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orthodoxie
Description du blog :
Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc valere.depryck@scarlet.be
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
20.09.2006
Dernière mise à jour :
04.05.2008
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Avant-propos

Posté le 04.05.2008 par orthodoxie
Christ Pantocrator - Sainte Sophie - Constantinople
Toi seul es Saint,
Toi seul est Seigneur,
Toi seul es le Très-Haut
Jésus Christ
Avec le Saint Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père.
Amen.


Avant-Propos

Les « Saints de l’Eglise d’Orient » constituent un florilège présentant brièvement leur vie. Quelques saints latins fêtés également dans le ménologe byzantin y sont parfois aussi repris. Pour en savoir davantage, il est possible de consulter les « sources » indiquées après chaque biographie. Celles-ci sont disponibles dans les différentes bibliothèques religieuses des séminaires ou des facultés universitaires. Toute remarque est bienvenue à mon mail ; valere.depryck@scarlet.be.
Je prie les personnes dont j’aurais omis, sans le savoir, de demander les droits d’auteur (copyright), de prendre contact avec moi, afin de me mettre en ordre ou de retirer les éléments litigieux. Merci de votre compréhension.
Avec l’Eglise orthodoxe, je crois que les icônes sont écrites par l’Esprit Saint pour la liturgie et l’édification des croyants sans droits d’auteur.
Bonne lecture. Ci-dessous suit la liste des saints présentés. L’ordre sera légèrement modifié après la présentation d’un nouveau saint qui vient automatiquement en première position.


01 Le Berger, le Beau
02 La Mère de Dieu « Kataphyge » et saint Jean le Théologien
03 Saint Marc (25 avril)
04 Saint Cyrille de Jérusalem (18 mars)
05 Saint Taraise ( 25 février)
06 Saint Ignace d’Antioche (20 décembre / 17 octobre)
07 Sainte Nina (14 janvier)
08 Saint Jean Damascène (4 décembre)
09 Saint André (30 novembre)
10 Saint François d’Assise (4 octobre)
11 Saint Nicolas de Flue (25 septembre)
12 Origène
13 Patriarche antédiluvien Hénoch (10 juin)
14 Saint Hilaire de Poitiers (13 janvier)
15 Saint Hilaire d’Arles (5 mai)
16 Saint Grégoire le Sinaïte (6 avril)
17 Saint Jean Climaque (30 mars)
18 Saint Polycarpe (23 février)
19 Saint Grégoire de Nysse (10 janvier)
20 Les Trois Hiérarques (30 janvier)
21 Saint Basile le Grand (1 janvier)
22 Saint Jean Chrysostome (30 janvier)
23 Saint Philarète de Moscou (1 décembre)
24 Saint Martin (11 novembre)
25 Saint Prophète Baruch (28 septembre)
26 Saint Joseph de Nazareth (19 mars)
27 Saint Prophète Amos (15 juin)
28 Saint Prophète Isaïe (9 mai)
29 Saint Joseph l’Hymnographe (4 avril)
30 Invention du Chef de Jean-Baptiste (24 février)
31 Saint Syméon le Nouveau Théologien (12 mars)
32 Saint Ephrem (28 janvier)
33 Les Saintes Zoé (3 juill./18 déc./2 mai/13 févr.)
34 Païssij Velitchkovskij (15 novembre)
35 Saint Serge de Radonège (25 septembre)
36 Saint Panteleimon (27 juillet)
37 Saint Symeon le Stylite (1 septembre)
38 Saint Païssios le Grand (19 juin)
39 Saints Cyrille et Méthode (11 mai)
40 Saint Prophète Zacharie (8 février)
41 Saint Mena (11 novembre/10 décembre)
42 Saint Théodore le Studite (11 novembre)
43 Saint Prophète Joël (19 octobre)
44 Les Quarante martyrs de Sébaste (10 mars églises latines)
45 Saint Romanos le Mélode (1 octobre)
46 Saint Justin, martyr (1 juin)
47 Saint Nil de la Sora (7 mai)
48 Saint Ignace Briantchaninov (30 avril)
49 Saint Jean Cassien (29 février en Orient/ 23 juillet à Marseille)
50 Saint Prophète Elisée (14 juin)
51 Saint Etienne, protomartyr (26 décembre)
52 Saint Maron (9 février)
53 Saint Grégoire Palamas (14 novembre)
54 Saint Prophète Osée (17 octobre)
55 Saint Prophète Ezéchiel (23 juillet)
56 Saint Archange Gabriel (26 mars)
57 Moïse (4 septembre)
58 Sainte Mère Marie Skobtsov ((31 mars et 20 juillet : canonisation)
59 Saint Prophète Elie (14 juillet)
60 Saint Ambroise d’Optino (10 octobre)
61 Saint Pacôme le Grand (15 mai)
62 Saint André de Crète (4 juillet)
63 Saint Séraphin de Sarov (2 janvier)
64 Saint Spiridon (12 décembre)[/FONT]

Le Berger, le Beau

Posté le 04.05.2008 par orthodoxie
Icône grecque

Le Berger, le Beau

Tu es le plus beau des enfants des hommes (Ps 44,3).

Le titre que l’iconographe donne à l’icône « Ό ΠΟΙΜΗΝ Ό ΚΑΛΟС » (o poimen o kalos : le berger le beau), allie, dans le terme grec kalos, deux réalités : le beau et le bon. Elles sont fortement associées, d’où l’appellation usuelle en français : l’icône du Bon Berger ou du Bon Pasteur. Au 1er siècle, les artistes chrétiens représentaient le Sauveur sous les traits du Bon Berger (cfr. La fresque des catacombes romaines).
Le Christ est le beau, le bon pasteur : Moi, je suis le beau berger : le beau berger donne sa vie pour les brebis (Jn 10,11). En se faisant chair, le Christ incarne la beauté infinie de la Trinité. Beauté des échanges harmonieux au cœur du mystère. La beauté de l’humain naît de la bonté du Créateur, de son désir d’avoir dans un face à face d’amour, un partenaire à son image. En se recevant tout entier des mains du Père, en étant le Fils Bien Aimé qui fait confiance jusqu’au bout, jusqu’au travers de la mort et de la violence du monde, il rend à chacun(e) la capacité d’être revêtus de beauté . Beauté de celui qui est aimé infiniment (« Tu as du prix à mes yeux, et je t’aime ! » Is 43,4) et accepte que son vrai bonheur lui vienne d’un Autre.
Le Christ, par sa vie, sa mort et sa résurrection rend à l’homme et à la création sa beauté originelle, profanée, perdue par le refus du premier Adam. Pour ceux et celles qui acceptent de devenir « enfants » du Père, il devient en eux source de beauté profonde, d’amour rayonnant et leur donne son regard pour la discerner
Il est la source de ces saints sans nombre qu’Il entraîne à sa suite et qui ébauchent à travers les siècles le resplendissement de sa gloire (Hb 1,3). Le Christ est l’icône par excellence de la beauté du Dieu bon.

