Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Joseph L'Hymnographe
816-886
Fêté le 4 avril
1°) Vie.
Joseph naquit vers 816, probablement à Palerme. Lors de la prise de cette ville en 831, il fut obligé de fuir sa patrie avec ses parents pour chercher refuge au Péloponnèse. A quinze ans il se rendit à Thessalonique où il entra au monastère du St Sauveur, tou Latomou, où il travailla comme calligraphe. Il était d'une conduite exemplaire et sa communauté le présenta à l'archevêque de Thessalonique pour l'ordination sacerdotale avant qu'il n'ait atteint l'âge canonique (trente ans à cette époque). Le hiéromoine* attira l'attention de Saint Grégoire le Décapolite, son maître, qui obtint de l'higoumène* de Latomou la permission d'emmener Joseph à Constantinople (vers 840). Joseph y vécut en reclus aux côtés de Grégoire dans l'église Saint-Antipas, un centre iconophile.
En 841, en pleine querelle iconoclaste, Grégoire le Décapolite envoya son disciple Joseph au pape Grégoire IV pour lui exposer la situation de l'Eglise orientale. Au cours du voyage, des pirates arabes l'incarcérèrent dans l'île de Crète. Dans sa prison il convertit un évêque iconoclaste et prépara d'autres détenus à subir chrétiennement la peine capitale. Il fut libéré à la suite d'une intervention merveilleuse de Saint Nicolas, jointe au paiement d'une rançon d'amis. Il revint à Constantinople, après avoir recueilli des reliques de l'apôtre Barthélemy. Malheureusement son maître et ami Grégoire était mort. Peut-être arriva-t-il à temps pour assister au triomphe de l'orthodoxie en mars 843. Il reprit sa vie de reclus à Saint-Antipas en compagnie d'un autre disciple du Décapolite, l'ascète Jean. Après la mort de Jean, il se fixa près du tombeau (ou église) de Saint Jean Chrysostome. Le nombre de ses disciples augmenta. Après avoir fondé un monastère, il construisit une l'église en l'honneur de l'apôtre Barthélemy et de Grégoire le Décapolite. Il y transféra leurs reliques. Il eut encore des déboires avec Photius, patriarche de Constantinople, celui-ci fut condamné au concile œcuménique du même nom. Joseph y avait été envoyé pour escorter les légats pontificaux d'Adrien II. Photius finit par se soumettre et reçut un second patriarcat. Par la suite, Photius tint en haute estime Joseph et le recommanda comme guide spirituel aux membres les plus élevés de son clergé. Sous Photius, il avait été nommé gardien des vases sacrés et du trésor de Sainte Sophie. Sentant sa fin proche, il se rendit chez le patriarche pour lui remettre la liste où étaient inscrites toutes les propriétés de son bercail. Il rendit son âme à Dieu le 3 avril 886.
2. Œuvres
Joseph passe pour avoir composé plus de mille canons, lesquels embrassaient huit à neuf mille odes. Il a célébré par des hymnes et des chants les prouesses et les victoires de nombreux disciples du Verbe. L'incarcération en Crète vit déjà ses premières œuvres. Plusieurs centaines de canons portent le nom de Joseph fixé par l'acrostiche*. On a discerné chez lui une prédilection pour les motifs lumineux. Son enthousiasme se veut communicatif: il porte à l'adoration des mystères du salut. Il éveille la confiance et stimule la ferveur. Au fil de ces litanies tout le vocabulaire de la spiritualité byzantine défile. Jean Diacre, qui vécut au Xme siècle, écrit que tant d'âmes ont été séduites par les sirènes spirituelles que sont les suaves mélodies de Joseph. Que de larmes pénitentes il a fait couler par ses poèmes!...Combien il en a convaincu de dire adieu au monde et aux mondanités pour embrasser la vie monastique! Que de femmes il a engagées dans la vie de virginité, les invitant à garder leur lampe toujours allumée afin d'escorter le Christ époux au premier appel de la voix déchirant le cœur de la nuit! (Jean Diacre, Discours…, 25-27,PG 105,964-965)
Source: R.P. Bénédictins de Paris, Vies des Saints et Bienheureux, Letouzey et Ané, 1941
*hiéromoine: moine prêtre
*higoumène: supérieur de monastère
*acrostiche: pièce de vers composée de telle sorte qu'en lisant dans le sens vertical la première lettre de chaque vers on trouve le nom de l'auteur ou celui du dédicataire
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Invention du Chef de Saint Jean Baptiste
Fête le 24 Février
Nous fêtons en ce jour l’invention du chef de Saint Jean Baptiste. Il y a de nombreuses fêtes du Baptiste. La décollation se célèbre le 11 septembre. Sa fête le 7 janvier. Tout cela souligne son importance. De même le Précurseur se trouve toujours sur les icônes de la Déisis avec Marie, la Mère de Jésus. Pendant ce carême et nous invite à la conversion, la metanoia, le retournement du cœur.
