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Nom du blog :
orthodoxie
Description du blog :
Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc valere.depryck@scarlet.be
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
20.09.2006
Dernière mise à jour :
04.07.2009

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Prier

Posté le 04/07/2009 à 22:37 par orthodoxie
[FONT=Times][SIZE=14][COLOR=blue]
Avant Propos

À la demande de quelques personnes de créer un blog avec des prières, vous trouverez des prières, hymnes de toutes religions. La prière est universelle et comme dit Alexandre Men Le mur de nos séparations n’atteint pas la hauteur des cieux.

Je prie les personnes dont j’aurais omis, sans le savoir, de demander les droits d’auteur (copyright), de prendre contact avec moi, afin de me mettre en ordre ou de retirer les éléments litigieux. Merci de votre compréhension.
Valere.depryck@scarlet.be
Avec l’Eglise orthodoxe, je crois que les icônes sont écrites par l’Esprit Saint pour la liturgie et l’édification des croyants sans droits d’auteur. C’est pour cette raison que je préfère insérer des icônes anciennes.





Avant Propos

Posté le 16/06/2009 à 09:30 par orthodoxie

Christ Pantocrator - Sainte Sophie - Constantinople
Toi seul est Seigneur,
Toi seul es Saint,
Toi seul es le Très-Haut
Jésus Christ
Avec le Saint Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père.
Amen.


Avant-Propos

Les « Saints de l’Eglise d’Orient » constituent un florilège présentant brièvement leur vie. Quelques saints latins fêtés également dans le ménologe byzantin y sont parfois aussi repris. Pour en savoir davantage, il est possible de consulter les « sources » indiquées après chaque biographie. Celles-ci sont disponibles dans les différentes bibliothèques religieuses des séminaires ou des facultés universitaires. Toute remarque est bienvenue à mon mail ; valere.depryck@scarlet.be.
Je prie les personnes dont j’aurais omis, sans le savoir, de demander les droits d’auteur (copyright), de prendre contact avec moi, afin de me mettre en ordre ou de retirer les éléments litigieux. Merci de votre compréhension.
Avec l’Eglise orthodoxe, je crois que les icônes sont écrites par l’Esprit Saint pour la liturgie et l’édification des croyants sans droits d’auteur.
Bonne lecture. Ci-dessous suit la liste des saints présentés. L’ordre sera légèrement modifié après la présentation d’un nouveau saint qui vient automatiquement en première position
Il est évident que chacun de nous doit adapter la vie des saints à ses capacités psychiques et à son propre chemin spirituel. Comme pour tous les saints évoqués, entendons l’appel que le Seigneur nous adresse personnellement à travers eux. N’imitons pas une vocation qui n’est pas la nôtre.

1. Sainte Claire d’Assise (11 août)
2. Saint Columba d’Iona (7 juin)
3. Saint Prophète Jérémie (1 mai)
4. Saint Étienne de Perm (26 avril)
5. Saint Tikhon, patriarche de Moscou (25 mars et 7 avril selon calendrier)
6. Saint Photius, patriarche de Constantinople (6 février)
7. Kyrie Eleison
8. Synaxe des Saints et Martyrs Russes du XXème siècle
9. Saint Prophète Daniel (11 décembre et 17 décembre)
10. Saint Clément de Rome (23 novembre)
11. Saint Jacques, fils de Zébédée (25 juillet)
12. Saint Silouane l’Athonite (24 septembre)
13. Sainte Marie Madeleine (22 juillet)
14. La Mère de Dieu « Kataphyge » et saint Jean le Théologien
15. Saint Paul (29 juin)
16. Le Berger, le beau
17. Saint Marc (25 avril)
18. Saint Cyrille de Jérusalem (18 mars)
19. Saint Taraise ( 25 février)
20. Saint Ignace d’Antioche (20 décembre / 17 octobre)
21. Sainte Nina (14 janvier)
22. Saint Jean Damascène (4 décembre)
23. Saint André (30 novembre)
24. Saint François d’Assise (4 octobre)
25. Saint Nicolas de Flue (25 septembre)
26. Origène
27. Patriarche antédiluvien Hénoch (10 juin)
28. Saint Hilaire de Poitiers (13 janvier)
29. Saint Hilaire d’Arles (5 mai)
30. Saint Grégoire le Sinaïte (6 avril)
31. Saint Jean Climaque (30 mars)
32. Saint Polycarpe (23 février)
33. Saint Grégoire de Nysse (10 janvier)
34. Les Trois Hiérarques (30 janvier)
35. Saint Basile le Grand (1 janvier)
36. Saint Jean Chrysostome (30 janvier)
37. Saint Philarète de Moscou (1 décembre)
38. Saint Martin (11 novembre)
39. Saint Prophète Baruch (28 septembre)
40. Saint Joseph de Nazareth (19 mars)
41. Saint Prophète Amos (15 juin)
42. Saint Prophète Isaïe (9 mai)
43. Saint Joseph l’Hymnographe (4 avril)
44. Invention du Chef de Jean-Baptiste (24 février)
45. Saint Syméon le Nouveau Théologien (12 mars)
46. Saint Ephrem (28 janvier)
47. Les Saintes Zoé (3 juill./18 déc./2 mai/13 févr.)
48. Païssij Velitchkovskij (15 novembre)
49. Saint Serge de Radonège (25 septembre)
50. Saint Panteleimon (27 juillet)
51. Saint Symeon le Stylite (1 septembre)
52. Saint Païssios le Grand (19 juin)
53. Saints Cyrille et Méthode (11 mai)
54. Saint Prophète Zacharie (8 février)
55. Saint Mena (11 novembre/10 décembre)
56. Saint Théodore le Studite (11 novembre)
57. Saint Prophète Joël (19 octobre)
58. Les Quarante martyrs de Sébaste (10 mars églises latines)
59. Saint Romanos le Mélode (1 octobre)
60. Saint Justin, martyr (1 juin)
61. Saint Nil de la Sora (7 mai)
62. Saint Ignace Briantchaninov (30 avril)
63. Saint Jean Cassien (29 février en Orient/ 23 juillet à Marseille)
64. Saint Prophète Elisée (14 juin)
65. Saint Etienne, protomartyr (26 décembre)
66. Saint Maron (9 février)
67. Saint Grégoire Palamas (14 novembre)
68. Saint Prophète Osée (17 octobre)
69. Saint Prophète Ezéchiel (23 juillet)
70. Saint Archange Gabriel (26 mars)
71. Moïse (4 septembre)
72. Sainte Mère Marie Skobtsov ((31 mars et 20 juillet : canonisation)
73. Saint Prophète Elie (14 juillet)
74. Saint Ambroise d’Optino (10 octobre)
75. Saint Pacôme le Grand (15 mai)
76. Saint André de Crète (4 juillet)
77. Saint Séraphin de Sarov (2 janvier)
78. Saint Spiridon (12 décembre)[/FONT][/SIZE]

Sainte Claire d'Assise (11 août)

Posté le 16/06/2009 à 09:23 par orthodoxie
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Grande Icône de Sainte Claire
Basilique Sainte Claire - Assise

Sainte Claire d’Assise
1193 – 1253
Fêtée le 11 août
« Béni sois-tu, Seigneur, toi qui m’as créée ».