Pour comprendre le sens de l’icône, parcourons quelques pages de la Bible qui nous parlent de cette beauté.
Au commencement, Dieu vit que tout cela était beau (Gn 1), dit la traduction grecque de la Bible. L’hébreu a un mot (tov) pour exprimer le beau et le bon, traduit en grec par kaloskagathos. La beauté et la bonté sont inhérentes à la création. Elles sont constitutives de la vie trinitaire. Dieu créa Adam et Eve beaux et bons, à son image et à sa ressemblance. Qualités fondamentales perdues par le péché qui tue la communion. Cependant, au cœur même de la volonté de l’Adam de s’accaparer du don gratuit de la création, Dieu « inquiet » se met à la recherche de sa créature : Adam, où es-tu ? (Gn 3,9). Son désir est le plus fort : sauvegarder la possibilité d’une relation d’amour et de vie hors du paradis. S’approprier le don de Dieu ; c’est se placer avec l’humanité « hors du paradis, hors de la bonté première ». Le retour du fils prodigue sera une longue recherche. Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds du porteur de bonnes nouvelles (52,7), proclame Isaïe. Pour la brebis perdue, le Seigneur devient le pasteur (Luc 15, 4 .7). Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agnelets, il les porte sur son sein, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits (Is 40, 11).
Le prophète Ézéchiel nous montre en quoi consiste paître le troupeau : fortifier les brebis chétives, faire un bandage à celle qui a une patte cassée, ramener celle qui s’écarte, rechercher celle qui est perdue (34,4). Le Seigneur lui-même prend le troupeau en charge pour le faire paître dans un bon pâturage sur les montagnes du haut pays d’Israël (34, 14-16). Ezéchiel termine en appliquant la sollicitude divine à tous les hommes : Vous êtes mon troupeau, le troupeau de mon pâturage, vous les hommes. Moi, je suis votre Dieu – oracle du Seigneur (34,31).
Dans la péricope du Bon Pasteur (Jn 10,11-18), Jésus se nomme la porte des brebis. En Israël, la porte par laquelle entraient les brebis était étroite, de sorte qu’elles ne pouvaient passer qu’une à la fois. Ainsi le berger pouvait repérer si l’une ou l’autre était blessée ou manquait à l’appel. Il les connaît personnellement, une intimité s’instaure entre elles et lui: je connais mes brebis et mes brebis me connaissent (Jn 10,14).
Le vrai pasteur donne sa vie pour ses brebis, le temps pascal nous le révèle. Il la donne pour toutes et chacune en particulier. Il les porte sur les épaules, tenues fermement par ses mains blessées par les clous de la Passion. Nous sommes au cœur du mystère rédempteur.
Celui qui est est aussi l’Agneau. Isaïe (53,7) et Jérémie (11,19) annoncent celui que l’on conduit à l’abattoir . Il est Celui qui, dans la non-violence de l’amour, apporte le salut en enlevant les péchés du monde par son offrande (Hb 9,28).
Il est l’Agneau pascal, égorgé mais debout (Ap 5,1) qui siège au cœur de la Jérusalem céleste, le paradis retrouvé. La cité messianique, l’épouse de l’Agneau. (Ap 21,9-27), l’Église, resplendissante des pierres les plus précieuses, est décrite dans toute sa beauté , resplendissement de la beauté de Dieu.
La création elle-même, solidaire de l’humanité, participe à cette beauté enfin accomplie dans l’Amour. Entre ces deux extrêmes, la Genèse et l’Apocalypse, se joue le drame du beau berger contemplé sur l’icône.
Lui, l’Agneau et le Pasteur
Le Seigneur et le Serviteur

L’Icône du Christ Bon Pasteur
Elle n’est pas liée à une fête particulière ; il s’agit d’une icône thématique – comme par exemple, celle du Christ « Pantocrator ». La Parole biblique à laquelle elle renvoie est évidemment Jn 10,1-18 ; Lc 15, 4-7 ; Mth 18, 12-14.
Le Christ porte une tunique rouge foncée, signe de sa divinité. Le vêtement vert foncé symbolise son humanité. Les natures divine et humaine du Christ sont ainsi clairement signifiées. Ses mains portent les traces des clous. Bon berger, il s’est mis à la recherche de la brebis qui s’est égarée, l’humanité, commenteront les Pères. De cette quête pour la retrouver, demeurent ineffaçables, les stigmates d’une rude lutte. L’Amour divin se donne de toujours à toujours, au prix même de la vie du Fils unique.
L’auréole du Christ porte l’inscription habituelle en grec : Ό ώΝ , participe présent du verbe être (έιμί - eimi) : L’ÉTANT, Celui qui est. C’est sous ce nom que Dieu s’est révélé à Moïse dans le Buisson Ardent. Je suis qui je suis (Ex 3,14). Dans le Christ Sauveur se cache la plénitude de Celui qui est. Le Sauveur, Celui qui est arrache la brebis égarée de l’emprise de ce qui n’est pas :l’égarement, le mauvais berger.
De chaque côté de l’auréole se trouve l’identité du pasteur dans deux christogrammes : IC et XC.
Cette icône qui nous regarde nous rend présent le Christ dans sa mission de Sauveur et de pasteur de nos âmes, à travers sa vie, sa mort et sa résurrection.
Dans la liturgie orthodoxe, l’Évêque (le pasteur) porte sur les épaules l’omophore*, symbolisant la brebis (la communauté). Habituellement, elle est faite de laine tissée. Les pasteurs de nos communautés sont appelés à manifester la compassion du berger à l’égard de ses brebis, surtout des plus « perdues ». Le sérieux dans le regard du Christ montre sa détermination à chercher et trouver toute brebis égarée. Avec tendresse, il la met sur ses épaules ne faisant plus qu’un avec elle. La croix et la trace des clous sur ses mains disent le prix de cette quête. Traversant les refus de l’humanité et la mort elle-même, il va à la recherche de celle qui manque à son Amour sans crainte de se blesser lui-même, jusqu’à l’extrême de la mort, jusqu’à l’abaissement (la kénose) du Verbe (Ph 2,1-11).

La Paix et la Joie qui se dégagent de la contemplation du Christ Bon Pasteur sont déjà celles de l’univers réconcilié et restauré dans son intégrité : Victoire de l’Amour qui fait toutes choses nouvelles (Ap 21, 5). Et le Père vit que cela était bon, très bon (Gn 1,31).
« Le Christ notre Dieu (…) a voulu virginalement s’incarner de toi afin de restaurer sa propre image corrompue par le péché et de prendre sur ses épaules la brebis perdue retrouvée sur la montagne pour la ramener vers le Père et, selon sa volonté, la réunir aux puissances des cieux… » (dokastikon du 4e mode des vêpres du samedi soir**).
Répondons à l’Amour du beau pasteur en laissant monter en nous le psaume du Bon Berger (22/23). Il nous accompagne jusque dans l’ombre de la mort (v.4), lui l’Agneau et le Berger véritables. Tous les jours de ma vie (v.6).
À Lui, notre action de grâces, aujourd’hui et toujours !

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

*(du grec " qui se porte sur les épaules ") Longue et large bande d’étoffe, ornée de quatre croix, porté par l’évêque en symbole de son rôle de bon pasteur, portant la brebis égarée pour la ramener vers le Père. " Sous l’omophore ", par extension, sous la juridiction d’un évêque).

**Une partie de ce texte est reproduite en bas de l'icône, il faut l'agrandir pour le voir.




Mère de Dieu et Jean le Théologien

Posté le 02.04.2008 par orthodoxie
La Mère de Dieu « Kataphyge » et Saint Jean le Théologien
1395
Monastère de Poganova Sofia, galerie d’Art.

Voyant sa Mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta Mère » ». A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui (Jn 19,26-27).

Cette icône peu connue (93 x 61,5 cm), appelée "Mater Theou, he kataphyge" et "o Johannes theologos", représente la Mère de Dieu confiée aux soins de Jean l’évangéliste, au calvaire, ainsi que la maternité de Marie à l’égard de celui-ci. Elle est régulièrement exposée dans la Cathédrale Alexander Nevsky, à Sofia, en Bulgarie.
Jean et la Vierge y sont représentés comme s’ils étaient encore au pied de la croix, tout à l’écoute des dernières paroles de Jésus. L’absence de la croix symbolise le vide laissé par la mort de Jésus.

