappante. Au pied de la croix, Jean y apparaît comme un jeune homme imberbe et chevelu, qui correspond davantage à la réalité, selon la tradition. Marie regarde Jésus sur la croix tandis que le regard de Jean, inclinant la tête vers la Vierge, se porte sur elle. L’écart que nous constatons ici par rapport à l’iconographie traditionnelle est une façon de reconnaître en lui l’auteur de l’Évangile et de l’Apocalypse.
Jean ne regarde pas la Vierge. Son attitude exprime énergie et mouvement, ses pieds sont prêts pour la marche. La tête penchée vers elle, il partage sa profonde douleur, mais son regard et toute son attitude se portent vers le spectateur qu’il regarde d’un regard éclairé comme pour l’associer à la responsabilité que le Fils lui confie. Par son regard, il nous introduit dans l’icône. En quelque sorte, il nous confie la Mère de Jésus, comme si cette responsabilité était trop lourde pour lui seul. A nous maintenant d’accueillir la Theotokos, la Mère de Dieu.

La Vierge, refuge pour tous ceux qui sont dans la douleur : c’est sous ce titre qu’elle a été invoquée à travers les âges. Un papyrus retrouvé dès 250, témoigne que l’Église copte l’invoquait avec les paroles rapportées dans le Sub tuum praesidium latin ou le Подъ твою милость (pod tvoju milost) utilisé dans la liturgie slavonne. Ce titre lui est reconnu depuis les débuts de l’ère chrétienne, il revient sans cesse dans les canons et hymnes qui lui sont consacrés.
.
Sous ta protection, nous cherchons refuge, sainte Mère de Dieu.
Ne refuse pas nos prières dans nos besoins, mais sauve-nous de tout danger, Vierge glorieuse et bénie.

Comme dans toute icône, la perspective est renversée, mais nous pouvons lui donner un second sens spirituel. Habituellement, c’est nous qui nous confions à Marie et cherchons refuge auprès d’elle, comme le dit le Sub tuum. Dans l’icône de Poganovo, elle se réfugie auprès de nous, car son Fils l’a confiée à Jean qui nous représente.
A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. Après la mise au tombeau, le Sabbat commençant, Jean est descendu du Golgotha avec Marie qui dès ce moment, demeura chez lui. Ainsi en était-il après la Résurrection. La Mère qui, depuis l’Annonciation et la terrible prophétie du vieillard Siméon a gardé tous ces événements dans son cœur, partage maintenant le trésor de sa foi au disciple. N’est-elle pas la meilleure messagère du sens de tout ce qui advint. L’exilé de Patmos, après avoir « contemplé » la Parole du Fils et de la Mère, peut dicter à Prochore, son disciple, son Évangile et le livre de la Révélation, l’Apocalypse, prophétie du siècle à venir.

Ainsi pouvons-nous mieux comprendre pourquoi Jean est représenté sur cette icône comme un homme âgé, lui qui a partagé la méditation de Marie, gardant ses paroles dans son cœur et laissant au temps le temps de les mener à maturité. L’iconographie ne respecte pas nécessairement la chronologie ou l’historicité des événements (cfr. la présence de Saint Paul sur l’icône de la Pentecôte), elle en donne le sens théologique. En ce qui concerne notre icône, le nom donné à chacun des personnages est important et éclairant.
A quelle responsabilité mais aussi à quels honneur et dignité sommes-nous appelés en accueillant Marie chez nous.

Les figures de la Vierge et de saint Jean ressemblent étrangement à celles des icônes de la crucifixion. Tous deux ont donné une forme visible au Logos divin et rendu manifeste le plan salvifique pour la race humaine.
En fait, cette icône provient d’une icône à double face, l’autre face représentant la crucifixion. Elle faisait partie des icônes processionnelles très en usage à l’époque.
La beauté des couleurs, sa luminosité en font l’une des plus belles. Contemplons-la dans le silence d’un cœur qui écoute et laissons-nous saisir par sa « Parole ».