Par son père, Offreducio di Favarone Claire naît dans une famille des plus puissantes de la ville. Sa mère, Dame Hortolana, elle aussi noble, est riche et dotée par surcroît d’une solide piété et d’une grande charité. Un jour avant son accouchement, priant à l’église pour une heureuse délivrance, elle entendit une voix lui dire que sa fille serait une lumière qui illuminerait le monde. Sa mère sera pour elle une lumière de foi.
Entre Assise et Pérouse, c’est la guerre. Claire grandit dans ce climat de violence. Sa famille doit s’enfuir quelque temps à Pérouse.
Gracieuse, aimable, humble et serviable, tous l’apprécient. Ceux qui l’approchent la sentent habitée par Dieu. Très jeune, Claire prie et recherche la solitude. Elle aime donner aux pauvres une part de son repas et désire donner au Christ amour pour amour.
À l’âge de 17 ans, son père veut la marier à un puissant seigneur de la ville. Claire refuse catégoriquement.
Elle entend parler de l’exploit de François qui se dénude devant l’évêque Guido d’Assise pour rendre à son père tout ce qu’il tient de lui, afin de suivre le Christ dans une pauvreté absolue. Avec ses compagnons, François prêche la paix dans la ville en conflit, mendiant son pain, vivant ensemble une prière de simple louange du Seigneur, la seule qui ne se replie pas sur elle-même.
Quand Rufin, le cousin de Claire, rejoint François, ce choix interpelle la jeune fille. Elle se sent appelée par Dieu à une vie de pauvreté, mais comment la réaliser à 18 ans ? Elle va trouver François pour demander son aide. Il lui parle, le cœur brûlant, de toute la beauté du Seigneur, et de la réponse de notre cœur pauvre dans le silence de l’adoration à laquelle participent également les oiseaux, le vent, la neige, toute la création. Claire est séduite, une amitié la lie à François, un même feu divin les habite.
Sans tarder, ils échafaudent un plan pour quitter la maison paternelle. Le jour des Rameaux, le 28 mars 1211, l’évêque Guido descend les marches de l’autel et remet à Claire, apparemment distraite, la palme de la fête. Elle la reçoit comme un signe et prie en elle-même : « Je suis venue pour cette heure. Père que ton Nom soit glorifié !».
Le soir, tout est prêt comme prévu, Claire quitte la maison par une petite porte obstruée de pierres et de lourdes poutres en bois qui finit par céder.
Elle se rend à la petite église Sainte Marie de la Portioncule où François et les frères l’attendent. Elle s’y consacre à Dieu dans les mains de son « père ». Pour confirmer son oui, celui-ci lui coupe son abondante chevelure. Ensuite, il la conduit au monastère des Bénédictines de Bastia, près d’Assise. En attendant une autre solution, elle y trouve un abri, mais n’a nullement l’intention d’y rester.
La réaction des parents ne se fait pas attendre. Ne pouvant pénétrer dans le monastère sous peine d’excommunication, ils essaient de la convaincre évoquant les douces heures passées à la maison, son bel avenir terrestre, avant de passer aux menaces et aux injures. Pour y mettre fin, elle enlève son voile et leur découvre son crâne rasé. Claire appartient désormais au Christ. Les parents se retirent confus.
Après ces épreuves, Claire, sous la conduite de François, s’établit dans un pauvre petit monastère accolé à l’église de Saint Damien. Des jeunes filles affluent vers ce « petit nid de pauvreté », elles promettent obéissance à François qui, de son côté, les encourage, formulant pour elles une ébauche de Règle, « une forme de vie » :« vivre la perfection de l’Évangile » . Par la suite, Claire écrira elle-même une Règle pour les « Sœurs pauvres » de Saint Damien, inspirée de celle des Frères Mineurs.
Le deuxième Ordre (les Clarisses) est un ordre contemplatif résidant dans un monastère. Quant aux frères, ils sont des itinérants. Leur « forme de vie » est identique : observer l’Évangile, faire pénitence, c.-à-d. se convertir sans cesse à la vie en très haute pauvreté, en fraternité, dans la fidélité à l’Église.
Très vite, Claire se voit contrainte par François à accepter la charge d’abbesse. Jusqu’à la fin de sa vie, elle demeurera la « mère », douce et prévoyante, la « sœur » et la « servante » de ses sœurs, celle qui « leur lave les pieds », conformément au précepte évangélique.
François a tenu une place capitale dans la vie de Claire « sa petite plante ». « Jardinier, fondateur, aide et unique consolation après Dieu », il fut l’instrument privilégié de l’action de Dieu dans sa vie. Elle-même sera l’aide que Dieu met aux côtés de François, comme aux premiers jours de la création, « une aide qui lui est assortie (Gn 2,20) »
Elle deviendra, avec ses sœurs, la gardienne de la Source vive qui a jailli dans la vie de François : vivre en pauvreté à la suite du Christ pauvre. De cette source unique sont nées leurs vocations complémentaires. Claire est tout regard posé sur son Seigneur qui la transforme
Humble, pauvre et obéissante, elle est libre pour vivre une vivante intimité avec le Christ. La joie qui naît de cet amour rejaillit sur ses filles, encouragées elles aussi à se tourner vers le Bien Aimé.
Le mystère de l’Incarnation, mystère du Christ pauvre de la crèche à la croix, est l’unique objet de sa contemplation, qui la transforme toute entière.
Contrairement aux habitudes ecclésiastiques d’accorder aux monastères des titres et des privilèges pour subsister, elle sollicite du Saint Siège que lui soit accordé par écrit le « Privilège de la pauvreté » : ne rien posséder, s’abandonner en tout et en toute liberté aux mains du Père. Deux jours avant sa mort, elle reçoit – enfin !- des mains du pape Innocent IV venu la saluer, l’approbation de sa Règle qui la relie à l’Ordre des Frères Mineurs.
Après une longue maladie, le 11 août 1253, Claire va vers son Seigneur dans la joie. Elle sera canonisée dès 1255.
P.S. Aujourd’hui encore, en entrant au monastère, les futures clarisses n’apportent aucune dot. Elles donnent leurs biens aux pauvres (non au monastère), selon le vœu de Claire.

Sources : Claire Augusta Lainati, clarisse, Sainte Claire d’Assise, Éd. Franciscaines, 9, rue Marie Rose, 75014 Paris.
Marie-France Becker, clarisse, Prier 15 jours avec Claire d’Assise, Éd. Nouvelle Cité, 37, Avenue de la Marne, 92120 Montrouge
Anne Fougère, La Grande Icône de Sainte Claire, Éd. Franciscaines, 9, rue Marie Rose, 75014 Paris.

Valère De Pryck et sr Myriam, clarisse


L’icône
La sainte est entourée sur les côtés de huit cadres représentant les passages les plus significatifs de sa vie. À partir du coin inférieur gauche, et dans le sens des aiguilles d'une montre :
1. L'évêque Guido tend à Claire un rameau d'olivier ;
2. Claire est accueillie à la Porziuncola par les frères ;
3. La vêture ;
4. Le père veut contraindre sa fille à abandonner l'intention de prononcer ses voeux ;
5. Agnès, retenue par sa famille, vient suivre sa soeur ;
6. Sur le pain apparaît la croix devant les yeux du Pape ;
7. La sainte sur son lit de mort ;
8. Ses funérailles en présence du Pape.