Encore dans le sein d’Elisabeth, sa mère, il vivait déjà en symbiose avec le Christ : « Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein » (Lc. 1, 41)
L’annonce de l’ange le voit consacré au Seigneur, prophète, rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère. Jean Baptiste comme Jésus seront tous les deux un pur don de Dieu.
Lors de la rencontre de Marie et Elisabeth, le Baptiste tressaillit dans le ventre de sa mère. Luc emploie le verbe grec « skirtaô » pour exprimer la danse de David devant l’Arche d’Alliance. Ici Marie est la nouvelle Arche d’Alliance. Alors Elisabeth prononça la première prophétie du Nouveau testament devant Zacharie encore muet : elle reconnaît le Seigneur (la mère de mon Seigneur) (Lc. 1,42) et proclama la béatitude de la foi : « Heureuse es-tu d’avoir cru ». Marie prononça ensuite la deuxième prophétie, réplique du Cantique d’Anne où tout est maintenant adoration et action de grâces et elle se proclama « servante et pauvre », mission future de l’Eglise.
Lors de cette Visitation, Jean Baptiste fut rempli de l’Esprit Saint.
Zacharie, à la naissance de Jean, proclama, la langue déliée, la troisième prophétie. Il annonça la mission du Précurseur : « marcher devant le Seigneur et préparer ses chemins » ;
La vie du Baptiste se passa dans les solitudes du désert. (Lc. 1, 80) L’hypothèse, suivant laquelle Jean aurait appartenu à la communauté de Qumran est fragile car il en est trop différent : solitaire mais aussi homme public qui parle en prophète. Il se déplaçait, e.a. à Aenon (Jn. 3, 23) Son baptême de conversion était donné une fois pour toutes. Fils de prêtre, Jean était destiné à devenir prêtre. Sa mission prophétique l’éloigna du Temple pour une vie de prière dans la solitude du désert « lieu de séduction où Dieu parle au cœur » (Os. 2, 16) Là, il pressentit celui qui devait venir, mais il ne le connaissait pas encore. (Jn. 1, 32) Son expérience du désert, mûrie en union avec Dieu, lui permettra de reconnaître le Sauveur comme « l’Agneau de Dieu ». (Jn. 1, 36)
Cette expérience devint sa mission. Il prêcha, proclama, témoigna dans une tenue qu’aucun couturier n’a exploité. Le succès était au rendez-vous : « Tous allaient vers lui ». (Mt.3, 5 ; Mc. 1,5 ; Mt.3, 5) Et, il ne mâchait pas ses mots, le ton était sévère « engeance de vipères » (Lc. 3, 7). Dans un message apocalyptique il parlait de « colère « et de « hache ». Pourtant il ne recrutait pas, il invitait chacun dans l’état où il se trouvait à vivre dans la « justice et la sainteté ». (Lc.3, 13-14). Comme chez tous les prophètes, le langage eschatologique de Jean est ambigu en ce sens que la projection dans le futur est imprécise. Le prophète ne distinguait pas toujours l’avenir immédiat : la venue du Sauveur et l’avenir lointain : le jugement dernier. Jean mélange « Celui qui baptise dans l’Esprit Saint et le feu » et celui qui « tient le fléau » du jugement dernier. Le but était néanmoins atteint : son discours appelait la « conversion du cœur » le plus vite possible.