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse
Sources :
Alfredo Tradigo , Icônes et Saints d’Orient, Éditions Hazan, Paris, 2005.
Bisseera V. Pentcheva, Imagined Images: Visions of Salvation and Intercession in a Double-Sided Icon from Poganovo, Dumbarton Oaks Research Library and Collection, Washington, D.C., 2000 (Internet).
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Saint Jean Damascène et l'Islam

Publié le 04/10/2009 à 21:04 par orthodoxie
Saint Jean Damascène et l'Islam
Jean Damascène et l’Islam
Vers 650 – vers 750
Fêté le 4 décembre

La famille de Jean était d’origine arabe et s’appelait Mansour (le victorieux) de son vrai nom.
Après la conquête de la Syrie par les Musulmans, Damas devint la capitale de l’Islam. Le grand-père de Jean, gouverneur de Damas, avait négocié la reddition de la ville en 635. L’administration passa aux mains du khalife. Jean, à la suite de son père, y occupait une place importante, il assurait la direction du trésor publique, les Arabes étant surtout des guerriers à cette époque. Le VIIème concile œcuménique a comparé Jean à Matthieu, le collecteur d’impôts. Auparavant, au service des empereurs, la famille était passée à celui des khalifes. Ces derniers, dans un premier temps, se montraient très tolérants et amicaux à l’égard des chrétiens au vu des services qu’ils leur rendaient. Ses talents lui valurent la confiance de plusieurs princes Ommyades. Il était très compétent dans la gestion des affaires de l’État, et de ce fait le souverain le ménageait. Jean, de son côté, sut exploiter sa situation pour demander des privilèges pour les chrétiens. Il n’hésita pas à professer sa foi sous le règne des différents princes Ommyades qu’il connut, de plus, il prit la plume pour défendre la doctrine orthodoxe contre les hérésies. Pendant un demi-siècle, il exerça une influence heureuse dans cette cour musulmane. Il connaissait bien l’Islam ainsi que la doctrine de Mahomet et les relations étaient bonnes avec les khalifes, en ces débuts d’occupation.
Lors de la querelle du culte des images sous Léon l’Isaurien et appuyée par le khalife Yesid II (720-724) – un musulman doit abhorrer les images saintes – Jean défendit la vraie foi basée sur une solide connaissance théologique. Lorsque Léon III publia son fameux édit contre le culte des images saintes, Jean publia trois discours contre « ceux qui rejettent les images saintes ». Le Coran était compris là-dedans. Furieux, Léon III envoya une lettre au khalife Hescham, imitant la calligraphie de Jean, pour dénoncer son intention de livrer la ville de Damas. La supercherie fut déjouée et Jean garda la confiance du khalife.
Vers 720, les persécutions contre les chrétiens s’intensifièrent; sous peine capitale, la conversion à l’Islam est exigée. Jean, refusant de se convertir, démissionne de son poste et se retire au monastère de saint Sabas, près de Jérusalem. Il y est ordonné prêtre par le patriarche Jean (705-735). En 743, il écrit son livre majeur La Source de la Connaissance, véritable Somme Théologique qui réalise la synthèse de sept siècles de christianisme concernant la défense de la foi chrétienne. Le Livre des Hérésies, dont la 100me concerne l’Islam, est une partie minime de cette œuvre majeure, mais elle est bien connue. Une seconde œuvre, La controverse entre un Chrétien et un musulman, aborde deux thèmes essentiels : le libre arbitre et la christologie. Il s’agit d’un ensemble de controverses, élaborées sous forme de petits dialogues fictifs, pour prouver le bien fondé de la foi chrétienne contre les affirmations du Coran et de Mahomet. Elles veulent également affermir la foi chrétienne persécutée. Elles se terminent, faute d’arguments de la part de l’Islam : Le musulman, fort surpris et déconcerté, n’ayant plus rien à répliquer au chrétien, se retira à court d’objections.
Étant donné son statut de témoin et le risque dans les premiers affrontements du Christianisme avec l’Islam, Jean était bien placé pour y prendre la parole.
En 754, Constantin V Copronyme s’en prit encore aux orthodoxes, fit anathémiser et condamner Jean. Comme il s’était retiré au monastère de St Sabas, il ne pouvait pas l’atteindre autrement.
Le Concile de Nicée (787), rétablit sa mémoire salie et le déclara Vénérable. Léon XIII le promulgua Docteur de l’Église en 1870. Il mériterait d’être mieux connu de nos jours.
Les informations détaillées se trouvent dans les sources citées.