La stature délicate de la Vierge immobile, apparaît davantage encore dans sa douceur aux côtés du personnage corpulent de Jean qui, de sa main droite, semble vouloir exprimer quelque chose. Marie, enveloppée du maphorion bleu, soutient de sa main la tête inclinée, toute empreinte de souffrance contenue et pensive, expression de sa douleur intériorisée. Son visage est jeune et son regard se tourne vers le disciple bien-aimé. Les étoiles, symboles de sa virginité, brillent sur sa tête et son épaule droite. Nous pouvons admirer les fines franges d’or sur le bord de son manteau. A l’image traditionnelle de Marie, Mère de Jésus, à la croix, l’icône associe celle de la Mère de Dieu, asile (kataphyge) et protection de qui se tourne vers elle.
Saint Jean est vêtu d’un manteau sur lequel se répand une intense lumière blanche, son épaule gauche en est recouverte tandis que sur l’épaule droite se découvre la tunique marquée d’une bande orange qui descend jusqu’aux pieds. Jean, identifié ainsi comme "o theologos" – le théologien, est présenté comme un homme d’un certain âge, chauve, à la barbe frisée, une expression frimée sur le visage, son aspect traduisant sérénité et sagesse. Si nous comparons cette icône avec celle de la crucifixion de Denis (1500), la différence est frappante. Au pied de la croix, Jean y apparaît comme un jeune homme imberbe et chevelu, qui correspond davantage à la réalité, selon la tradition. Marie regarde Jésus sur la croix tandis que le regard de Jean, inclinant la tête vers la Vierge, se porte sur elle. L’écart que nous constatons ici par rapport à l’iconographie traditionnelle est une façon de reconnaître en lui l’auteur de l’Évangile et de l’Apocalypse.
Jean ne regarde pas la Vierge. Son attitude exprime énergie et mouvement, ses pieds sont prêts pour la marche. La tête penchée vers elle, il partage sa profonde douleur, mais son regard et toute son attitude se portent vers le spectateur qu’il regarde d’un regard éclairé comme pour l’associer à la responsabilité que le Fils lui confie. Par son regard, il nous introduit dans l’icône. En quelque sorte, il nous confie la Mère de Jésus, comme si cette responsabilité était trop lourde pour lui seul. A nous maintenant d’accueillir la Theotokos, la Mère de Dieu.

La Vierge, refuge pour tous ceux qui sont dans la douleur : c’est sous ce titre qu’elle a été invoquée à travers les âges. Un papyrus retrouvé dès 250, témoigne que l’Église copte l’invoquait avec les paroles rapportées dans le Sub tuum praesidium latin ou le Подъ твою милость (pod tvoju milost) utilisé dans la liturgie slavonne. Ce titre lui est reconnu depuis les débuts de l’ère chrétienne, il revient sans cesse dans les canons et hymnes qui lui sont consacrés.
.
Sous ta protection, nous cherchons refuge, sainte Mère de Dieu.
Ne refuse pas nos prières dans nos besoins, mais sauve-nous de tout danger, Vierge glorieuse et bénie.

Comme dans toute icône, la perspective est renversée, mais nous pouvons lui donner un second sens spirituel. Habituellement, c’est nous qui nous confions à Marie et cherchons refuge auprès d’elle, comme le dit le Sub tuum. Dans l’icône de Poganovo, elle se réfugie auprès de nous, car son Fils l’a confiée à Jean qui nous représente.
A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. Après la mise au tombeau, le Sabbat commençant, Jean est descendu du Golgotha avec Marie qui dès ce moment, demeura chez lui. Ainsi en était-il après la Résurrection. La Mère qui, depuis l’Annonciation et la terrible prophétie du vieillard Siméon a gardé tous ces événements dans son cœur, partage maintenant le trésor de sa foi au disciple. N’est-elle pas la meilleure messagère du sens de tout ce qui advint. L’exilé de Patmos, après avoir « contemplé » la Parole du Fils et de la Mère, peut dicter à Prochore, son disciple, son Évangile et le livre de la Révélation, l’Apocalypse, prophétie du siècle à venir.

Ainsi pouvons-nous mieux comprendre pourquoi Jean est représenté sur cette icône comme un homme âgé, lui qui a partagé la méditation de Marie, gardant ses paroles dans son cœur et laissant au temps le temps de les mener à maturité. L’iconographie ne respecte pas nécessairement la chronologie ou l’historicité des événements (cfr. la présence de Saint Paul sur l’icône de la Pentecôte), elle en donne le sens théologique. En ce qui concerne notre icône, le nom donné à chacun des personnages est important et éclairant.
A quelle responsabilité mais aussi à quels honneur et dignité sommes-nous appelés en accueillant Marie chez nous.

Les figures de la Vierge et de saint Jean ressemblent étrangement à celles des icônes de la crucifixion. Tous deux ont donné une forme visible au Logos divin et rendu manifeste le plan salvifique pour la race humaine.
En fait, cette icône provient d’une icône à double face, l’autre face représentant la crucifixion. Elle faisait partie des icônes processionnelles très en usage à l’époque.
La beauté des couleurs, sa luminosité en font l’une des plus belles. Contemplons-la dans le silence d’un cœur qui écoute et laissons-nous saisir par sa « Parole ».

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse
Sources :
Alfredo Tradigo , Icônes et Saints d’Orient, Éditions Hazan, Paris, 2005.
Bisseera V. Pentcheva, Imagined Images: Visions of Salvation and Intercession in a Double-Sided Icon from Poganovo, Dumbarton Oaks Research Library and Collection, Washington, D.C., 2000 (Internet).[/SIZE][/SIZE]

Saint Marc

Posté le 22.03.2008 par orthodoxie
Miniatures des évangéliaires de Khitrovo (début du XVe)
Bibliothèque d'Etat de Moscou.

Saint Marc
Martyrisé en 67

L’évangile de Marc nous livre-t-il quelqu’information sur l’identité de Marc. Il est symbolisé par le lion en référence au début de son œuvre :Une voix rugit dans le désert…(1,3). Rien de fondé ne permet de le reconnaître dans le jeune homme qui s’enfuit nu lors de l’arrestation de Jésus (Mc 15, 51-52). Même le titre Evangile selon Marc n’apparaît qu’au 2me siècle. Marc, l’évangéliste, n’est pas l’un des douze apôtres. Les Actes le mentionnent une première fois comme le fils de Marie qui possède une maison à Jérusalem où se réunissent les disciples (Ac 12,12). C’est là que Pierre, libéré de prison par un ange, fut accueilli. La tradition chrétienne reprendra le témoignage de Papias de Hiérapolis (évêque de 110-130), ami de Polycarpe. Papias cite des propos attribués à Jean le Presbytre (disciple des apôtres) présentant Marc comme « l’interprète de Pierre », de qui il tenait ses informations. Il serait l’un des premiers convertis de l’apôtre et n’aurait pas connu Jésus. Le témoignage de Justin, martyr vers 165, évoque le deuxième Évangile comme étant les « Mémoires de Pierre ». Marc ayant accompagné d’autres apôtres, son Évangile ne saurait être étranger à la prédication apostolique tout entière. Il fut aussi le disciple de saint Paul qu’il accompagna en Grèce et en Asie Mineure. A partir du quatrième siècle, la tradition affirme que Marc fonda l’Église d’Alexandrie. Le concile de Rome, tenu sous Gélase, confirme le martyre de Marc en 67 à Bucoles, près d’Alexandrie, où son corps était encore vénéré au VIII siècle. En 815, des marchands vénitiens auraient emporté ses ossements à Venise.
Dans les Actes, il est question de Jean surnommé Marc (Ac 12,12), cousin de Barnabé. Il revint à Antioche de Syrie avec Barnabé et Paul (12,25). Lorsque ceux-ci firent voile pour Chypre, ils emmenèrent avec eux Jean-Marc comme auxiliaire (13,5). A Pergé en Pamphilie, Jean (Marc donc) se sépara d’eux et retourna à Jérusalem (13,13). Après un différend entre Paul et Barnabé, ce dernier s’embarqua à nouveau pour Chypre et prit Marc avec lui (15,39).
Paul mentionne Marc dans sa deuxième épître à Timothée (4, 11). Dans ses recommandations à Philémon, il lui envoie les salutations de Marc, son collaborateur (24).
Pierre, dans sa première épître (5,14), envoie lui aussi les salutations de Marc, son fils (spirituel).
Selon le Nouveau Testament, il semblerait qu’un certain Jean Marc, habitant Jérusalem, aurait accompagné Barnabé, Paul et Pierre dans leurs missions. Riche de son expérience personnelle auprès des Apôtres, il ancre dans sa mémoire la prédication pétrinienne.
On admet communément que Marc aurait composé son Evangile après la mort de Pierre (en 64), entre 65 et 68, à Rome, pour une communauté pagano-chrétienne éprouvée par les persécutions de Néron (54-68). Pour certains exégètes, l’écrit se situerait après la destruction du Temple.