Saint Columba d'Iona (7 juin)

Posté le 17/05/2009 à 15:48 par orthodoxie

Saint Columba d’Iona
(521 – 597)
Fêté le 9 juin

Né en Irlande le 7 décembre 521, à Garten, dans le comté de Donegal, sous le nom royal de Criamtham, St Columba est apparenté aux rois de Dalriada. Il sera un fier irlandais au caractère vif et emporté qu’il devra combattre jusqu’à la fin de sa vie, nous laissant par là un « exemple » encourageant à méditer. À 19 ans, il se mit à l’école de saint Finbar. Ensuite, sous le nom ecclésiastique de Colum Cille (serviteur de la colombe), il entra à l’Abbaye de Clonard dirigée par saint Finian de Clonard. Son activité missionnaire porta fruit dans le pays ; il fonda plusieurs écoles et monastères: à Derry (en 545), Durrow, dans l'actuel comté d'Offaly, (en 553) et Kells (en 554).
À l’âge de 40 ans, il retourna chez son ancien maître, saint Finbar. Celui-ci possédait un « Évangéliaire de Saint Martin » qu’il enviait. Il réussit à le copier en secret, la nuit. Saint Finbar le découvrit et refusa de lui laisser la copie, voulant sauvegarder ses droits de reproduction (nous rencontrons ici le premier cas de non-observation des droits de copiste). L’affaire fut portée devant le roi et bien que Columba fut de sang royal, le roi donna raison à saint Finbar. Furieux, Columba rentra chez lui et attaqua les troupes du roi qui furent défaites à la bataille de Cooldrevny, en 561. Trois mille vies furent perdues. Terrible époque où même les moines participaient aux combats.
Pris de remords, saint Molaise, son confesseur lui imposa l’exil vers un pays d’outre-mer. En 563, il arriva en Écosse avec douze compagnons. Il s’installa à Iona, sous la protection du roi Conall macComgaill de Dalriada sur la petite île de Iona, ancien lieu sacré des druides, située au large de l'île de Mull, pour y gagner autant d’âmes à la foi chrétienne qu’il avait causé de morts dans la bataille. Par sa prédication tout autant que par son exemple, il convertit le roi et la nation des pictes (l’Écosse actuelle).
Non seulement il réussit à traiter avec les druides, mais il fonda le célèbre monastère d'Y-Colm-Kill (Cellule de Columba) qui devint une pépinière de saints moines. Pendant 34 ans, il organisa la vie monastique qu’il y avait instaurée.
Alors que son caractère combattif était loin d’être mort en lui, il affronta saint Moluag en vue de la conquête de l’île de Lismore. À la victoire de ce dernier, Columba se mit à vociférer nombre d’injures à son égard ! Dieu cependant allait peu à peu pacifier ce caractère fier et guerrier. Adamnan, son biographe et successeur à Iona, rapporte qu’il ne passait pas une heure sans prier les psaumes, prière interrompue seulement par son travail. Petit à petit, l’esprit vengeur en lui s’adoucit. Par le jeûne, la prière ininterrompue et la copie des évangiles, l’Esprit Saint s’empara patiemment de son âme. Très strict avec lui-même, il montra une grande douceur et tendresse à l’égard d’autrui. Il l’écoutait avec une bienveillante attention. Ainsi, grâce à son bon sens, il dissuada une femme picte de quitter son mari et ses enfants pour devenir moniale.
Un jour que, sur une petite île lui appartenant, un homme, venu voler les phoques de la communauté, fut capturé, Columba le renvoya chez lui avec un agneau en cadeau. Il continua à lui fournir de la nourriture afin de le détourner de sa mauvaise conduite. Il avait une sympathie ardente pour les travailleurs des champs et aux animaux, il montrait une attention bienveillante. Il affectionnait particulièrement le cheval de trait de la communauté. Il fit soigner une grue épuisée venue d’Irlande, qui, trois jours plus tard, s’envola vers son pays natal. On peut le dire très proche d’un Saint François d’Assise et d’un Saint Séraphim de Sarow.
Drôle de saint, s’il en est. Il nous apprend à ne pas nous décourager devant nos défauts tenaces, car avec le temps et dans sa patience à travers sa miséricorde, le Seigneur façonne ses saints à travers les situations qu’ils sont appelés à vivre. Ainsi en est-il de chacun de nous, c’est encourageant
Il mourut le 7 juin 597, dans le monastère d’Iona. Il est enterré à Downpatrick avec saint Patrick et sainte Brigitte d’Irlande, autres saints patrons de l’Irlande.

"Seul avec nul autre que Toi, mon Dieu,
Je parcours ma route;
Que craindrais-je, quand Tu es avec moi,
O Roi de la nuit et du jour?
Je suis bien plus en sécurité en Ta main,
Que si une armée entière m'escortait."
Saint Columba d'Iona.

PS. L’abbaye d’Iona abrite actuellement une communauté œcuménique
Voir le site : http//www.iona.org.uk/

Sources : Saint Materne: Saint Columba d'Iona - Prières, iconographie ...sur Internet
Église orthodoxe celtique – Internet.
St. Columba Feature Page on undiscovered Scotland – Internet

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Saint Prophète Jérémie (1 mai)

Posté le 26/04/2009 à 12:00 par orthodoxie





Saint Prophète Jérémie
Vers les années 600
Fêté le 1 mai

Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire (20,7)

Originaire d’Anathot, près de Jérusalem où sa famille possédait des biens, il appartient à une famille sacerdotale. Beaucoup d’hypothèses ont été émises sur les premières années de son ministère prophétique, mais elles sont fragiles. L’important ne se situe pas dans son histoire personnelle, mais dans la Parole qu’il profère.
Jérémie est un solitaire. Il ne se marie pas sur ordre du Seigneur, car étant donné la corruption du peuple, ses fils seraient exterminés par l’épée (Jr 16,1-4). Lui-même finira ses jours quelque part en Égypte, alors qu’il s’était toujours opposé à laisser retourner le peuple là-bas. Étrange destin que le sien ! La solitude n’est pas son état naturel mais le résultat de la force irrésistible qui s’est emparée de lui : la Parole de Dieu. Elle est comme un feu dévorant (20,9 ; 23,29). Il entend cette Parole soit dans une vision (1,11), soit en participant au conseil céleste (23,18-22), privilège du vrai prophète, lorsque le Seigneur l’y invite (42,7). De ce fait, Jérémie doit et assumer cette Parole et s’assumer lui-même. Dans ses « confessions », il discute ferme avec le Seigneur (12,1) jusqu’à regretter, comme Job, d’être né (15,20). Le Seigneur le soutient : « Je suis avec toi »(15,20). Il va néanmoins plaider la perte de ceux qui en veulent à sa vie (12,1-4 ;18,23).
Il y avait beaucoup de prophètes du temps de Jérémie. Pourquoi se trouve-t-il solitaire au milieu de tant d’autres ? Il est déstabilisé devant sa vocation, pourtant il est « vrai », il a fait sienne la Parole, il l’a « mangée » (15,16), elle a fait sa joie. Le Seigneur n’a pas mandaté les autres prophètes, ils périront (14,14-16). Comme seule certitude, il ne lui reste qu’à faire confiance à la Parole qu’il entend.
Le message de Jérémie est une Parole totale, comprenant les aspects personnels et communautaires de la vie du peuple. S’ils écoutent ses appels à changer radicalement de cap, ils seront sauvés ; sinon ce sera le désastre. C’est bien ce qui arrive, le peuple sera déporté (Jr 13,23).
Pendant une première période (aux environs de 605), il décrit l’arrivée d’une armée invincible venue du Nord, mais le roi Yoyaqîm, sourd à sa parole, détruit, rouleau après rouleau, sa prophétie. C’est l’échec de sa prédication (ch 36).
La deuxième période couvre l’arrivée de Nabuchodonosor (605) jusqu’à la destruction de Jérusalem (589). Les prédictions de Jérémie se réalisent. Le roi de Babylone envahit tous les petits états. Un dilemme s’impose alors à lui : ou bien accepter la domination babylonienne ou bien faire alliance avec l’Égypte. Jérémie discerne la volonté de Dieu dans l’acceptation de la suprématie babylonienne. Là, Dieu pourrait créer une communauté selon son désir.
La troisième période se situe après la destruction de Jérusalem en 589. Jérémie prône la reconstruction du pays sous la domination babylonienne, mais il est emmené en Égypte par Yohanân ben Qaréah dont il a désapprouvé le projet. C’est là que toute trace du prophète disparaît.
Baruch a joué un rôle important comme prophète accompagnant Jérémie. Celui-ci dictera le rouleau détruit par le roi Yoyaqîm après qu’il eut été réduit au silence. Lui aussi fut emmené avec Jérémie en Égypte.
Un rédacteur anonyme réunit en un seul volume les documents dispersés du prophète Il appartient à l’école « deutéronomique » qui au VIème siècle rassemble tous les parchemins dispersés pour réfléchir à la destinée d’Israël.