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources : Écrits sur l’Islam, Jean Damascène, Présentation, commentaires et traduction par Raymond Le Coz, Sources Chrétiennes 383, Cerf, 1992.
Neve Félix, St Jean Damascène et son influence en Orient sous les premiers khalifes, Extrait de la Revue belge et étrangère, Tome XII, 1861.
Jean « Mansour » de Damas – Internet- Mis en ligne par Albocicade.

Saint Dimitri de Rostov (28 octobre)

Publié le 08/09/2009 à 16:38 par orthodoxie
Saint Dimitri de Rostov (28 octobre)

Icône dans O.C.A.
Saint Dimitri de Rostov
1651-1709
Fêté le 28 octobre


Daniel (de son vrai nom Savvich Tuptalo) naquit à Makorovo près de Kiev. De sa famille très pieuse, il reçut une foi solide. Ses parents l’envoyèrent étudier au célèbre collège académique de Kiev fondé par le métropolite Pierre Maghila, où ses qualités furent appréciées. En plus des études scientifiques classiques, il étudia le grec et le latin, la poésie et l’éloquence.
Il reçut la tonsure monastique en 1668 au monastère de saint Cyrille de Kiev et fut ordonné hiéromoine en 1675. Il vécut en ascète, prêchant la Parole de Dieu dans les monastères et les églises d’Ukraine. Le supérieur de son monastère, connaissant son talent d’érudit, lui confia la rédaction de la vie des saints : les grandes Menées slaves (vies des saints de chaque jour de l’année). Toute sa vie, il poursuivra cet énorme travail, rassemblant les documents et les transcrivant dans un langage intelligible pour tous. Durant les vingt années consacrées à cette œuvre, il sentit l’assistance divine.
Par un décret du tsar Alexandre I, l’archimandrite Dimitri fut mandaté à Moscou et consacré Métropolite de la ville sibérienne de Tobolsk, le 23 mars 1701. Mais étant donné l’œuvre à laquelle il s’était attelé et sa santé fragile, il fut nommé Métropolite de Rostov, le 4 janvier 1702. Prenant possession de son siège, il déclara: Je suis venu vers vous non pour être servi, mais pour servir. Il s’adonna au redressement de ses ouailles, soit de vive voix ou par écrit. Il persévéra dans la construction de l’unité de l’Église orthodoxe affaiblie par le schisme des vieux croyants (raskolniki) , nombreux dans son diocèse. Pour les ramener à la foi orthodoxe, il supprima les détails qui avaient provoqué leur scission d’avec l’Église mère. Il entreprit de donner un nouveau souffle au clergé en fondant un séminaire pour la formation théologique des prêtres. Dimitri inspira des générations de théologiens russes et demeura un exemple de sainteté et d’ascèse. On le trouva mort au pied de son lit, le 28 octobre 1709. Il possédait peu, seulement ses livres et ses manuscrits. Il fut canonisé le 27 avril 1757.
Ses œuvres
La première porte le titre :La toison couverte de rosée, elle est consacrée aux miracles de Notre-Dame de Tchernigov. Les Menées occupèrent une vingtaine d’années de sa vie. C’est son œuvre principale, éditée dix fois au 18me siècle. Par ailleurs, il écrivit des sermons ; une enquête sur la foi des raskolniks (vieux croyants) ; des exposés doctrinaux : Le miroir de la confession orthodoxe et des traités sur l’homme intérieur et la prière.
Sa doctrine spirituelle
Homme spirituel, concret et pratique, il exhorte à l’amour de Dieu et du prochain en pratiquant les vertus et en y progressant de jour en jour. La perfection consiste dans la ressemblance avec Dieu. Si le chrétien pèche gravement, il perd la ressemblance avec Dieu, mais l’image inscrite comme un sceau au plus profond de l’être, demeure toujours.
Dans ses Annales, il développe ce qui est nécessaire au chrétien pour être sauvé. La vie active consiste dans le travail pour le prochain et le support de ce que la vie quotidienne nous apporte ; la vie contemplative comprend la séparation des choses de ce monde et l’adhésion à Dieu seul. L’idéal est de combiner ces deux aspects. Sans doute, la vie contemplative l’emporte sur la vie active. Mais l’idéal consiste à pouvoir vivre les deux.
Il insiste sur la sincérité, le respect, l’attention pendant les temps consacrés à la prière. Il rejoint ainsi tous les maîtres de prière : La prière sans attention est semblable à un encensoir sans feu ni encens, c’est une lampe sans huile, un corps sans âme. Celui qui veut prier doit préparer son cœur, c’est-à-dire déposer toutes les pensées vaines et les préoccupations terrestres et diriger tout son esprit vers Dieu en se tenant devant lui avec décence et crainte, comme si on se trouvait en présence d’un roi (Annales).
Dimitri a une dévotion spéciale aux cinq plaies du Christ. Il insiste sur la méditation de la Passion du Seigneur comme remède au péché. Dans ses prières liturgiques, il invoquait le Seigneur « plein de miséricorde », « plein de compassion », « Jésus la douceur même », « la bonté sans bornes ». Ces paroles sont très estimées tant dans les dévotions orientales qu’occidentales. Son amour du Christ, plein d’affection, touche encore beaucoup de Russes aujourd’hui.