L’Evangile selon Saint Marc : vue d’ensemble

Marc cherche à fixer les paroles et les actions de Jésus, l’homme de Nazareth peu évoquées dans les épîtres. La proclamation de la Bonne Nouvelle est au cœur de son message. Il rassemble les documents écrits et les traditions orales qui circulent dans les communautés pour les présenter en un tout cohérent, une bonne nouvelle (Évangile). Elle s’adresse au lecteur qui, en des temps troublés par les persécutions, doit prendre une décision de foi et s’engager sans compromis derrière « Jésus, Christ, Fils de Dieu » (1,1).
Après la confirmation du Fils bien-aimé au baptême et la victoire de Jésus sur Satan au désert (1,1-13), la première partie de l’Evangile (1,14-8,26) pose la question de l’identité de Jésus : Qui est cet homme ? Étonnement de la foule (1,27), contestation des adversaires (2,1ss). Les disciples eux-mêmes lors de la tempête apaisée buttent à la question : Qui donc est celui-là ? (4,41).
Ce n’est que dans la deuxième partie (8,27-16,8) que la véritable identité de Jésus sera progressivement révélée. Pierre, malgré sa confession de foi, refuse de suivre un Christ souffrant (8,32). C’est un soldat païen qui confessera la divinité de Jésus après qu’il ait expiré :Vraiment, cet homme était fils de Dieu (15,39). Quant aux disciples, ils auront encore un chemin de foi à parcourir après la Résurrection.
Les femmes venues au tombeau ne dirent rien à personne car elles avaient peur (15, 8). Marc termine sa Bonne Nouvelle sur cette réalité troublante. La finale canonique (16,9-20), conforme aux récits des trois autres évangélistes, a été ajoutée par un autre narrateur. Le Seigneur apparaît aux disciples et leur reproche leur incrédulité. Il les réconforte et les envoie avec la force de sa parole et de son action prêcher dans le monde entier.

Quelques grands thèmes

Jésus, Christ et Fils de Dieu. Noms donnés au début et à la fin de l’Evangile (1,1 et 15,39). Pierre confesse qu’Il est le messie attendu : Tu es le Christ (8,29). Les démons proclament sa filiation divine à plusieurs reprises (1,24 ; 5,7).
La voix qui retentit lors du Baptême et de la Transfiguration est celle du Père proclamant : Tu es mon Fils (1,11 et 9,7). Il est le fils bien-aimé envoyé à la vigne (12,6).
Marc est le seul à exprimer la proximité unique de Jésus avec le Père en mettant dans sa bouche le terme si familier d’Abba (Papa, en araméen). Absence de distance, familiarité filiale la plus intime au cœur du Christ et cela au moment même où il sue sang et eau au jardin de Gethsémani (14,36).

Fils de l’Homme.

Titre de majesté que Marc utilise 12 fois dont 9 lors de l’abaissement du Christ, dans la passion et la mort. Il l’applique spécialement au messie souffrant.

Le secret messianique

Jésus impose le silence sur son identité : aux démons (1,24-25 ;3,12) ; aux miraculés (un lépreux, la fille de Jaïre, le sourd-bègue (1,44 ;5,43 ;7,36). Pourquoi imposer le secret (aussitôt violé !) sinon pour éviter toute interprétation ambiguë concernant sa mission de Salut ?

Jésus accomplit les Écritures. Le temps est accompli (1,15). Non pas le temps chronologique, mais le moment favorable (kairos - καιρος en grec et non kronos – χρονος - , le temps astronomique). C’est le temps de la réjouissance (mot par lequel l’ange Gabriel salua Marie à l’annonciation : kaire, réjouis-toi), car Jésus inaugure dans notre aujourd’hui le Règne de Dieu. Il sera définitif lors du retour du Fils de l’Homme avec puissance et gloire sur les nuées (13,26).

Puisse cette brève introduction nous inviter à relire l’Évangile de Marc, pour laisser retentir en nous la question du Christ : « Pour vous, qui suis-je ? »

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources : Caroline Runacher, Saint Marc, La Bible tout simplement, Les Éditions de l’Atelier, Paris, 2001.
RR.PP. Bénédictins de Paris, Vies des Saints et Bienheureux, Letouzay et Ané, Paris, 1948.
Wikipedia (Internet), Marc (Évangéliste).
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Saint Cyrille de Jérusalem

Posté le 29.01.2008 par orthodoxie
Cyrille de Jérusalem
Père de l’Eglise
315 – 382
Fêté le 18 mars

Sa vie
Cyrille naît à Jérusalem vers 315. Ses parents sont une famille chrétienne paysanne. D’après ses « Catéchèses », il reçoit une bonne éducation ainsi qu’une initiation aux Pères de l’Eglise. Son art oratoire atteste de sa bonne formation scolaire. Il est décrit dans les « Menées » en tout point semblable à un paysan. L’évêque Maxime l’ordonne prêtre à Jérusalem vers 343 et lui demande de prêcher les Catéchèses. Ce que Cyrille fait dans l’Eglise de la Résurrection (Anastasis), où se trouve conservé le tombeau du Christ découvert à la suite de fouilles entreprises avec l’autorisation de l’empereur Constantin. En 350, à la mort de Maxime, évêque de Jérusalem (revenu borgne et boiteux des mines où l’avait envoyé l’empereur Maximin Daïa), il lui succède avec l’accord de son métropolitain Acace, un évêque arianisant.
La première année de son épiscopat, le 7 mai 357, sur l’horizon de Jérusalem, apparaît la Croix glorieuse. Les habitants de Jérusalem peuvent la voir pendant plusieurs heures. Dans ses Catéchèses, Cyrille célèbre la gloire de la Croix.
Bientôt il doit affronter le métropolitain Acace sur des questions de juridiction et de préséance, s’appuyant sur le caractère apostolique de son siège de Jérusalem pour échapper à l’autorité de ce dernier. Celui-ci l’accuse injustement de « dilapidation de biens ecclésiastiques ». A quoi Cyrille répond qu’il « a vendu les vases sacrés et les ornements pour secourir les affamés de son diocèse ». Refusant de comparaître devant Acace, il est condamné au bannissement. Acace en personne vient, accompagné d’une escorte militaire, pour chasser Cyrille et installer sur le siège de Jérusalem un évêque arien. Commence alors le temps des exils.
Lors de son premier exil, Cyrille est accueilli à Antioche et à Tarse par l’évêque Sylvain, un arien, qui l’autorise à prêcher. Le concile de Séleucie le réhabilite en 359 et le rappelle à Jérusalem.
La même année, le concile de Constantinople, présidé par Acace, l’expulse de nouveau. Après trois années d’exil en 362, sur ordre de Julien l’Apostat, il regagne sa ville pour gouverner enfin son diocèse dans la paix.
Un troisième exil l’attend lorsque l’empereur arien Valens, le chasse à nouveau, preuve de son opposition farouche à cette hérésie. Ce n’est qu’en 378 que Cyrille retrouve son siège après onze années d’exil. En effet, l’empereur Gratien rappelle tous les évêques bannis. Grégoire de Nysse rapporte dans quel état désastreux se trouve abandonnée la ville de Jérusalem: perversité, adultères, vols, idolâtries et bien d’autres vices y règnent en maîtres. La ville se partage entre ariens et semi-ariens. Ici encore, Cyrille fut accusé d’être partisan de l’arianisme. En 381, le Concile de Constantinople, auquel il participe, déclare enfin que « le très vénérable et pieux Cyrille a lutté contre les ariens ».
D’esprit modéré, Cyrille cherche dès lors à rétablir la paix en gardant le souci de la charité et de l’unité. Il veille à cicatriser les blessures douloureuses causées par les luttes sans cesse renaissantes avec les ariens et à ramener l’ensemble des fidèles à l’unité dans la foi.
Il meurt le 18 mars 386, profondément attristé par les divisions au sein de l’Eglise.
La lutte contre l’arianisme et contre Acace l’ont rendu ferme et rigoureux dans son combat où la foi de l’Eglise et des apôtres se trouve en pleine tempête.
Léon XIII le proclamera docteur de l’Eglise universelle en 1893.