Le thème du livre de Jérémie est le grand désir de Dieu répété tout au long de l’histoire : Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Le Seigneur va s’offrir lui-même en pardon et guérison pour eux (31,31-34). Jérémie devra se battre, au péril de sa vie (26,11), pour dénoncer la fausseté de leur cœur : ils se réclament du Temple, se disent les gardiens de la Loi et croient trouver en sa pratique scrupuleuse une sécurité religieuse, mais combien fausse ! Déjà il anticipe le Christ contestant le légalisme pharisaïque.
Dans sa détresse, Jérémie à bout de force, se plaint et accuse Dieu :Vraiment tu es devenu pour moi comme une source trompeuse au débit capricieux (15,18b). En réponse, le Seigneur l’appelle à se tenir à nouveau devant lui (15,19-21). Poursuivi inlassablement par son Seigneur, le prophète pourra s’exclamer : Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire (20,7),confession admirable avant de s’auto-maudire quelques versets plus loin. Tout cela nous montre combien Jérémie - comme d’autres prophètes - est traversé par des sentiments contradictoires, des doutes, par un combat intime qui livre sa faiblesse à la force d’amour de son Dieu.
La dernière prière de foi que Jérémie Lui adresse (32,16-25) reçoit un engagement inconditionnel de la part du Seigneur : …Je trouverai ma joie à leur faire du bien et je les planterai solidement en ce pays de tout mon cœur et de toute mon âme (32,41). Le chemin de l’alliance de Dieu avec son prophète, avec son peuple, est livré aux aléas du cœur humain, habité d’un constant renversement de situations dont Dieu seul connaît le secret. « Apprivoisement » réciproque de l’homme et de Dieu, Jérémie annonce une religion du cœur que le Christ Jésus reprendra pour la mener à sa plénitude.

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse


Sources : T.O.B. Introduction à Jérémie, Éd. Du Cerf, Paris, 1980.
Fortin Marie-France : Jérémie, le prophète, Foi Vivante, Éd. Du Cerf, Paris, 1995.

Saint Étienne de Perm (26 avril)

Posté le 23/03/2009 à 12:00 par orthodoxie
Icône dans Orthodox Church of America
Saint Étienne de Perm
Illuminateur de Perm et apôtre des peuples de Zyryani
Fêté le 26 avril
Perm, ville de Russie, centre administratif de la région Permskiï kraï située sur la rivière Kama, au pied du mont Oural est aujourd'hui un grand centre de l'industrie lourde.
Étienne y naquit en 1340, dans la famille du prêtre Siméon Oustioug. Sa mère, Maria, très pieuse, lui donna le goût des choses sacrées. Il étudia particulièrement les Saints Livres et assista son père pendant la Divine Liturgie. Durant cette même période de sa vie il entra en contact avec les Zyryanis brûlant du désir de les convertir au Christ. Il créa un alphabet dans leur langue et traduisit beaucoup de livres religieux
Jeune encore, il prononça les vœux monastiques dans le monastère de saint Grégoire le Théologien, à Rostov. Il y étudia le grec afin de pouvoir lire les saints Pères dans l’écrit original.
Après son ordination diaconale (1379) par l’évêque Arsène de Rostov, il se rendit à Moscou chez l’évêque Gérasime de Kolomensk pour demander sa bénédiction avant de partir chez les Zyryanis. Il fut alors ordonné prêtre-moine. L’évêque lui remit les corporels de la sainte table (l’antimension), le saint Chrème et les livres de la Divine Liturgie. Le grand prince Dimitri lui accorda un sauf-conduit.
Il se dirigea alors vers le fleuve Dvina au confluent du Vuchegda où vivait le peuple de Zyryani. Il eut beaucoup à souffrir à cause des habitants idolâtres qui adoraient leurs divinités sous un « bouleau magique ». Étienne se construisit une cellule non loin de là, tirant profit du rassemblement des païens pour leur annoncer l’Évangile. Il fit couper l’arbre, non sans être menacé de mort et, à la place, il construisit une église dédiée à saint Michel Archange pourfendeur des esprits maléfiques. Les nouveaux baptisés apportèrent les dons habituellement offerts aux idoles ; afin que Mathieu, disciple Zyryan les brûlât. C’était sans compter avec l’opposition du prêtre païen Pam. Celui-ci défia Étienne de passer avec lui par le feu et l’eau pour attester de la vérité de leurs affirmations. Étienne acquiesça mais le moment venu, Pam se désista craignant une mort certaine. Les gens exigèrent sa mort à laquelle Étienne s’opposa, répondant « qu’il n’avait pas été envoyé par le Christ pour faire mourir mais pour enseigner la vraie foi ». Pam fut finalement banni. Rendant grâces au Seigneur pour la victoire, il fit construire à Vishero une église en l’honneur de saint Nicolas. Dès lors l’évangélisation connut un grand succès.
L’évangélisateur fut ordonné évêque de Malaya Perm (Perm Inférieure) en 1383. Il ouvrit des écoles où les habitants purent venir étudier les Livres Sacrés. Parmi eux, certains devinrent prêtres et diacres qui célébrèrent en langue Zyryani. Il traduisit en leur langue une bonne partie des Écritures et des offices liturgiques. Lors d’une période de pénurie, suite à une mauvaise récolte, il fit venir du blé de Vologda, le fit distribuer gratuitement et veilla personnellement à ce que les biens disponibles arrivent à leurs destinataires, à l’encontre des officiels mal intentionnés. Sa vie fut une victoire de la foi sur l’incrédulité, de la charité et de l’humilité sur l’égoïsme païen.
Étienne avait un profond attachement pour saint Serge de Radonège. Un jour qu’il se trouvait à dix verstes du monastère de saint Serge, par manque de temps il ne put s’arrêter mais il le salua à distance priant prosterné : « La paix soit avec toi, ô frère spirituel ! » Serge, au réfectoire avec les moines, se leva et pria en direction d’Étienne disant : « Bonjour à toi aussi, toi le pasteur du troupeau du Christ, et que la paix de Dieu demeure avec toi ! ».
Pour ses frères Zyryanis, il fonda plusieurs monastères.
De retour à Moscou pour des affaires concernant son Église, il y mourut en 1395. Son corps fut transféré au monastère « Le Sauveur près du Mur » dans le Kremlin. Les Zyryanis auraient bien voulu récupérer sa dépouille, mais le Prince de Moscou et le Métropolitain s’y refusèrent préférant la garder à Moscou.
Dès le 15me siècle, il fut glorifié et sa biographie fut écrite par un disciple de saint Serge, sa canonisation eut lieu en 1549. Son icône se trouve dans l’iconostase de la Marienkapelle à Münster (Allemagne) avec celle de saint Étienne, protomartyr.