Sources : Ivan Kologrivov, dans Dictionnaire de Spiritualité, Tome III, Beauchesne, Paris, 1957.
Orthodox Church of America, Saint Demetrius, Metropolitan of Rostov, Internet.

Valère De Pryck et sœur Myriam clarisse

Sainte Thècle (24 septembre)

Publié le 12/08/2009 à 17:04 par orthodoxie
Sainte Thècle (24 septembre)
Sainte Thècle
Vierge et Martyre
Protomartyre – 1er siècle
Fêtée le 24 septembre

Les Saints Pères l’ont appelée la femme apostolique, la fille aînée de Saint Paul, la protomartyre parmi les femmes à l’égale de Saint Étienne.
Saint Augustin, Saint Ambroise, Saint Jérôme, Saint Jean Chrysostome, Saint Grégoire de Nysse, Saint Epiphane et bien d’autres ont chanté les louanges de Sainte Thècle dans leurs écrits et leur prédication.
Elle naquit à Iconium (actuellement Konia, en Turquie), dans la province de Silicie. Fille de parents richissimes, elle se distingua par son extraordinaire beauté. Elle étudia les belles lettres et la philosophie et fut fiancée, à l’âge de 18 ans, à un jeune seigneur, Thamyris, appartenant à l’une des plus grandes familles de l’Asie. Lorsque Paul et Barnabé arrivèrent à Iconium, accueillis dans la maison d’ Onésiphore, Thècle, entendant raconter les merveilles qu’ils accomplissaient, tenta d’avoir accès auprès d’eux. Sa mère, Théoclia, s’y opposa et voulut hâter son mariage. Thècle pouvait seulement entendre Paul à partir d’une fenêtre proche du lieu où il prêchait mais sans le voir Elle s’y maintenait obstinément afin qu’aucune parole de sa bouche ne lui échappât. Sa mère fit mander Thamirys en vue de fixer le jour des noces. Thècle cependant ne démordait pas de sa résolution de prendre contact avec Paul. Ni les paroles flatteuses, ni les menaces ne purent l’ébranler.
Devant le gouverneur Castellius, Thamyris, furieux, accusa Paul de détourner sa fiancée et de semer le désordre dans Iconium. Celui-ci ne trouva pas de motif suffisant pour le condamner, mais sur l’accusation d’être chrétien, il le fit jeter en prison. Thècle, apprenant ce qui s’était passé, vendit ses bijoux et pierres précieuses et avec cet argent, parvint à convaincre le portier de la maison familiale de lui ouvrir les portes la nuit. À la prison, elle rejoignit Paul en donnant un miroir d’argent au geôlier pour qu’il la laisse entrer. Elle y demeura trois jours à l’écoute de Paul. Théoclia, croyant sa fille perdue, apprit du portier qu’elle était partie de nuit rejoindre Paul en prison. Après que Paul eut comparu devant le tribunal, Castellius, plein d’admiration devant les récits des miracles du Christ racontés par l’Apôtre, fut troublé. Il fit venir Thècle au cirque. La foule en furie, et sa mère en tête, demandèrent de la brûler. Le proconsul ne s’y opposa pas car le peuple en colère menaçait de le dénoncer à l’empereur s’il ne brûlait pas les chrétiens. Castellius fit chasser Paul d’Iconium et Thècle fut conduite au bûcher, refusant d’écouter les menaces de sa mère et les promesses de son fiancé. Elle se voulait tout entière au Seigneur Jésus Christ.