Son œuvre.
Cyrille est foncièrement un catéchiste et veut, très concrètement, transmettre sa foi au peuple chrétien et aux catéchumènes. Il consacrera une grande partie de sa tâche pastorale à rédiger et commenter 24 Catéchèses Baptismales où il expose les vérités de la foi. En guise d’introduction, une Procatéchèse et 5 Catéchèses explique aux catéchumènes comment la foi est chemin de conversion qui invite le chrétien à changer de vie et de mœurs. Les treize Catéchèses suivantes (prononcées dans la crypte de l’Invention de la Sainte Croix) commentent le symbole de la foi tout en manifestant la nécessité d’une vie de foi qui soit une relation personnelle avec les Personnes divines. Les cinq dernières, appelées « mystagogiques » traitent des trois sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, ( il établit un lien entre la descente du Christ dans les eaux du Jourdain et la descente aux enfers, image de la Rédemption), la chrismation ou confirmation, l’eucharistie. Sa cinquième catéchèse mystagogique commente abondamment les différents moments de la messe. Il les enracine dans l’Ancien Testament où il découvre des préfigurations. Ces Catéchèses Mystagogiques étaient prononcées dans la Rotonde de l’Anastasis, auprès du tombeau du Christ, pendant la semaine pascale, les catéchumènes étant ensuite baptisés la nuit de Pâques.
Jérusalem étant un centre de pèlerinages, la liturgie orientale célébrée par Cyrille jouera un rôle important dans l’histoire du développement de la liturgie Ainsi, le symbole de foi de Jérusalem servira de base au symbole de Nicée. La liturgie syriaque est une liturgie mystique d’union (en référence au Cantique des Cantiques), où le culte est empreint de crainte révérencielle devant la sainteté divine. Son sens de la transcendance de Dieu influencera les Pères Cappadociens et Saint Jean Chrysostome.

Le style de Cyrille
Clair, simple et direct, il veut se faire comprendre par les gens du commun. Comme Jésus, son maître, il emploie des images et des comparaisons. Son enseignement est profondément nourri des Saintes Ecritures qu’il a pu méditer durant ses différents exils.
Son approche spirituelle du corps humain, merveille de la création, est équilibrée. Pas de regard négatif et réducteur du mariage et de la chair, comme c’est souvent le cas à son époque. Il porte un regard optimiste sur la réalité humaine.
A sa prière, puissions-nous, à notre tour, nous laisser émerveiller par le mystère toujours plus grand de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit qui se donne pour notre salut.

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources : A.G. Hamman, Les Pères de l’Eglise, Desclée de Brouwer, 1977
Sr. Gabriel Peters O .S.B. , Lire les Pères de l’Eglise, Cours de Patrologie III, 1978, Monastère de l’Annonciation, B – 7281 QUEVY le GRAND[/FONT]

Saint Taraise

Posté le 15.01.2008 par orthodoxie


Icône moderne de Mère Anastasia
Bussy-en-Othe

Saint Taraise
750 - 806
Patriarche de Constantinople
Fêté le 25 février

Taraise naquit à Constantinople. Sa mère, Eucratie, femme d’une grande piété, se chargea elle-même de son éducation. Son père Georges exerçait une charge importante dans la magistrature, soucieux de défendre les plus faibles. Il devint un haut fonctionnaire à la cour de l’empereur Constantin Porphyrogenitos (780-797) et de sa mère l’impératrice Irène. En cette période troublée de l’hérésie iconoclaste, l’impératrice voulut un homme de valeur à la tête de l’Eglise pour rétablir le culte des icônes. Le saint patriarche Paul IV, un moment favorable aux hérétiques, s’était repenti et retiré dans le monastère de Florus. A l’impératrice qui lui demandait un digne successeur, il lui conseilla Taraise, son premier secrétaire, en qui il reconnaissait toutes les qualités requises pour la charge de pasteur et de défenseur de l’Eglise de Constantinople. Mais celui-ci n’était encore que laïc. Dans un premier temps, il refusa cet honneur se considérant indigne de ce ministère. Finalement il accepta à condition qu’un concile œcuménique soit convoqué pour mettre fin à la scission hérétique et rétablir le culte des icônes. Ordonné peu de temps après, il devint patriarche de Constantinople en 784, soucieux d’être en communion avec Rome et les trois autres patriarches d’Orient.
Le premier août 786, le septième Concile œcuménique fut convoqué par Tarasie dans l’église des saints apôtres à Constantinople. 367 évêques y étaient présents ainsi que les représentants du pape Adrien I, évêque de Rome. Dès la première session, les iconoclastes s’y montrèrent particulièrement violents. Devant cette lutte, Taraise, dans la force de la douceur, resta seul dans l’église et célébra la divine liturgie. Pour mieux assurer la paix, le concile fut transféré à Nicée et les mesures furent prises pour éviter de nouveaux affrontements violents. Avec sagesse, prudence et autorité, Taraise dirigea les débats. Le Concile rétablit le culte des icônes. Taraise s’évertua ensuite à ramener, avec sa douceur bien connue, les évêques iconoclastes repentis. Il ne fut pas toujours suivi par ses pairs. En effet, pour que renaisse la paix dans l’Eglise, il pratiqua une politique de réconciliation, que certains évêques restés fidèles lui reprochèrent.
Pendant vingt-deux ans, il gouverna l’Eglise avec sagesse menant une vie d’ascète dans la pauvreté, plein d’une grande attention à l’égard des pauvres, des veuves et des orphelins qu’il secourait. Riche d’une intense charité, il construisit des hospices pour accueillir les étrangers. Il protégea un homme injustement accusé dont il parvint à prouver l’innocence. Il voua un amour profond à la Sainte Vierge qu’il chanta en des pages admirables : "De quelles louanges Vous comblerons-nous, s'écrie-t-il, ô Vierge immaculée, Vierge sans tache, ornement des femmes et splendeur des vierges!"
Lorsque l’empereur Constantin VI, fils d’Irène, répudia son épouse, Marie d’Arménie pour épouser sa femme de chambre, Théodote, Taraise refusa d’annuler son mariage et de célébrer cette seconde union. Cela lui valut la disgrâce de l’empereur. Mais par souci d’épargner de nouvelles épreuves à l’Eglise, il n’excommunia pas l’empereur, il suspendit les prêtres qui avaient célébré cette union. Le célèbre abbé Platon et son neveu, Théodore Studite songèrent cependant à se séparer de lui jugeant son attitude trop magnanime. La mort prématurée de l’empereur ramena le calme et fit taire le scandale.
Pendant toutes ces épreuves, le patriarche garda l’humilité et le recueillement, priant Dieu pour sa propre sanctification et celle de son peuple. Une longue et douloureuse maladie l’avertit de sa fin prochaine. Son biographe, témoin oculaire, raconte qu’il tomba en extase peu avant sa mort. Il eut à livrer de terribles combats avec les démons qu’il avait vaincus au Concile.
Taraise mourut à l’âge de soixante-seize ans, le 25 février 806, pleuré par l’Eglise de Constantinople. L’empereur Nicéphore lui-même le regretta, car, disait-il, il avait perdu un père, un pasteur et une aide dans le gouvernement de l’empire. Il fut enterré dans le monastère qu’il avait fait construire sur le Bosphore. Dans les années qui suivirent, de nombreux miracles eurent lieu sur sa tombe et très vite, tant les Grecs que les Latins lui rendirent un culte.