Sources : Saint Étienne de Perm, Art et Histoire des Icônes en Russie, Internet.
Orthodox Church of America, Saint Stephen the enlightener of Perm, Internet.
Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse


Saint Tikhon, patriarche de Moscou

Posté le 17/02/2009 à 12:00 par orthodoxie
Icône dans Orthodox Church of America

Saint Tikhon, patriarche de Moscou
(1865 -1925)

Son titre est « Saint Tikhon Patriarche et confesseur de Moscou. Illuminateur de l’Amérique du Nord » .
Fêté le 25 mars et le 7 avril

Vassili Ivanovich Bellavin naquit en 1865 à Toropiets, province de Pskov. Son père, prêtre, possédait l’icône de Notre Dame de Korsoun.
Entré au petit séminaire de Pskov, il s’y montre pieux, charmant, aimable et très serviable pour ses camarades. À 19 ans, il fréquente la faculté de théologie à Saint Petersburg, chose rare pour un laïc.
Âgé de 23 ans, il enseigne au séminaire de Pskov où la qualité de ses relations est appréciée. À 26 ans, il se fait moine et reçoit le nom de Tikhon en mémoire de Saint Tikhon de Zadonsk. Consacré évêque en 1898, il devient un peu plus tard responsable des diocèses comprenant l’Alaska et les Îles Aléoutiennes. En 1905, il est nommé archevêque, à la tête du diocèse de Yaroslav, où sa cordialité est une fois de plus reconnue. Placé ensuite à la tête du diocèse de Vilna en Pologne russe (une région catholique), la situation se révèle difficile pour lui, cependant il s’attire le respect général.
En 1914, il s’installe à Disna à la frontière de son diocèse, devenue zone militaire. Il participe activement aux secours en s’avançant jusque dans les positions bombardées. En hommage il reçoit la haute décoration avec glaive. Il devient archevêque du diocèse de Moscou et de ce fait est invité partout.
Lorsque le Grand Concile de Moscou s’ouvre, le 15 août 1917, il reçoit le titre de Métropolite et devient le président de l’assemblée.
Après 217 ans d’absence de patriarcat dans Église russe, (Pierre le Grand avait aboli le patriarcat de Moscou en 1721 pour instituer le saint synode afin de gouverner personnellement l’Église russe), l’urgence se fait sentir d’en nommer un nouveau. Parmi les trois candidats proposés, Tikhon est tiré au sort devant la statue de la Vierge de Vladimir. Il accepte et évoque, telle une prédiction, les mots du prophète Ézéchiel : lamentations, gémissements et plaintes. Le 21 novembre, les cloches des 400 églises de la ville sonnent pour son intronisation. Toujours aussi aimable er respectueux, il demeure inébranlable en ce qui concerne les affaires de l’Église. Il dénonce les persécutions, les barbaries et les cruautés des Bolchéviques. En juillet 1918, la famille impériale est assassinée. Lui-même est en danger mais il refuse de s’enfuir à l’étranger.
En 1922, une grande famine touche des millions de personnes. Le Patriarche organise autant qu'il le peut les secours, il fait vendre les objets précieux qui n'ont pas d'usage liturgique, mais il se refuse, malgré les pressions, de commettre un sacrilège en vendant les objets du Culte.
La Tchéka (police russe) ne cesse de harceler de chef de l’Église, essayant de l’affaiblir. Durant les interrogatoires, il demeure digne ne perdant jamais sa patience ni sa calme grandeur. Peu après une célébration de la Divine Liturgie, il est arrêté. L’Église Vivante (sous la dépendance des Bolchéviques) composée d’un clergé dévoyé prépare le relais et dépose le patriarche. Prévoyant les événements, ce dernier avait nommé son successeur, le métropolite Agafanguel. Lors de sa sortie de prison après treize mois de détention (mai 1922 à juin 1923), la route est jonchée de fleurs par le peuple qui l’affectionne. Au couvent Donskoï, où il réside, il est sans cesse harcelé, ses ordres déviés, tandis que sa santé physique et nerveuse s’épuise.
Le 12 janvier 1925, il est admis dans un hôpital public suite à une grave crise cardiaque. Il a 60 ans. Avec plaisir, il reçoit beaucoup de monde sauf l’agent des soviets, Toutchkov, qui continue de le harceler. Épuisé par cette lutte incessante, il s’éteint le 25 mars 1925. Lors de ses obsèques, une foule de 300.000 personnes assistent à ses funérailles dans un grand silence. Il repose au monastère Donskoï à Moscou.
Avant de mourir, il avait prédit : « la nuit sera sombre et longue, très longue ».
Saint Tikhon a été canonisé comme confesseur de la foi au concile des évêques de l'Eglise orthodoxe russe, le 9 octobre 1989, par le patriarche Alexis II.

Mémoire éternelle.

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources : Michel Polsky, Les Nouveaux Martyrs de la Terre Russe, Éd. Résiac, F 53150 Monsurs, 1976.
Internet, Saint Tikhon, Patriarche et Confesseur de Moscou, Illuminateur de l’Amérique du Nord, adapté et traduit par l’Higoumène Georges (Leroy).

Saint Photius, patriarche de Constantinople (6 février)

Posté le 20/01/2009 à 12:00 par orthodoxie
Saint Photius, patriarche de Constantinople (858-867 et 877-886)
(né vers 810- 820 – 6 février 897)
Fêté le 6 février