Débordante de joie de pouvoir mourir pour Jésus Christ, elle cherchait toujours à apercevoir Paul. Quand vint l’heure du supplice, dépouillée de ses vêtements, elle fut amenée sur un immense bûcher. Le Christ lui apparut et elle fut remplie d’une grande joie. La beauté céleste de son visage arracha des larmes au gouverneur mais devant le peuple en délire, il n’osa révoquer son ordre d’exécution. La foule crut que la victime était consumée, mais les flammes se divisèrent laissant entrevoir au milieu d’elles le corps intact de la jeune vierge. Un épais nuage obscurcit le ciel, un orage éclata tandis qu’une pluie diluvienne éteignit les flammes. Miraculeusement délivrée, elle fut accueillie dans la maison d’un chrétien d’où elle se mit à la recherche de Paul, caché dans une grotte près de la ville. Simmia, la fille d’Onésiphore, également chassé d’Iconium avec Paul, rencontra Thècle en allant chercher du pain. Elle la conduisit chez l’Apôtre qui fut rempli de joie à sa vue. Il continua à instruire Thècle en prévision des épreuves qui l’attendaient. Quittant Iconium pour Antioche, Paul prit Thècle avec lui.
Alexandre, magistrat d’Antioche, épris de sa beauté, voulut l’épouser et chercha à gagner la faveur de Paul. Celui-ci repoussa les dons du magistrat qui, blessé, fit châtier Paul. Refusant la main d’Alexandre, Thècle, à nouveau accusée d’être chrétienne, fut condamnée aux bêtes. Amenée au milieu de l’amphithéâtre, on lâcha contre elle une lionne furieuse et affamée. L’animal, oubliant sa férocité, vint caresser de sa langue les pieds de sa victime. Alexandre, ému, se retira mais le préfet la fit remettre au milieu du stade, et fit lancer sur elle des lions et des ours qui ne purent la dévorer. La lionne qui l’avait épargnée la veille, vint à nouveau lécher ses pieds. D’autres tourments lui furent infligés mais chaque fois elle échappa. Devant ces prodiges, les magistrats demandèrent sa délivrance. Un décret du proconsul, terrifié à la vue de ce qui se passait, la fit remettre en liberté.
Thècle n’avait qu’un désir: revoir Paul qui prêchait à Myre. S’y étant rendue, il l’envoya enseigner la Parole à Iconium où elle retrouva Onésiphore. Thamiris était mort dans la fleur de l’âge, quant à sa mère Théoclia, elle vivait encore mais malgré tous les moyens que sa fille employât, elle refusa de croire.
À la fin de sa vie, elle se construisit un petit ermitage où elle termina ses jours dans la prière et la contemplation. Âgée d’environ 80 ans, elle alla recevoir de son Époux céleste la double couronne du martyre et de la virginité. Son corps reposa d’abord à Séleucie avant que ses restes ne soient conservés, selon certaines sources, dans l’église métropolitaine de Tarragone en Espagne. On l’invoque particulièrement pour être préservé de l’incendie. L’Église demande son intercession lorsqu’elle recommande les âmes des agonisants à la miséricorde divine.
Grâce à son intervention, Dieu opéra de nombreux miracles.


Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources :
Magazine Stella Maris, n°425 de mai 2003.
Actes de Paul et de Thècle, Apocryphe de 160, Internet.
Saint Thekla, Orthodox Church of America, Internet[/FONT][/FONT][/SIZE]

Blog prières

Publié le 04/07/2009 à 22:37 par orthodoxie
Blog prières
Avant Propos

À la demande de quelques personnes de créer un blog avec des prières, vous trouverez des prières, hymnes de toutes religions. La prière est universelle et comme dit Alexandre Men: Le mur de nos séparations n’atteint pas la hauteur des cieux.

Adresse du blog: prier.centerblog.net

Je prie les personnes dont j’aurais omis, sans le savoir, de demander les droits d’auteur (copyright), de prendre contact avec moi, afin de me mettre en ordre ou de retirer les éléments litigieux. Merci de votre compréhension.
Valere.depryck@scarlet.be
Avec l’Eglise orthodoxe, je crois que les icônes sont écrites par l’Esprit Saint pour la liturgie et l’édification des croyants sans droits d’auteur. C’est pour cette raison que je préfère insérer des icônes anciennes.