Jean dévoilera Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu », victime immolée pressentie en Isaïe 53, 7-12. Bien sûr, Jean connaissait son cousin Jésus avant tous ces événements, mais pas encore comme Messie et Seigneur. C’est dans l’ascèse du désert que Jésus a pris son vrai visage pour lui : « Et moi, j’ai vu et j’atteste : C’est Lui, le Fils de Dieu » (Jn. 1, 34)
Lors de son baptême, Jésus est dévoilé comme le Fils bien-aimé. Sa vie cachée est terminée, sa mission commence. Jean Baptiste se retire, lui, l’ami de l’époux, comblé de joie, avant l’épreuve de son emprisonnement et de son martyre. Comme les prophètes Elie et Elisée en leur temps, Jean avait reproché à Hérode son union illégitime avec Hérodiade, la femme de son frère. A cause de cela, celle-ci lui vouait une haine sans pareille et cherchait une occasion pour le faire mourir. Hérode fit emprisonner Jean. Dans la solitude, il endura l’épreuve de la nuit spirituelle, ce fut l’heure de la dernière tentation, celle du doute, car ce qu’il avait entendu dire de Jésus était choquant. D’où sa question : « Es-tu celui qui doit venir, ou… ? » Il avait entrevu un messie juge, destructeur du mal, triomphateur : Dieu lui donnera le trône de David, son père. (Lc .1, 33) Jésus lui fit répondre : « les boiteux marchent, les aveugles voient. Heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet ». (Lc. 7, 22-23)
Mais le jour favorable allait se présenter pour Hérodiade. A l’occasion d’un banquet, sa fille Salomé, dansa pour égayer la fête. Hérode, très touché et troublé par sa danse, lui proposa de demander tout ce qu’elle voulait en récompense. Salomé alla consulter sa mère, Hérodiade, qui ne manqua pas cette occasion unique pour demander la tête du Baptiste. Ne pouvant se rétracter devant tant de convives, Hérode fit décapiter Jean dans sa prison.
Sources : René Laurentin, Petite Vie de Jean Baptiste, Desclée de Brouwer, 1993
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

SYMEON, LE NOUVEAU THEOLOGIEN
Syméon est né en 949 à Galate, petit ville d’Asie Mineure. Ses parents appartenaient à la noblesse provinciale. Il refusa une carrière à la cour et interrompit ses études pour prendre contact avec le célèbre monastère de Stoudios où en 963 il fit la connaissance de Syméon le Pieux (ou le Studite) qui lui donna le désir et le goût de la vie parfaite. Après une première grâce mystique, il ne se retira pas au monastère mais mena quand même une vie dissolue de vices. Dieu le retira de cette boue et il alla rejoindre son Père spirituel au monastère de Stoudios en 977. Il n’est pas accepté par la communauté et reste confié aux soins de Siméon le Pieux tout en étant transféré au monastère de Saint Mamas. Là, l’higoumène l’ordonne prêtre en 980. Au décès de celui-ci Syméon le remplace à la tête du monastère. Il relance la vie intérieure en même temps qu’il relève les bâtiments. Cette discipline entraîna la révolte d’une trentaine de moines qui furent exilés par le patriarche Sisinnius (996-998)
De 1003 à 1009 il vécut une période difficile où il se démit «librement »( ? !) de sa fonction. En effet, Etienne, métropolite de Nicomédie, jaloux, invoqua le culte adressé à Syméon le Pieux par Syméon. De plus il resta un point faible de sa spiritualité : la question de la vision de Dieu dès cette vie et l’inspiration personnelle. Il a sans doute eu le tort d’affirmer comme une règle pour tous la possibilité de la vision de Dieu ici bas dans la vie spirituelle. Mais comme beaucoup d’autres grandes âmes il eut à endurer la méconnaissance de ses pairs et à être désavoué par ses supérieurs.