Photius était apparenté à la famille impériale, la dynastie Amorienne, et officier de la garde impériale. Il reçut une excellente éducation et devint premier secrétaire du sénat. Ses contemporains l’appréciaient hautement. Probablement se rendit-il à Constantinople pour suivre les cours au Byzantium. Karl Krumbacher (1856-1909), spécialiste de la culture byzantine, appelle Photius « le grand enseignant de sa nation ». Amoureux de la connaissance dans tous les domaines, il la mettait à la disposition de tous. Après avoir accompli ses devoirs comme membre de l’État, il se réjouissait de retrouver ses étudiants à l’université du palais Magnaura. Comme Origène, il leur inculquait un grand respect pour la religion. Parmi ses étudiants, il comptait Michel, le jeune successeur au trône et Cyrille qui, avec Méthode, évangéliserait les slaves. Lui-même aspirait à devenir moine, le rang qu’il occupait dans l’État ne le remplissait pas d’orgueil.
Il compte parmi les saints et les Pères de l’Église depuis le Xème siècle. Comme dans l’Église orthodoxe, l’Église byzantine le fête le 6 février. Pour l’Église latine, son nom reste associé à la crise que traversa la chrétienté entre 860 et 890 et qui pesa lourdement sur les relations entre les deux Églises pour aboutir au schisme de 1054.
La communion avec Rome ayant été rompue plusieurs fois depuis le cinquième siècle, il serait injuste de lui imputer le schisme. Sous Photius, la communion avec l’Église de Rome ne fut rompue qu’entre 863 et 867.
Après la mort du dernier empereur iconoclaste, Theodoros (820-842), l’impératrice Théodora, aidée par son frère, le patrice (titre de noblesse décerné par l’empereur) Bardas voulait restaurer la vénération des icônes, Après avoir évincé le patriarche iconoclaste Jean le Grammairien, Methodios, un iconophile, fut élu. En mars 843, elle convoqua un concile révoquant les décrets iconoclastes et rétablissant les canons du Concile de Nicée de 787. Patriarche prudent, Methodios veilla à ramener la paix dans l’Église. Rapidement Photius monta l’échelle des dignitaires et devint chancelier de l’impératrice.
En 847, les événements lui furent défavorables. Après la mort de Methodios, un membre du parti extrémiste, Ignace, détestant l’érudition séculaire, fut placé sur le trône patriarcal, soutenu par l’impératrice. Mais l’intransigeance du nouveau patriarche et son manque de tact provoquèrent un schisme dans le clergé.
Bardas, régnant avec Theodora et un autre haut dignitaire Theoktiste, fut nommé curopalates (maréchal du palais commandant la garde palatine). Comme ses vues sur la manière de gouverner différaient de celles de Theoktiste, il décida avec le jeune empereur Michel III de l’éliminer et il l’assassina. Quant à l’impératrice et à ses sœurs, elles furent envoyées dans un couvent. En réaction, Ignace refusa de donner la sainte Eucharistie à Bardas. Ce dernier l’accusa de haute trahison, le força à démissionner et l’exila dans un monastère (858).

Photius, apprécié de Theodora et de Bardas et bien qu’encore laïc, fut désigné comme patriarche et reçut les différents ordres sacrés en six jours. Élevé à l’épiscopat et au trône patriarcal le jour de la nativité du Christ, il fut ordonné par Grégoire Asbestas, évêque suspendu par Ignace.
En 863, le pape Nicolas Ier déposa Photius qui décrèta la rupture avec Rome. Il fut exilé en 867.
Cette même année, Basil le Macédonien s’empara du trône impérial en assassinant l’empereur Michel. Photius dénonça ce meurtre refusant à Basile l’accès aux saints mystères. En raison de quoi il fut démis de sa charge, enfermé sous bonne gardé dans le monastère de Skepe tandis qu’Ignace était restauré dans ses fonctions patriarches.
Le synode de 869 en présence des légats du pape, examina la situation de Photius qu’il avait convoqué. Refusant toujours de se soumettre à la primauté de Rome, il fut excommunié avec les évêques orientaux qui le défendaient et de nouveau envoyé en prison durant sept années.
De son côté, le patriarche Ignace congédia les latins et les remplaça par ses propres évêques.
En 877, après la mort d’Ignace, un nouveau concile se réunit dans la capitale auquel assista le pape Jean VIII qui connaissait personnellement Photius. Il annula toutes décisions antérieures à son encontre et le rétablit dans ses fonctions patriarcales. Le concile réaffirma le caractère inaltérable de la foi de Nicée-Constantinople, rejetant le « filioque », tout en reconnaissant l’indépendance et l’égalité des deux trônes et des deux Églises, orientale et occidentale. La paix fut ainsi rétablie, mais Photius n’était pas encore au bout de ses répudiations. L’empereur Leo, successeur de Basile, l’accusa de s’opposer à lui. Démis de son siège en 886 et remplacé par le jeune frère de l’empereur, Étienne, Photius termina sa vie en exil au mont des Arméniens. Il y mourut probablement le 6 février 897. D’abord inhumé dans l’église Sainte Sophie, il fut ensuite transféré dans le monastère d’Eremias qu’il avait fait construire près de Constantinople.
Son œuvre.
Elle est énorme. Sa culture encyclopédique se trouve réunie dans une œuvre magistrale, le Miriobiblon, une collection de 280 chapitres. Grâce à lui, beaucoup d’œuvres de l’antiquité purent être sauvées. Durant son patriarcat, il écrivit une Mystagogie du Saint Esprit, qui est une argumentation contre le filioque.
Prions saint Photius (6 février) et saint Nicolas Ier (13 novembre) afin que l’Esprit Saint conduise l’Église vers l’unité, dans le respect des différentes cultures d’Orient et d’Occident, selon la prière de Jésus : Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé (Jn 17,21).

Sources : Despina Stratoudaki White, Vie de Saint Photios, patriarche de Constantinople, Holy Cross Orthodox Press, Juin 1981
http://stmaterne.blogspot.com/2008/02/vie-de-saint-photios-patriarche-de.html
Orthodox Church of America, Print life of saint Photius, Internet
Dictionnaire de Théologie Catholique , T XII, Photius

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Kyrie Eleison (revu)

Posté le 28/12/2008 à 12:00 par orthodoxie
Kyrie Eleison
Господи помилуи
Gospodi pomilui

Dans nos célébrations liturgiques, quand nous chantons Kyrie eleison , Seigneur, prends pitié, nous en appelons à l’amour du Seigneur. À sa pitié ? Nous n’apprécions guère cette traduction qui suggère une attitude pleine de condescendance à notre égard. Connotation négative qui n’est pas présente dans le terme grec. La tendresse de Dieu à notre égard se manifeste tout d’abord sous la forme d’un amour de miséricorde eleos. Dieu est sensible à la misère de l’homme. Le Premier Testament proclame à travers les psaumes et les prophètes combien il se laisse prendre aux entrailles – comme une mère – par la souffrance et le mal qui ronge le cœur de ses enfants. Eleison pourrait vouloir dire : enlève le péché qui nous colle à la peau. Nous commençons par nous mettre dans notre vérité, reconnaissant le désir de toute puissance qui nous habite – l’état de l’homme après la chute, le mystérieux faux pas du départ qui nous met en opposition, en séparation, en état de division – pour pouvoir accueillir la grâce de nous ouvrir à la rencontre du Seigneur et de nos frères. Ce chant vient bien à propos au début de la célébration avant que le Corps du Christ nous lie en une « commune-union ».
Le mot eleos (en grec) signifie miséricorde et compassion. Il s’apparente à eleion (huile) et eleia (olivier).(1) Les nombreux Kyrie eleison portés autrefois par le chant grégorien ne résonnent plus aussi souvent. Lors des funérailles, celui de la messe de Requiem semble accompagner le défunt jusqu’à la Présence miséricordieuse du Berger.

L’huile peut calmer et adoucir. En Luc 10, 29-37, le bon samaritain verse l’huile sur les plaies du blessé pour les apaiser et les guérir.

Tu oins d’huile ma tête (Ps 22,5). Chez les Hébreux, l’huile était précieuse ; elle présentait la prospérité matérielle, la paix, la douceur. Les rois et les prêtres étaient oints avec de l’huile. On versait de l’huile ou du parfum sur la tête des hôtes. Il est donc naturel que le berger emploie l’huile pour oindre la brebis pour laquelle il a préparé la table. Le mot Messie veut dire Celui qui a reçu l’onction. Mais je pense que le psalmiste fait allusion à quelque chose de différent, à une scène quotidienne très simple. Quand le soir, les brebis reviennent au bercail, elles passent une à une devant leur berger qui les examine pour voir si aucune ne s’est blessée. Il se peut que l’une d’entre elles boîte. Beaucoup pourraient avoir la tête éraflée par des épines. Alors, le Berger soigne nos plaies – nos fautes, nos angoisses – avec l’huile la plus douce de sa compassion, de sa tendresse. (2)

Les langues germaniques emploient le mot medelijden (néerlandais) ou son équivalent Mitleid (allemand), qui signifie souffrir avec. Le Seigneur nous accompagne dans notre souffrance, la porte avec nous et la soigne comme le Beau Berger.