Sainte Claire d'Assise (11 août)

Publié le 16/06/2009 à 09:23 par orthodoxie
Sainte Claire d'Assise (11 août)
Grande Icône de Sainte Claire
Basilique Sainte Claire - Assise

Sainte Claire d’Assise
1193 – 1253
Fêtée le 11 août
« Béni sois-tu, Seigneur, toi qui m’as créée ».

Par son père, Offreducio di Favarone Claire naît dans une famille des plus puissantes de la ville. Sa mère, Dame Hortolana, elle aussi noble, est riche et dotée par surcroît d’une solide piété et d’une grande charité. Un jour avant son accouchement, priant à l’église pour une heureuse délivrance, elle entendit une voix lui dire que sa fille serait une lumière qui illuminerait le monde. Sa mère sera pour elle une lumière de foi.
Entre Assise et Pérouse, c’est la guerre. Claire grandit dans ce climat de violence. Sa famille doit s’enfuir quelque temps à Pérouse.
Gracieuse, aimable, humble et serviable, tous l’apprécient. Ceux qui l’approchent la sentent habitée par Dieu. Très jeune, Claire prie et recherche la solitude. Elle aime donner aux pauvres une part de son repas et désire donner au Christ amour pour amour.
À l’âge de 17 ans, son père veut la marier à un puissant seigneur de la ville. Claire refuse catégoriquement.
Elle entend parler de l’exploit de François qui se dénude devant l’évêque Guido d’Assise pour rendre à son père tout ce qu’il tient de lui, afin de suivre le Christ dans une pauvreté absolue. Avec ses compagnons, François prêche la paix dans la ville en conflit, mendiant son pain, vivant ensemble une prière de simple louange du Seigneur, la seule qui ne se replie pas sur elle-même.
Quand Rufin, le cousin de Claire, rejoint François, ce choix interpelle la jeune fille. Elle se sent appelée par Dieu à une vie de pauvreté, mais comment la réaliser à 18 ans ? Elle va trouver François pour demander son aide. Il lui parle, le cœur brûlant, de toute la beauté du Seigneur, et de la réponse de notre cœur pauvre dans le silence de l’adoration à laquelle participent également les oiseaux, le vent, la neige, toute la création. Claire est séduite, une amitié la lie à François, un même feu divin les habite.
Sans tarder, ils échafaudent un plan pour quitter la maison paternelle. Le jour des Rameaux, le 28 mars 1211, l’évêque Guido descend les marches de l’autel et remet à Claire, apparemment distraite, la palme de la fête. Elle la reçoit comme un signe et prie en elle-même : « Je suis venue pour cette heure. Père que ton Nom soit glorifié !».
Le soir, tout est prêt comme prévu, Claire quitte la maison par une petite porte obstruée de pierres et de lourdes poutres en bois qui finit par céder.
Elle se rend à la petite église Sainte Marie de la Portioncule où François et les frères l’attendent. Elle s’y consacre à Dieu dans les mains de son « père ». Pour confirmer son oui, celui-ci lui coupe son abondante chevelure. Ensuite, il la conduit au monastère des Bénédictines de Bastia, près d’Assise. En attendant une autre solution, elle y trouve un abri, mais n’a nullement l’intention d’y rester.
La réaction des parents ne se fait pas attendre. Ne pouvant pénétrer dans le monastère sous peine d’excommunication, ils essaient de la convaincre évoquant les douces heures passées à la maison, son bel avenir terrestre, avant de passer aux menaces et aux injures. Pour y mettre fin, elle enlève son voile et leur découvre son crâne rasé. Claire appartient désormais au Christ. Les parents se retirent confus.
Après ces épreuves, Claire, sous la conduite de François, s’établit dans un pauvre petit monastère accolé à l’église de Saint Damien. Des jeunes filles affluent vers ce « petit nid de pauvreté », elles promettent obéissance à François qui, de son côté, les encourage, formulant pour elles une ébauche de Règle, « une forme de vie » :« vivre la perfection de l’Évangile » . Par la suite, Claire écrira elle-même une Règle pour les « Sœurs pauvres » de Saint Damien, inspirée de celle des Frères Mineurs.
Le deuxième Ordre (les Clarisses) est un ordre contemplatif résidant dans un monastère. Quant aux frères, ils sont des itinérants. Leur « forme de vie » est identique : observer l’Évangile, faire pénitence, c.-à-d. se convertir sans cesse à la vie en très haute pauvreté, en fraternité, dans la fidélité à l’Église.
Très vite, Claire se voit contrainte par François à accepter la charge d’abbesse. Jusqu’à la fin de sa vie, elle demeurera la « mère », douce et prévoyante, la « sœur » et la « servante » de ses sœurs, celle qui « leur lave les pieds », conformément au précepte évangélique.
François a tenu une place capitale dans la vie de Claire « sa petite plante ». « Jardinier, fondateur, aide et unique consolation après Dieu », il fut l’instrument privilégié de l’action de Dieu dans sa vie. Elle-même sera l’aide que Dieu met aux côtés de François, comme aux premiers jours de la création, « une aide qui lui est assortie (Gn 2,20) »
Elle deviendra, avec ses sœurs, la gardienne de la Source vive qui a jailli dans la vie de François : vivre en pauvreté à la suite du Christ pauvre. De cette source unique sont nées leurs vocations complémentaires. Claire est tout regard posé sur son Seigneur qui la transforme
Humble, pauvre et obéissante, elle est libre pour vivre une vivante intimité avec le Christ. La joie qui naît de cet amour rejaillit sur ses filles, encouragées elles aussi à se tourner vers le Bien Aimé.
Le mystère de l’Incarnation, mystère du Christ pauvre de la crèche à la croix, est l’unique objet de sa contemplation, qui la transforme toute entière.
Contrairement aux habitudes ecclésiastiques d’accorder aux monastères des titres et des privilèges pour subsister, elle sollicite du Saint Siège que lui soit accordé par écrit le « Privilège de la pauvreté » : ne rien posséder, s’abandonner en tout et en toute liberté aux mains du Père. Deux jours avant sa mort, elle reçoit – enfin !- des mains du pape Innocent IV venu la saluer, l’approbation de sa Règle qui la relie à l’Ordre des Frères Mineurs.
Après une longue maladie, le 11 août 1253, Claire va vers son Seigneur dans la joie. Elle sera canonisée dès 1255.
P.S. Aujourd’hui encore, en entrant au monastère, les futures clarisses n’apportent aucune dot. Elles donnent leurs biens aux pauvres (non au monastère), selon le vœu de Claire.