Sources : Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame,
RR.PP.Bénédictins de Paris, Vie des Saints et Bienheureux, Letouzey et Ané, 1936
OCA (Orthodox Church of America), St Tarasius the Archbishop of Constantinople, Internet[/FONT][/SIZE][/FONT]

Saint Ignace d'Antioche

Posté le 15.01.2008 par orthodoxie
Ignace d’Antioche
35 - 107
Père Apostolique et Patriarche d’Antioche, martyr
Fêté le 20 décembre en Orient et le 17 octobre en Occident

Saint Ignace, troisième évêque d’Antioche, succédant en 68 à saint Pierre et Evode, fut l’un de ceux qui connurent les apôtres, en particulier saint Jean dont il fut le disciple (d’où son titre de Père Apostolique avec Saint Clément de Rome et Saint Polycarpe). La tradition voit en lui le petit enfant que Jésus plaça en exemple au milieu des apôtres, disant : Si vous ne devenez semblable à des petits enfants….
Ignace fut le patriarche d’une cité florissante sur les bords de la rivière Oronte (aujourd’hui Asi) en Syrie septentrionale. Antioche sur Oronte était une cité grandiose, commerçante et prospère. La ville a complètement disparu, rasée par les Turcs après la Grande Guerre. Capitale romaine de la Syrie et des rois Séleucides, elle fut l’un des berceaux du christianisme, dont Ignace était l’évêque. .
Sa gloire fut son martyre, dont il avait un ardent désir, comme témoignage envers le Christ. Après sa victoire sur les Scythes (106),l’empereur Trajan, ordonna à tous de sacrifier aux dieux païens en remerciement. Comme il passait par Antioche, il apprit que l’évêque Ignace confessait le Christ, invitant le peuple à mener une vie vertueuse respectant la virginité. Ce dernier se présenta librement devant l’empereur qui le fit arrêter et subir un long interrogatoire afin de le faire renoncer à sa foi et sacrifier aux dieux païens. Lui qui se surnommait « Théophore » - celui qui porte Dieu en lui –confessa le seul vrai Dieu créateur et son Fils, Jésus Christ, déclarant les autres dieux des démons.
Devant sa fermeté, Trajan le fit mettre en prison. Il fut condamné aux bêtes et conduit d’Antioche à Rome pour y être livré aux lions. En chemin vers Rome, il visita de nombreuses communautés exhortant les fidèles à prier pour lui et à ne pas empêcher son exécution. Il priait pour l’Eglise invitant à l’amour entre frères. Beaucoup, pleins d’admiration, pleurèrent sur lui tandis qu’il confiait : « Je vais à la mort avec joie. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de Dieu. Il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus Christ. Rien ne me touche, tout m’est indifférent, hors l’espérance de posséder mon Dieu. Que le feu me réduise en cendres, que j’expire sur le gibet d’une mort infâme ; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé ; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage : je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus Christ ».
Sans cesser de répéter le nom de Jésus Christ, il fut broyé par les lions, mais son cœur demeura intact. Et lorsqu’ils l’ouvrirent, les païens y virent une inscription en lettres d’or : Jésus Christ.




Les lettres d’Ignace
Par terre ou par mer, sur le chemin qui le conduisit à Rome pour être livré aux bêtes, il demeurait enchaîné à dix gardiens, qu’il appelle des léopards et qui ne lui épargnaient aucun mauvais traitement. Sur son passage, il envoyait des lettres aux différentes communautés. On y découvre l’extraordinaire témoignage apostolique d’un évêque passionné de Jésus Christ.
Evoquons la lettre qu’il écrivit, depuis l’escale à Troade, à son ami Polycarpe.
Dans celle aux Ephésiens, Ignace insiste sur la soumission de tous à l’Evêque et au presbyterium, accordés comme « la corde à la cithare », en une inséparable unité. Selon lui, la qualité de l’évêque sera de garder le silence, celle des fidèles de le vénérer. Sur son chemin vers le martyre, Ignace disait :Vous êtes tous des compagnons de route, des porteurs de Dieu, qui avez Jésus Christ parmi vous…Votre foi vous tire en haut et la charité est le chemin qui vous élève vers Dieu….Mieux vaut se taire et être que parler sans être.
La Lettre aux Romains est certes la plus poignante. Il supplie les Romains de ne rien entreprendre pour que le martyre lui soit épargné. Je ne vous demande qu’ une chose : c’est de laisser offrir à Dieu la libation de mon sang….Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes pour devenir le pain immaculé du Christ. Il clame son désir intense d’être avec Jésus Christ : en lui murmure une « eau vive » qui l’appelle : « Viens vers le Père ». Cependant, avec beaucoup d’humanité, il avoue aussi sa faiblesse devant ce qui l’attend, le danger de renier le Seigneur n’est jamais loin. Aussi supplie-t-il les Romains de prier pour lui afin qu’il puisse surmonter l’épreuve.
Une unique passion anima la vie et la mort d’Ignace d’Antioche : Jésus Christ. Voilà son pôle d’attraction, son aimant.
Toute sa pensée va vers Lui. Il le voit devant lui et marche à sa suite, passionné d'amour pour lui. Le Christ est celui qui lui montre le Père, qui le conduira au Père. (Fr. Luc Brésard – Cours de Patrologie).
Il peut faire siennes les paroles de Saint Paul aux Philippiens (3,7ss) : « Il s’agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il est possible, à la résurrection d’entre les morts. (…) Je m’élance pour tâcher de le saisir, parce que j’ai été moi-même saisi par Jésus Christ ».
Conduit enchainé dans le cirque, Ignace fut livré aux fauves qui le déchirèrent. Son corps, transporté à Antioche, fut transféré à Rome dans l’Eglise de Saint Clément le 1 février 637.
Apprenant le grand courage du saint, Trajan fit arrêter les persécutions.

Sources : A.G. Hamman, Les Pères de l’Eglise, Desclée De Brouwer,1977
Abbé L. Jaud, Vie des saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950[/SIZE][/SIZE][/FONT][/SIZE]

Sainte Nina

Posté le 23.11.2007 par orthodoxie
Sainte Nina
Fêtée le 14 janvier
Morte en 335

De cette femme du IVème siècle, on ignore le pays d’origine ainsi que son nom. Elle fut appelée Christiana, « La Chrétienne », d’où son diminutif Nina ou Nino, présent’ dans des textes Géorgiens. En effet, c’est dans cette région qu’on parle d’elle pour la première fois. Elle y est vénérée encore de nos jours ainsi qu’en Arménie (le 29 août).