Kyrie eleison. Господи помилуи.
Selon le symbolisme biblique, l’huile signifie aussi la joie et l’allégresse. Ton Dieu t’a donné l’onction d’une huile d’allégresse(Ps 45,8). Si le vin réjouit le cœur de l’homme, l’huile fait luire, resplendir les visages (Ps 104, 15). L’huile parfumée met le cœur en joie (Pr 27,9). Dans le Cantique des Cantiques, la Bien-Aimée s’écrie : Ton nom est une huile qui s’épanche (Ct 1,3). Tout ton être, tout ce que tu es pour moi, c’est fête, douceur, force. De là, le sens de l’invocation du Nom de Jésus dans la liturgie byzantine et orthodoxe : Jésus (Dieu-Sauveur) est vraiment l’huile de miséricorde, l’onction des bienfaits que Dieu accorde à ses élus. Jésus lui-même est le Christ, l’Oint sur qui repose la tendresse du Père et son Souffle de Vie. Comme le Fils, nous sommes oints à notre tour pour devenir des Vivants, Témoins de l’Amour. Certains sacrements le signifient davantage (baptême, confirmation, onction des malades, ordination sacerdotale). L’huile utilisée en ces cas est parfumée. Dans l’Église latine et orthodoxe, on l’appelle Saint Chrème parce qu’elle a été bénite par l’évêque ou le patriarche lors de la messe chrismale, le Jeudi Saint.
Tu oindras…pour qu’ils exercent mon sacerdoce (Ex 30,25). L’huile est un mélange odorant employé pour l’onction des prêtres dans le Premier Testament. Elle est une bénédiction qui accompagne, qui est avec celui qui la reçoit (Dt 28, 8).

Le psaume 33 chante cette onction d’huile qui coule jusque sur la barbe d’Aaron, répandant son parfum sur la personne toute entière. Aaron en a pris son compte. Dieu n’est pas avare de ses dons !
Ah, qu'il est bon, qu'il est agréable
pour des frères d'être ensemble !
C'est comme le parfum de l'huile précieuse
versée sur la tête du grand prêtre Aaron,
et qui descend jusqu'à sa barbe
puis jusqu'au col de son vêtement
comme la rosée du Hermôn descend sur les monts de Sion…

Pour le psalmiste, vivre ensemble dans l’harmonie et l’unité répand le parfum de la bénédiction de Dieu.
Un moine bénédictin australien évoque, quant à lui, la réalité de la grâce exprimée dans le mot mercy, contenu dans la traduction anglaise du Kyrie : Have mercy upon us. La grâce, c’est la beauté et la splendeur de la gloire de Dieu (Ex 34, 29-30). Cette gloire qui brillait sur le visage de Moïse descendant du Sinaï (Ex 29,7 ; 30,25-30 ; Dt 28,8). Gloire qui est l’excès d’amour de Dieu débordant sur l’humain qui l’accueille.
Il est donc normal que, dans les offices liturgiques, nous implorions sur nous cette gloire de la rencontre pour accueillir le Dieu vivant, en Jésus, dans la communion eucharistique.
Le Kyrie eleison peut monter sans cesse, comme un cri lancé vers le Sauveur, pour habituer notre coeur à s'ouvrir petit à petit au salut qu'il implore. La liturgie latine se contente de trois invocations au début de la messe.
La divine liturgie de saint Jean Chrysostome et de saint Basile répètent l’ invocation tout au long de la liturgie. Elle revient plusieurs centaines de fois (300 à 500 fois) dans les Vêpres selon le rite monastique russe chantées par les moines du monastère bénédictin de Chevetogne. Le chrétien orthodoxe prend le temps de se laisser immerger dans l’esprit de cette supplication. L’église avec les icônes, l’encens, le chant, l’espace sacré, le temps, tout parle à ses sens, à son être entier pour le tourner vers Dieu.
En implorant le Seigneur à travers le Kyrie eleison, nous en appelons aussi à l’amour-agapé, l’amour même de Dieu qui se donne à nous gratuitement. Lorsque le cœur humain se laisse envahir par cet eleison, l’amour agapé inonde toute la personne. Le Christ ne nous appelle plus ses serviteurs mais ses amis. Nous devenons peu à peu à l’image du cœur du Père et du Fils sur qui repose l’Esprit.
Va, avec cette force qui est en toi (Jg 6,14). Le chrétien est appelé à être comme Dieu : miséricordieux, compatissant et plein de charité pour ses frères.

Sources : (1) Lucien Coutu, La Méditation Hésychaste, Éd. Fides, 1996
(2) Lev Gillet, Le Pasteur de nos Âmes, YMCA Press, F.X de Guibert, Paris, 2008
Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse





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Synaxe des saints et martyrs russes du XXème siècle

Posté le 17/12/2008 à 12:00 par orthodoxie
Synaxe des Saints et Martyrs Russes du Vingtième siècle
Célébrée le dimanche le plus proche du 25 janvier / 7 février

La persécution sans précédent qui s’est abattue sur l’Église de Russie depuis la Révolution Bolchévique de 1917 jusqu’à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie en 1988 n’est pas parvenue à éteindre la foi. Au contraire, de nombreux martyrs lui ont conféré un titre de gloire. Selon une base de données de l’Université orthodoxe Saint Tikhon de Moscou, 500.000 personnes ont subi le martyre de la foi sous le régime communiste. L’Église russe ajoute environ 2000 saints nommément chaque année. Nous présenterons brièvement trois saints hiéromartyrs russes et donnerons le sens de cette icône du XXème siècle d’auteur inconnu.

A. Les saints hiéromartyrs russes du XXème siècle

1.Le saint métropolite Vladimir de Kiev

Il est le premier des nouveaux martyrs. Né en 1848 dans le diocèse de Tambov dans une famille sacerdotale, il se maria mais perdit sa femme et son jeune fils après quatre années de sacerdoce. Il entra au monastère de Kozlov, il fut sacré évêque de Staraja-Russa ( diocèse de Novgorod) en 1888, puis transféré en 1891 à Samara où il se mit au service des victimes du choléra. Il se dévoua égalemenrt à l’instruction spirituelle des peuples orthodoxes du Caucase. Élu Métropolite de Moscou en 1898, il se consacra au renouveau de la vie dans son diocèse, à une formation soignée des prêtres tout en organisant des conférences spirituelles pour les ouvriers d’usine. Il était apprécié des moines de la Laure Saint Serge et de la grande duchesse Sainte Élisabeth dont il devint le père spirituel. Nommé Métropolite de Petrograd et président du Saint Synode, il s’opposa à Raspoutine, ce qui causa sa disgrâce et son transfert à Kiev.
Lors de la Révolution d’octobre, l’Église nationale ne reconnut pas le métropolite Vladimir, réfugié au monastère des Grottes de Kiev. Le 25 janvier, arrêté en pleine nuit, il fut conduit hors du couvent. Maltraité et injurié, il chanta et pria calmement jusqu’à son exécution,bénissant ses bourreaux avant d’être fusillé, disant : « Que Dieu vous pardonne ! ».