Sources : Claire Augusta Lainati, clarisse, Sainte Claire d’Assise, Éd. Franciscaines, 9, rue Marie Rose, 75014 Paris.
Marie-France Becker, clarisse, Prier 15 jours avec Claire d’Assise, Éd. Nouvelle Cité, 37, Avenue de la Marne, 92120 Montrouge
Anne Fougère, La Grande Icône de Sainte Claire, Éd. Franciscaines, 9, rue Marie Rose, 75014 Paris.

Valère De Pryck et sr Myriam, clarisse


L’icône
La sainte est entourée sur les côtés de huit cadres représentant les passages les plus significatifs de sa vie. À partir du coin inférieur gauche, et dans le sens des aiguilles d'une montre :
1. L'évêque Guido tend à Claire un rameau d'olivier ;
2. Claire est accueillie à la Porziuncola par les frères ;
3. La vêture ;
4. Le père veut contraindre sa fille à abandonner l'intention de prononcer ses voeux ;
5. Agnès, retenue par sa famille, vient suivre sa soeur ;
6. Sur le pain apparaît la croix devant les yeux du Pape ;
7. La sainte sur son lit de mort ;
8. Ses funérailles en présence du Pape.



Saint Columba d'Iona (7 juin)

Publié le 17/05/2009 à 15:48 par orthodoxie
Saint Columba d'Iona  (7 juin)