Le christianisme s’infiltra dans ces régions avec les influences romaines. Une captive chrétienne intéressa ces barbares par sa vie sobre et chaste, ses prières fréquentes ; elle était très belle mais surtout respectée pour son inlassable charité. Elle ne se cachait pas d’être une adoratrice du Christ dans ces régions non encore évangélisées. Elle possédait certains pouvoirs thaumaturgiques. Une femme dont l’enfant était malade cherchait un remède pour le guérir. Elle l’amena à la chrétienne captive qui fit reposer l’enfant près d’elle, sur sa couche en priant le Seigneur et l’enfant guérit. L’ayant appris, la reine Nana d’Ibérie (Géorgie), se fit transporter mourante auprès de Nina. Cette dernière la fit se coucher sur son cilice tout en invoquant le Christ. Aussitôt la reine se releva en pleine santé. Le roi Mirian, son époux, résolut de récompenser richement Nina, mais elle refusa. Le seul cadeau qui lui plairait – disait-elle - serait que les souverains embrassent la foi du Christ qui a guéri la reine à sa prière. La reine se convertit, mais le roi hésita. Un jour, le roi se perdit à la chasse car la nuit était devenue soudain très obscure. Il invoqua les dieux païens, mais sans résultat. Alors, il se souvint du Christ et de Nina et il le pria de le secourir. Sans délai, la clarté revint. Il appela la « Chrétienne » auprès de lui et il se convertit. A sa suggestion, il fit construire une église dans la capitale Mzkheta. Par la suite, elle pria le roi d’envoyer un ambassadeur à l’empereur Constantin lui demandant de faire venir un évêque et un prêtre pour convertir tout le peuple de Géorgie à la foi chrétienne. Ce qui fut fait sans tarder. Après le baptême des gens de Mzkheta, elle s’en alla prêcher aux montagnards voisins de la capitale qui refusèrent de se laisser convertir. Pleine d’ardeur et de foi, Sainte Nina passa à l’est de Mzkheta où sa prédication porta du fruit. Elle termina sa vie d’évangélisatrice dans la région de Bodbé où elle fut enterrée. Dès le IVème siècle, une église y fut construite qui devint cathédrale dès le Vème siècle, date à laquelle l’Eglise de Géorgie fut pratiquement autonome.
Au début du siècle suivant, on y comptait déjà une trentaine d’évêques.
Sainte Nina fut choisie comme patronne de la Géorgie avec le titre d’Egale aux Apôtres. Selon la légende, saint André serait venu évangéliser la Colchide, région proche de la Géorgie.

Les Eglises d'Orient la fêtent le 14 janvier. L'Eglise en Occident en fait également mémoire le 15 décembre. Ce que nous connaissons sa vie, nous le devons à Rufin (dans l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe). Cet auteur donne quelques détails sur la conversion de l'Ibérie,
(Géorgie orientale).


Sources : RR PP Pères Bénédictins de Paris, Vie des saints et bienheureux, Letouzey et Ané, Paris, 1954
Internet : Wikipedia et Nominis[/u][/SIZE]

Saint Jean Damascène

Posté le 23.11.2007 par orthodoxie
Jean Damascène
Vers 650 – vers 750

Fêté le 4 décembre

Originaire d’une grande famille arabe et aisée de Damas, Jean naquit 18 ans après la mort de Mahomet. Il reçut une éducation grecque solide et possédait une bonne connaissance de l’arabe et de l’Islam. Collaborateur de son père, qui occupait un poste officiel important sous le calife, celui-ci le chassa en 720 lorsqu’il décida d’islamiser l’administration, exigeant des chrétiens de renier leur foi. Ses démêlés avec l’empereur iconoclaste Léon III le poussèrent à se retirer au monastère de la Laure de saint Sabas en Palestine. Ordonné prêtre par le patriarche de Jérusalem Jean (705-735) avant que n’éclate la controverse iconoclaste, il enseignait au monastère, prêchait à Jérusalem, conseillait des évêques, consacrant une grande partie de son temps à la rédaction de ses œuvres. Très estimé, le concile de Nicée (787) le déclara vénérable et en 1890 il fut promu docteur de l’Eglise par le pape Léon XIII. Sur les icônes il est représenté avec un turban pour signifier ses origines arabes.

Ses œuvres.
Les écrits de Jean Damascène embrassent tous les domaines de la théologie : dogme, exégèse, ascèse et liturgie. Il est cependant davantage un compilateur qu’un créateur. Il est très clair à ce sujet : έρώֹέμονֹμεν ούδένֹ (« je serai mien en vérité en rien, en vérité rien ne sera de moi »). Il est cependant considéré comme le plus grand des théologiens byzantins. On admire son art de la compilation et lui-même ne cherchait pas à redire ce que d’autres avaient déjà bien exprimé. Son œuvre de synthèse annonce celle de Saint Thomas d’Aquin. Les thèmes sur lesquels il insiste sont la fidélité à la foi de Chalcédoine, la liberté humaine et la théologie de l’image.
Son principal ouvrage dogmatique, La Source de la Connaissance, comprend trois parties. La première constitue un enseignement philosophique, la deuxième l’histoire des hérésies et la troisième l’Exposition de la foi orthodoxe. Celle-ci constitue une synthèse remarquable de la doctrine chrétienne. De nombreux autres ouvrages lui sont attribués, mais d’une authenticité parfois douteuse.
Il ne faudrait pas en conclure que Jean Damascène n’a rien écrit de personnel. Relevons ses sermons célèbres, notamment sur la Transfiguration de Notre Seigneur et sur la Dormition de la Mère de Dieu. Dans ses nombreuses hymnes liturgiques, il a le charisme d’inviter à la joie en dégageant l’essentiel du mystère. Il fut un ardent défenseur des icônes avant que n’éclate la controverse à ce sujet.
Un petit extrait du sermon sur la Transfiguration nous invite à lire plus profond dans le mystère qui nous est révélé :
" Aujourd'hui se manifeste ce que des yeux de chair ne peuvent voir : un corps terrestre rayonnant de la splendeur divine, un corps mortel manifestant la gloire de la divinité. Car la Parole s'est faite chair et la chair Parole, bien que celle-ci ne soit pas sortie de la nature divine... Les choses humaines deviennent celles de Dieu, et les divines celles de l'homme... Le Thabor jubile et se réjouit, montagne divine et sainte... car elle rivalise en grâce avec le ciel. Là, les apôtres choisis voient le Christ dans la gloire de son Royaume. Là, la résurrection des morts est manifeste à leur foi et le Christ se montre Seigneur des morts et des vivants, lui qui fait paraître Moïse d'entre les morts et qui prend pour témoin des vivants Élie le cocher au souffle de feu. Là, les chefs des prophètes prophétisent encore, annonçant l'exode du Seigneur à travers la croix. [...]. Maintenant tout ruisselle de lumière et de clarté.
Jadis, Moïse entrait dans la nuée divine [...]. Et, alors, Israël ne pouvait regarder intensément la gloire pourtant passagère du visage de Moïse ; mais, nous, le visage découvert, nous contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, " transformés de gloire en gloire comme par l’Esprit du Seigneur ».

