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Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc valere.depryck@scarlet.be
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Date de création :
20.09.2006
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Saint Grégoire le Sinaïte

Saint Grégoire le Sinaïte

Posté le 22.03.2007 par Valère De Pryck
Grégoire le Sinaïte
(1255 –1346)
Fêté le 6 avril
Grégoire est né en Asie Mineure, non loin de Clazomène, près de Smyrne, dans un petit village dénommé Kukula. Ses parents, riches et, de plus, vertueux, firent instruire leur fils dans la philosophie grecque et dans les vérités des saintes Écritures.
Les Turcs qui ravageaient l’Asie Mineure sous le règne d’Andronic Paléologue s’emparèrent du village de Grégoire et il fut emmené en captivité à Laodicée. Les chrétiens de Laodicée, sensibles au sort de leurs frères, payèrent une rançon aux Turcs et les captifs furent libérés. Grégoire gagna Chypre puis le Sinaï, d’où il ramena son surnom. La jalousie s'installant entre les moines du monastère de Sainte Catherine, il préféra le quitter plutôt que de briser l'unité. Après un pèlerinage en Terre Sainte, il découvrit une grotte pour se retirer dans l'île de Crète. Il préféra finalement le Mont-Athos au monastère de Philotheou où il put pratiquer l'hésychia et la prière contemplative. Il y rencontra un pieux ermite, Arsène, qui l’initia à la vie monastique. Il passa par plusieurs autres endroits pour fonder finalement le centre du Mont Parorée. À nouveau inquiété par les Turcs, il dut s’enfuir, mais protégé par le tsar bulgare Jean Alexandre, il put y revenir et y mourir le 27 novembre 1346. Un de ses disciples du Mont Athos, Calliste, futur patriarche de Constantinople, devint son biographe
Ses œuvres et sa spiritualité
Ses écrits sont peu nombreux. On trouve sous sa plume des « pensées diverses », mais pas vraiment un traité. Sa doctrine se trouve dans les Cent trente-sept chapitres ou méditations spirituelles. Il enseigna comment redécouvrir l’ « énergie » baptismale et percevoir la lumière divine. Il a surtout impressionné par sa vie et ses exemples. À la fin du 13me siècle, suite à une période de relâchement, un renouveau de la prière hésychaste fut nécessaire. Le formalisme des exercices l’avait emporté. Il montra la finalité à poursuivre : l’union à Dieu et l’illumination intérieure par la contemplation. La prière du cœur y occupe la place centrale. Il détaille les effets de cette prière : la chaleur, la joie…. Mais il y souligne également de façon claire le caractère relatif de cette technique de prière. Il s’inspire de Jean Climaque et de Syméon le Nouveau Théologien qui avaient déjà développé ces notions au XIème siècle. Ce qui est nouveau chez lui, c’est l’insistance sur l’invocation du Nom de Jésus. Invocation qui, pour les hésychastes, devient l’expression de l’union affective de l’âme au Christ. Il distingue deux formes de prières. La première, surtout utilisée par les débutants consiste à psalmodier. Les progressants n’ont pas besoin de psaumes mais de silence, de prière continue et de contemplation pour accéder à l’hésychia, « prière spontanée du cœur qu’il faut laisser jusqu’à ce qu’elle t’abandonne d’elle-même. Alors reviens à la psalmodie dans la solitude, récite le Trisagion* et la prière du Seigneur ». Grégoire adapte ses conseils à la vie de chaque moine depuis le débutant jusqu’à celui qui est avancé dans la vie spirituelle. Pas de précipitation mais de la persévérance, conseille-t-il. Dans le domaine de la nourriture, pas d’ascèse excessive, loin de là. Pas de recherche raffinée mais, surprise, deux verres de vin et trois verres d’eau, tout en usant sobrement de ce que donne la Providence. Irénée Hausherr a présenté Grégoire comme le « missionnaire de la mystique hésychaste nouvelle ».
Quelques pensées
Le commandement qui les embrasse tous : le souvenir de Dieu : « Souviens-toi du Seigneur ton Dieu en tout temps » (Deut. 8,18). Le chrétien est « enseigné de Dieu » (Jn. 6,45). Il retrouve le Christ reçu par le baptême dans l’Esprit : « Ne savez-vous pas que l’Esprit habite en vos cœurs ? (I Cor. 6, 15). Grégoire met en garde contre certaines formes, figures, impressions de choses saintes, en un mot des phantasmes qui pourraient leurrer les débutants. Il faut s’efforcer de n’avoir en notre cœur que l’opération de la prière qui réchauffe, réjouit et consume l’âme d’un amour indicible pour Dieu et pour les hommes. Chez certains, cela se manifestera comme une lumière d’aurore, chez d’autres comme une exultation mêlée de tremblement, ou encore sous la forme de la joie, ou d’un mélange de joie et de crainte, parfois avec des larmes, etc. Le priant reconnaît les signes de la grâce de l’Esprit à ceci : les larmes, la contrition, l’humilité, la tempérance, le silence, la patience, la retraite et tout ce qui apporte un sentiment de plénitude et de certitude indubitable.

Grégoire le Sinaïte écrit pour des moines du XIVème siècle. À leur suite, religieux ou laïcs aujourd’hui, nous devons adapter à notre vie dans les cités, ce qu’il y a de meilleur chez lui, c’est-à-dire la recherche de l’union au Christ. « Si des pensées étrangères te perturbent, fustige-les par l’invocation du Nom du Christ».
*Trisagion ou Trisaghion (n.m.) : (du grec, " trois fois saint ") Hymne liturgique où le mot grec agios revient trois fois : Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ; l’hymne est proprement considérée comme trinitaire
Valère De Pryck
Sources : Jean Gouillard, Petite Philocalie de la Prière du Cœur, Grégoire le Sinaïte, p. 176 – 197, Editions du Seuil, 1979
J.C. Lattès, Grégoire le Sinaïte, De l’hésychia et des deux modes de la prière Philocalie des Pères Neptiques, Tome II, pages 416 s.



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