Relégué à Chrysopolis (Scutari) en un lieu nommé Paloukiton à l’oratoire de Sainte Marine, sur la côte d’Asie, il y mourut entouré de quelques disciples, bien que réhabilité par le Patriarche.
Son œuvre et sa doctrine.
Il a écrit beaucoup mais d’une façon un peu décousue. Son idée n’était pas de faire un manuel de spiritualité mais de communiquer fondamentalement son expérience vécue de Dieu. Il n’a rien d‘un novateur. Il se réfère à son expérience de directeur spirituel et à sa propre expérience mystique. Quelles que soient les objections portées sur certains points de vie spirituelle, Siméon est une âme qui a atteint les sommets de la perfection chrétienne. Le cerner exactement, même les plus spécialisés n’y parviennent pas. Nous pouvons dégager les grands thèmes de sa vie intérieure dans laquelle il nous entraîne comme un bon père spirituel. Ses hymnes surtout aideront à le faire de même que quelques autres traités.
La soif de son âme.
Par une première expérience mystique à 20 ans il fut séduit par la beauté du Christ qui l’entraîne au cœur du mystère de la sainte Trinité. Toute sa vie l’impossibilité d’assouvir sa soif de Dieu le travaillera. Toujours il sera à la recherche du Christ avec « un cœur plein de larmes ». Il veut faire partager à tous les merveilles qu’il a contemplées et prend en même temps une conscience de plus en plus vive de son état de pécheur. C’est à l’intérieur de lui-même qu’il découvre la splendeur divine.
Lumière inaccessible
Dieu est un mystère inaccessible dont nous percevons les éclats de son resplendissement. Il voudrait étreindre l’incorruptible, le connaître intimement et c’est l’illumination de l’Esprit qui l’y conduit. « A ceux qu’il éclairera par son illumination, il accorde de voir ce qui se trouve dans la lumière divine ». (Hymne 29)
Transformé en Christ
Syméon a été saisi par le Christ dans une vision de lumière et depuis lors il vécut dans une intimité avec Lui. Le christocentrisme de Syméon est perceptible dans toute son œuvre. « C’est le Christ qui, pour toi, deviendra tout.(Catéchèse 2) Il a rencontré le Christ et fut transformé par lui. D’un long regard amoureux il contemple celui qu’il aime.
Vie nouvelle dans l’Esprit
L’Esprit Saint le conduit à la pleine maturité dans le Christ. Le Christ lui devient intime par L’Esprit Saint dans la mesure où il purifiera chaque jour davantage son cœur afin de livrer son âme à l’Esprit.
L’Eucharistie, là j’ai trouvé le Christ. (Hymne 19)
Il est devenu un avec le Christ. Il est divinisé, entraîné au cœur de la vie trinitaire. Dans cette union au Christ, tous nous formons un seul corps dont le Christ est la tête.
Tous invités à la sainteté. La joie, c’est de contempler ton visage. (Hymne 55)
C’est Dieu qui a l’initiative de nous relever de nos péchés. Nous avons un choix à faire qui engage dès maintenant notre éternité : une recherche inlassable de Dieu qui débouche sur la lumière. « Vraiment Il se révélera, vraiment il apparaîtra et il manifestera clairement pour vous sa lumière ». (Hymne 27) C’est cela la vie éternelle: une rencontre éblouissante dès maintenant qui fait de nous tous des fils de lumière parce qu’ils « ont reçu le Christ, se nourrissent du Christ, vivent en permanence dans la lumière du Christ pour aller au soir de la vie au-devant de l’époux et entrer dans la chambre nuptiale ».( Ethique 10)
Syméon n’a pas écrit de traité spécifique sur la prière, il était prière. Quelques versets de sa prière mystique nous montreront l’intensité de son désir.
