Saint NICOLAS DE FLUE
1417- 1487
Patron de la Suisse
Fêté le 25 septembre
Nicolas voit le jour en mars 1417 dans le hameau de Flueli, près de Sachseln, au bord du lac de Sarnen, au pays d’Obwald. Son éducation se fit à la maison à travers des entretiens en famille et avec les voisins qui lui inculquèrent l’amour de la patrie. Apprécié par le peuple, il devint juge et conseiller cantonal. Mission accomplie avec un grand sens de la justice reçu comme un don divin, et avec beaucoup de charité.
Dès sa jeunesse, il se montra un jeune homme chaste, bon et vertueux, cherchant à vivre en paix avec tous. Souvent il se retira dans la solitude des champs pour s’entretenir avec Dieu. De son mariage à trente ans, avec Dorothée Wyss, âgée de 16 ans naquirent 5 garçons et 5 filles. Avec amour, Dorothée accompagna Nicolas dans sa quête spirituelle, et le soutint dans sa vocation très particulière.
Appelé à participer aux guerres (il fut appelé trois fois sous les armes) comme tout citoyen suisse, il veilla à causer le moins de dommage possible à l’ennemi.
Toujours, il fut un ascète. Mais le plus étonnant pour nous fut la suite de sa destinée. A l’âge de cinquante ans, après la naissance de son dixième enfant, âgé seulement de treize semaines et avec le consentement de son épouse, d’une grandeur de foi inébranlable, il quitta sa famille, laissant au fils aîné, qui y consent avec ses frères et ses sœurs, le soin de subvenir à tous les besoins. Il se retira dans un endroit proche, connu seulement de sa femme, le Ranft, pour y méditer la passion du Seigneur. Il lui permit ainsi qu’à ses enfants de venir le voir de temps en temps pour recevoir ses conseils bienfaisants. Son départ causa certes une grande souffrance, mais la famille resta unie.
Lorsque les habitants du village, divisés sur son choix de vie, virent sa détermination, ils lui construisirent un ermitage au Ranft, où il s’adonna à un jeûne très strict. Peu après, on y adjoignit une chapelle de sorte qu’il put quotidiennement assister à la messe. Ne sachant ni lire ni écrire, Dieu lui parla en songes et par des visions (l’étoile, le rocher, l’huile sainte, le lys, etc.). Le seul livre qu’il eut pour nourrir sa contemplation fut une grande icône appelée « Traité de la Roue » où sont représentés les aspects importants du Mystère du Christ, l’Annonciation, la Nativité, le baiser de Judas et la Croix jusqu’à l’Eucharistie. Placée dans la chapelle du Ranft, elle se trouve aujourd’hui dans l’église de Sachseln.
Sa réputation de sainteté se répandit, aussi l’évêque de Constance envoya son auxiliaire, Mgr Thomas, rendre visite à l’ermite et s’enquérir discrètement sur l’authenticité de sa démarche spirituelle. Sur ordre de l’évêque, il lui fut demandé d’interrompre son jeûne et de manger trois morceaux de pain. Après avoir avalé le premier morceau, il fut pris de douleurs à l’estomac. L’évêque interrompit l’épreuve, convaincu de l’obéissance à l’Eglise, et de l’humilité de Nicolas, lesquelles sont signes de l’authenticité de toute vie mystique.
Le soir du 21 décembre 1481, les députés des cantons helvétiques se trouvèrent sur pied de guerre. Toutes les négociations avaient échoué. Dans la nuit, le curé de Stans, prêtre pieux et vénérable, vint trouver Nicolas dans son Ranft. Le lendemain matin, il parvint à rassembler tous les délégués leur apportant un message non divulgué de Bruder Klaus, capable de dissoudre les rancœurs accumulées et d’éviter la guerre civile. Une heure plus tard, tout fut réglé, les cloches purent sonner et un nouveau pacte, le « Covenant de Stans », fut signé. Ce fut la première charte constitutionnelle de la Suisse, dont frère Nicolas devint le fondateur au moyen de la paix. Par la suite, à différentes reprises, on fit appel à lui pour conserver cette dernière entre les nations. On ne peut qu’être étonné par l’influence sociale qu’exerça cet ermite ayant renoncé au monde. Veilleur, mystique il s’expose aux mystères divins pour en rayonner, comme Moïse descendant de la montagne. Beaucoup cherchèrent auprès de lui conseil et guidance pour leur vie. Il n’était pas homme de science mais homme de prière, cœur brûlant qui attire et conduit vers son Maître et Seigneur.
Dieu avait prédit à Nicolas qu’il mourrait à septante ans. Le 21 mars 1487, après une longue et douloureuse maladie, il demanda le saint viatique que le curé de Stans lui apporta. Après avoir communié et rendu grâces, il prit les mains de sa femme et de ses enfants et s’endormit.
Déclaré bienheureux en 1672, Pie XII le canonisa en 1947. Tous les Suisses vénèrent en lui le père de la patrie. Son épouse, femme d’une foi ferme et inébranlable, est également proposée pour rejoindre le calendrier des saints.
Voici une de ses prières favorites : « O Seigneur, enlevez tout ce qui m'éloigne de vous ! — O Seigneur, faites-moi don de ce qui mène à vous ! — O Seigneur, enlevez-moi à moi-même et donnez-moi tout à fait à vous !» Puissions-nous la faire nôtre afin que nous devenions peu à peu transparence du Seigneur auprès de nos frères et sœurs.
Sources : Philippe Baud, Nicolas de Flue, Cerf, 1993
Philippe Baud, Prier 15 jours avec Nicolas de Flue, Nouvelle Cité, 2002
O. Knecht, curé, Fribourg, 1946 (Internet)[/SIZE][/FONT][/FONT]