Doctrine spirituelle de Jean Damascène

Il écrit pour des moines et pour les chrétiens désireux de vivre les exigences de l’évangile et de s’engager dans la vie parfaite, qui, selon lui, recouvre essentiellement la vie monastique. Le moine peut y offrir à Dieu le fruit de la prière. Le silence est la mère de la prière et la prière est la manifestation de la gloire divine. Elle est ascension vers Dieu et permet d’anticiper la vie éternelle. La pureté du cœur et l’amour sont les conditions de l’union à Dieu. Pour cela il faut combattre les vices, racines d’une vie contraire à celle que Dieu désire pour nous depuis les origines. « La thérapeutique efficace des vices de l’âme, c’est la foi en Dieu, les vraies et infaillibles doctrines de l’orthodoxie, la méditation continuelle des paroles inspirées, la prière pure et ininterrompue et l’action de grâce à Dieu » (De virtutibus, PG 95, 92b). Libérée des passions, l’âme vit dès maintenant dans la vie éternelle. L’esprit vit en Dieu, dans la lumière divine où Dieu lui manifeste sa gloire, que Jean appelle contemplation ou vision de la Trinité ; ce n’est pas encore un retour au paradis, mais un avant-goût du ciel, le règne de Dieu dans l’âme. Jean laisse une très large place à la liberté humaine qui permet la collaboration (synergie) entre Dieu et l’homme. Il insiste sur la nécessité de la Rédemption par le Verbe incarné, la Passion et la Résurrection.
Il nous engage à fréquenter les saints qui sont parvenus à vivre les promesses de leur baptême et à réaliser ainsi leur vocation de ressembler à Dieu. La Vierge Marie est le premier exemple de cette perfection et la médiatrice de toute grâce pour nous. Il la chante avec lyrisme depuis sa préfiguration dans l’Ancienne Alliance jusqu’à sa Dormition et son Assomption dans les cieux.
« Par tout son être elle est la chambre nuptiale de l’Esprit, la cité du Dieu vivant…, toute entière proche de Dieu. Car dominant les chérubins, plus haute que les séraphins, proche de Dieu, c’est à elle que cette parole s’applique » (676d, SC 80, p.72-73).
Celle qui avait hébergé le Verbe divin en son sein devait être logée dans la demeure de son Fils. (…) là est la demeure de tous ceux qui sont dans la joie (Ps.86, 7) (2me homélie sur la dormition).

Sources : Dictionnaire de Spiritualité, Beauchesne, Paris, 1972
Marie-Anne Vannier, dans Esprit et Vie n° 20, octobre 2000[/SIZE]

Saint André

Posté le 15.10.2007 par orthodoxie
[SIZE=14]L’Apôtre André
Phanar – Istanbul

Saint André, apôtre
Patron de l’Ecosse et de la Russie
Fêté le 30 novembre

André vient du grec Andreas qui signifie « viril, beau, courageux ». Seuls les évangiles synoptiques en font mention à quelques reprises, sa ns satisfaire vraiment notre curiosité…
Saint Marc inaugure la prédication de Jésus par l’appel des deux premiers disciples : Simon et André, son frère, alors qu’ils étaient en train de jeter leurs filets à la mer (Mc. 1, 16-18). Ils habitent à Capharnaüm, où Jésus, sortant de la synagogue, s’en vient guérir la belle mère de Simon dans leur maison (Mc. 1, 29). Selon Marc, André est l’un des quatre qui avec Pierre, Jacques et Jean, questionnent Jésus sur la destruction du Temple (Mc.13, 3-4).
Saint Matthieu reprend le récit de Marc. Jésus appelle Pierre et André ensemble au moment où ils sont en train de jeter leurs filets dans la mer. Ils le suivent sans tarder (Mt. 4, 18-20). Saint Luc mentionne André parmi les douze que Jésus choisit parmi les disciples après avoir prié dans la montagne. Pour lui, pas d’ordre chronologique dans l’appel. (Lc 6, 12-16). Ce qui importe, c’est leur mission. Luc les appelle : Apôtres ; « envoyés » pour porter la bonne nouvelle à tous.
Saint Jean nous donne davantage de détails sur la naissance de sa vocation. Disciple de Jean Baptiste, il serait le premier appelé (« protoclite », selon le nom grec dont l’honore l’Eglise Byzantine). Au passage de Jésus, le Baptiste le désigne comme « L’Agneau de Dieu ». Aussitôt, à l’écoute de cette annonce, André et un autre disciple, probablement Jean, suivent Jésus. Par une question, ce dernier éveille leur désir profond : « Rabbi, où demeures-tu » ? Jésus alors les invite à demeurer auprès de lui : « Venez et voyez ». Rencontre, communion sur lesquelles l’évangéliste garde le silence. Dans son enthousiasme d’avoir trouvé le Messie, André s’empresse dès le lendemain de partager son expérience à son frère Simon qu’il amène à Jésus. Comme Philippe, André et Simon sont originaires de Bethsaïde en Galilée au nord du lac de Tibériade (Jn. 1, 40-42). Lors de la multiplication des pains (Jn. 6, 8-9), la foi de l’apôtre est mise à l’épreuve. Cependant, il fait confiance et présente au Seigneur l’offrande du pauvre, d’un enfant muni de cinq pains d’orge et de deux poissons. Avec Philippe il servira de médiateur entre les Grecs qui veulent voir Jésus et le Seigneur (Jn. 12,20-22). Déjà le voilà rempli de zèle missionnaire, comme au lendemain de la Pentecôte. C’est cet aspect de la personnalité d’André, l’un des quatre colonnes de la première communauté, que l’évangéliste met en avant dans les récits le concernant.
En dehors des récits évangéliques, nous n’avons plus de traces écrites de l’apostolat de saint André. Après la Pentecôte, chacun des apôtres partit évangéliser une partie du monde connu. Selon des sources difficiles à vérifier, André serait parti vers la Mer Noire, l’Asie Mineure, la Thrace, la Macédoine et plus au nord notamment l’Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, parcourant également la Turquie, la Géorgie et la Russie. Il serait remonté le long du Dniepr, de Kiev jusque Novgorod. Sur le chemin de retour, en Turquie, il convertit les habitants de la petite ville de Byzance. Il y fonda une Eglise dédiée à la Mère de Dieu et y établit Stachys, l’un des septante disciples, comme évêque après lui. Grâce à André et Pierre, les deux frères, un lien s’établit entre l’Eglise de Rome et celle de Byzance, appelée Constantinople par la suite, et Istanbul aujourd’hui. Selon la tradition, il arriva ensuite à Patras, en Achaïe, où il fut martyrisé sous l’empereur Néron en 60. Le proconsul du lieu, Egée, refusa d’entendre la bonne nouvelle de l’Evangile et ordonna de le fixer par des cordes à une croix, afin que sa mort fût plus lente. Il y demeura attaché pendant trois jours, annonçant l’évangile du haut de sa croix. Puis, il pria ainsi : « Accueille-moi, mon Maître, ô Christ, que j’ai aimé, que j’ai connu, que je désire voir….Reçois mon âme, Seigneur Jésus-Christ ».
En 1462, le pape Pie II reçut d’Orient le crâne du saint. Il fut placé dans la Basilique Saint Pierre avec son frère. En septembre 1964, le pape Paul VI créait la surprise en restituant à l'église de Patras, en Grèce, le chef de saint André. Geste d'amitié et de fraternité à l'égard de l'Église orthodoxe grecque et de son patriarche. (Interface n° e-87 Septembre 2002- J.Siat et P .Fransen)
La liste des patriarches de Constantinople cite l’apôtre André comme fondateur de l’Eglise de Constantinople en 38, suivi par l’apôtre Stachys. L’actuel patriarche Bartholomée est le 270me successeur de saint André.
En Angleterre, environ sept cents églises sont mises sous le patronage de saint André. En France, il vient de suite après les saints Pierre et Paul. C’est dire l’impact qu’il a eu aussi en Occident malgré l’absence de documents écrits.
La croix de saint André.
Lors de sa visite auprès du patriarche Bartholomée en 2006, Benoît XVI déclara : « Une tradition successive, comme nous l’avons mentionné, raconte la mort d’André à Patras, où il subit lui aussi le supplice de la crucifixion. Cependant, au moment suprême, de manière semblable à son frère Pierre, il demanda à être placé sur une croix différente de celle de Jésus. Dans son cas, il s’agit d’une croix décussée, c’est-à-dire dont le croisement transversal est incliné, qui fut donc appelée « croix de saint André ».
Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Sources : Vie des saints et bienheureux – RR PP Bénédictins de Paris – Letouzey et Ané – Paris – 1954
Catholicisme – Hier - Aujourd’hui- Demain – Letouzey et Ané – Paris - 1948
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