Saint Columba d’Iona
(521 – 597)
Fêté le 9 juin

Né en Irlande le 7 décembre 521, à Garten, dans le comté de Donegal, sous le nom royal de Criamtham, St Columba est apparenté aux rois de Dalriada. Il sera un fier irlandais au caractère vif et emporté qu’il devra combattre jusqu’à la fin de sa vie, nous laissant par là un « exemple » encourageant à méditer. À 19 ans, il se mit à l’école de saint Finbar. Ensuite, sous le nom ecclésiastique de Colum Cille (serviteur de la colombe), il entra à l’Abbaye de Clonard dirigée par saint Finian de Clonard. Son activité missionnaire porta fruit dans le pays ; il fonda plusieurs écoles et monastères: à Derry (en 545), Durrow, dans l'actuel comté d'Offaly, (en 553) et Kells (en 554).
À l’âge de 40 ans, il retourna chez son ancien maître, saint Finbar. Celui-ci possédait un « Évangéliaire de Saint Martin » qu’il enviait. Il réussit à le copier en secret, la nuit. Saint Finbar le découvrit et refusa de lui laisser la copie, voulant sauvegarder ses droits de reproduction (nous rencontrons ici le premier cas de non-observation des droits de copiste). L’affaire fut portée devant le roi et bien que Columba fut de sang royal, le roi donna raison à saint Finbar. Furieux, Columba rentra chez lui et attaqua les troupes du roi qui furent défaites à la bataille de Cooldrevny, en 561. Trois mille vies furent perdues. Terrible époque où même les moines participaient aux combats.
Pris de remords, saint Molaise, son confesseur lui imposa l’exil vers un pays d’outre-mer. En 563, il arriva en Écosse avec douze compagnons. Il s’installa à Iona, sous la protection du roi Conall macComgaill de Dalriada sur la petite île de Iona, ancien lieu sacré des druides, située au large de l'île de Mull, pour y gagner autant d’âmes à la foi chrétienne qu’il avait causé de morts dans la bataille. Par sa prédication tout autant que par son exemple, il convertit le roi et la nation des pictes (l’Écosse actuelle).
Non seulement il réussit à traiter avec les druides, mais il fonda le célèbre monastère d'Y-Colm-Kill (Cellule de Columba) qui devint une pépinière de saints moines. Pendant 34 ans, il organisa la vie monastique qu’il y avait instaurée.
Alors que son caractère combattif était loin d’être mort en lui, il affronta saint Moluag en vue de la conquête de l’île de Lismore. À la victoire de ce dernier, Columba se mit à vociférer nombre d’injures à son égard ! Dieu cependant allait peu à peu pacifier ce caractère fier et guerrier. Adamnan, son biographe et successeur à Iona, rapporte qu’il ne passait pas une heure sans prier les psaumes, prière interrompue seulement par son travail. Petit à petit, l’esprit vengeur en lui s’adoucit. Par le jeûne, la prière ininterrompue et la copie des évangiles, l’Esprit Saint s’empara patiemment de son âme. Très strict avec lui-même, il montra une grande douceur et tendresse à l’égard d’autrui. Il l’écoutait avec une bienveillante attention. Ainsi, grâce à son bon sens, il dissuada une femme picte de quitter son mari et ses enfants pour devenir moniale.
Un jour que, sur une petite île lui appartenant, un homme, venu voler les phoques de la communauté, fut capturé, Columba le renvoya chez lui avec un agneau en cadeau. Il continua à lui fournir de la nourriture afin de le détourner de sa mauvaise conduite. Il avait une sympathie ardente pour les travailleurs des champs et aux animaux, il montrait une attention bienveillante. Il affectionnait particulièrement le cheval de trait de la communauté. Il fit soigner une grue épuisée venue d’Irlande, qui, trois jours plus tard, s’envola vers son pays natal. On peut le dire très proche d’un Saint François d’Assise et d’un Saint Séraphim de Sarow.
Drôle de saint, s’il en est. Il nous apprend à ne pas nous décourager devant nos défauts tenaces, car avec le temps et dans sa patience à travers sa miséricorde, le Seigneur façonne ses saints à travers les situations qu’ils sont appelés à vivre. Ainsi en est-il de chacun de nous, c’est encourageant
Il mourut le 7 juin 597, dans le monastère d’Iona. Il est enterré à Downpatrick avec saint Patrick et sainte Brigitte d’Irlande, autres saints patrons de l’Irlande.

"Seul avec nul autre que Toi, mon Dieu,
Je parcours ma route;
Que craindrais-je, quand Tu es avec moi,
O Roi de la nuit et du jour?
Je suis bien plus en sécurité en Ta main,
Que si une armée entière m'escortait."
Saint Columba d'Iona.

PS. L’abbaye d’Iona abrite actuellement une communauté œcuménique
Voir le site : http//www.iona.org.uk/

Sources : Saint Materne: Saint Columba d'Iona - Prières, iconographie ...sur Internet
Église orthodoxe celtique – Internet.
St. Columba Feature Page on undiscovered Scotland – Internet

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse
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