2. Le Saint Métropolite Benjamin
Élu au siège de Petrograd en 1917, il exerça son ministère de manière privilégiée parmi les populations ouvrières. Il dégagea l’Église des implications politiques, gardant un bon contact avec les pauvres et les ouvriers. Lors de la famine de 1921, causée par la Révolution, il accepta de livrer à l’État tous les biens de l’Église, à condition que ce soit de plein gré en accord avec les prêtres des paroisses. Il s’opposa cependant à la confiscation des vases sacrés qu’il jugeait action sacrilège. Après un premier mouvement d’assouplissement des bolchéviques, il fut arrêté le 29 mai 1929 à cause de son opposition au mouvement « Église Vivante » créée pour éliminer la véritable Église et la tradition. Pendant le jugement, une foule de fidèles le soutenait à l’extérieur du tribunal par son silence et sa prière. Il réfuta toutes les fausses accusations qui le blessèrent profondément mais il demeura d’une inébranlable fermeté. Assumant toute la responsabilité des décisions prises dans ce domaine, sa voix dénotait une autorité qui lui était étrangère. Sa fermeté décida de son sort. Malgré le soutien du peuple qui sanglotait, il fut fusillé le 13 août avec d’autres prêtres. Craignant une révolte, on fit croire au peuple qu’il s’était caché, attendant des temps meilleurs.

3. La grande-duchesse Sainte Élisabeth

Élisabeth Feodorovna naquit le 20 octobre 1864. Elle épousa le grand duc Sergei Alexandrovitch, assassiné en 1905 dans un attentat terroriste. Elle rendit visite à l’assassin en prison pour l’exhorter au repentir et demanda sa grâce au tsar. Elle ne cessa de prier pour lui. Protestante, elle s’était convertie à l’orthodoxie suite à son mariage avec le grand duc. Elle se dévoua pour les autres et s’occupa des blessés pendant la guerre russo-japonaise. Elle décida de se consacrer à Dieu. Animée d’un esprit d’entraide, elle fonda à Moscou le Monastère de Marthe et Marie, moniales infirmières pour les pauvres et les malades. Personne au regard doux, sentant venir des moments durs pour son pays, elle encouragea les croyants habités par la consolation de l’Esprit Saint à traverser ces moments terribles qui font davantage encore resplendir la foi. Elle-même se montra une infirmière admirable ne se ménageant aucunement. Refusant d’être sauvée, elle fut arrêtée en 1918 avec deux consœurs dont Barbara qui partagea son martyr. La nuit du 17 juillet 1918, elle fut jetée avec d’autres membres de la famille Romanov dans une galerie des mines d’Alapaevsky profonde de 60 mètres. Elle ne mourut pas de suite . Son corps fut retrouvé intact sur un rebord à seize mètres de profondeur à côté du prince Constantinovitch dont elle avait encore pu soigner les blessures, chantant le tropaire de la Résurrection et l’Hymne Acathiste, entendus au-dehors. Après un long périple par Irkoutsk, la Chine, Suez et la Palestine, ses reliques furent déposées dans l’Église du Monastère Sainte-Marie-Madeleine à Jérusalem, construit par l’empereur Alexandre III. Sainte Élisabeth est une des saintes modernes les plus vénérées en Russie et son icône est partout présente.

4. La multitude de saints et saintes de la persécution

Il n’est pas possible de les énumérer. L’objectif des autorités soviétiques était l’élimination totale et cruelle de l’Église orthodoxe. La lettre de Lénine du 19 mai 1922 aux membres du Bureau politique ordonnait la confiscation rapide et impitoyable de tous les biens ecclésiastiques. Ces persécutions continuèrent sous Staline et Krouchtchev. La plus grande partie de l’épiscopat et du clergé fut exécutée avec nombre de fidèles orthodoxes. Leurs noms ne sont pas connus et toute trace disparue. Pour cette raison, le conseil épiscopal de l’Église russe de 2000 a pris la décision de canoniser ensemble avec des centaines de néo-martyrs et confesseurs dont les noms sont connus, les nombreux autres dont Dieu seul se souvient. (Mgr Hilarion Alfeyev, Discours lors de la présentation du livre d’Andrea Riccardi :Ils sont morts pour leur foi – Bruxelles, 14 avril 2003). Ils ont une place anonyme en bas de l’icône. Que ces quelques paroles leur rendent « Mémoire éternelle » avec notre profond respect et admiration.

B. L’icône des Saint Martyrs du XXème siècle

En bas de l’icône sont représentés tous les âges et métiers de la population russe, tant laïcs que religieux. Ils n’ont pas encore les auréoles de la sainteté mais tous représentent ceux qui furent tués pour leur foi.
Au centre, au-dessus, les membres de la famille impériale portent la croix, symbole du martyre. Trois des jeunes Grandes-duchesses portent l’uniforme d’infirmière attestant leur aide aux blessés. Au même niveau aussi les saints militaires et particulièrement Sainte Élisabeth, martyrisés pour leur foi et leur fidélité à la famille impériale.
Au-dessus, avant les anges et autour des bulbes des églises, à main gauche nous distinguons tous les hiéromartyrs dont le patriarche Tikhon, les métropolites Vladimir de Kiev, Pierre de Moscou, Benjamin de Petrograd, Barsanuphe de Kirillov, Andronique de Perm, Pétrophane d’Astrakhan, et à main droite les prêtres, diacres et lecteurs martyrs.
Les anges apportent les couronnes des martyrs comme pour les saints martyrs de Sébaste.
Au centre, autour de l’icône du Triomphe de l’Orthodoxie, se trouvent les saints Pères de l’Église Orthodoxe Russe.
En haut, autour de la Déisis classique, nous trouvons les Saints Cyrille et Méthode, St Nicolas et St Séraphin de Sarov. Autour de saint Jean, on reconnaît saint Vladimir fondateur de la Russie chrétienne, la Grande Duchesse Olga et St Serge de Radonège.
Vous tous et toutes, saints et saintes, martyrs de la foi orthodoxe et chrétienne, priez pour nous. Augmentez notre foi.

Terminons par ces paroles pleines d’espérance:
L’exploit des martyrs est commun aux chrétiens de toutes les confessions. En URSS, ce sont les orthodoxes, les catholiques et les protestants qui furent persécutés. Ce n’était pas rare que des chrétiens de confessions différentes se trouvent dans la même cellule de prison. Les barrières confessionnelles disparaissaient alors, des différences doctrinales s’effaçaient. Ce qui unissait les chrétiens, à savoir l’amour du Christ, était bien plus important que ce qui les distinguait.
Je voudrais exprimer mon espoir que l’exemple des martyrs nous incitera aujourd’hui non seulement à vivre en Christ et à être fidèle à son Église, mais également à œuvrer pour surmonter les divisions entre les chrétiens. Ce qui nous unit est bien supérieur à ce qui nous sépare. Le péché est la cause des divisions ecclésiales, tandis que la sainteté est la source de l’union. Que le sang des martyrs du XXème siècle soit le gage de l’unité des chrétiens que nous attendons tous. (Hilarion Alfeyev, archevêque orthodoxe de Vienne et d’Autriche – ibid.).

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources : Saints et Fêtes Orthodoxes – Internet
Michel Polsky, Les Nouveaux Martyrs de la Terre Russe, Éd. Résiac, F 53150 Monsurs, 1976
http://invites.maison-russie.fr/icone/introduction.html
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