« Viens, lumière véritable. Viens, vie éternelle. Viens, mystère caché….Viens, joie éternelle. Viens toi qu’a désiré et désire mon âme misérable…Viens ma joie, ma gloire, mes délices sans fin. Je te rends grâce d’être devenu un seul esprit avec moi…Je te rends grâce d’être pour moi devenu lumière sans couchant, soleil sans déclin. (Prière Mystique)
- Syméon le Nouveau Théologien – Prière Mystique – Foi Vivante n°195
- Syméon le Nouveau Théologien – Chapitres théologiques gnostiquse et pratiques –Ed du Cerf 1996
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

SAINT EPHREM
Diacre, fêté le 28 janvier
Roi céleste, consolateur, Esprit de Vérité
Toi qui es partout présent et qui remplis tout,
Trésor des biens et donateur de vie,
Viens, fais ta demeure en nous,
Purifie-nous de toute souillure,
Et sauve nos âmes, toi qui es bon.
Ephrem est appelé «La Harpe du Saint Esprit ». Sa prière ci-dessus est connue dans le monde orthodoxe et byzantin. Elle commence chaque journée et chaque action sous le souffle de l’Esprit. Saint Ephrem naquit à Nisibe en 306 et mourut à Edesse le 9 juin 373. Sur sa vie, l’on connaît peu de choses avec certitude. Il eut pour père un prêtre païen qui le chassa de sa maison lorsqu’il se convertit au christianisme. A la fin de sa vie, il vécut une famine terrible à Edesse et joua un rôle important dans l’organisation des secours. Par humilité, il refusa l’ordination sacerdotale.
Son approche théologique se fait en tant que poète. Il «priait en vérité ». Il était d’une grande souplesse de vues pour tout ce qui ne touchait pas à l’orthodoxie, cependant il n’aimait pas les définitions dogmatiques. Elles sont un danger dans la mesure où elles imposent des limites, elles frisent même le blapshème pour lui, car c’est, en quelque sorte, vouloir comprendre l’incompréhensible, limiter l’illimité. Son approche théologique se réalise avec amour et émerveillement, même avec une pointe d’humour parfois, et là il est unique :
« Seigneur, mon sein est plein des miettes de ta table.
Au creux de mon habit il n’y a plus de place.
Conserve donc tes dons tandis que je t’adore.
Garde-les en dépôt au sein de ton trésor,
Pour me les donner en une autre occasion.
Il pourrait être le patron des écologistes, car, selon lui, usant mal de sa liberté, l’homme trouble l’ordre de la nature. Sa façon de parler des femmes est pleine de délicatesse et de respect e.a. parce que Jésus a séjourné dans le sein de Marie. « Pas de rédemption sans Jésus, et pas d’incarnation sans Marie ». Ephrem compose des hymnes spécialement pour qu’elles soient chantées par les femmes pendant la liturgie, et il les chantait avec elles.
Le style du monachisme syrien qu’il représente inspire sans doute les essais de monachisme urbain actuel, fenêtre ouverte sur une pastorale du 3me millénaire. Pour Saint Ephrem le retrait au désert n’est pas une nécessité absolue, mais la forme de monachisme qu’il vit se situe en milieu urbain ou rural assurant des services de charité en même temps que les services liturgiques. Ce premier engagement laisse cependant une porte ouverte pour rejoindre un monastère dans le grand désert pour ceux qui le désirent.
Sa spiritualité.
Ephrem la chante surtout dans ses poèmes. Cette forme littéraire lui permet de mieux vivre les mystères de la foi. L’émerveillement et l’amour le guident passant d’Adam comme personne individuelle, ou collective représentant la race humaine en général, au Christ, présent dans l’Eucharistie et l’Eglise. C’est avec un œil lumineux et un cœur pur qu’il est entraîné dans la louange, cause de croissance spirituelle. Il apprécie le silence de la louange muette, laissant «l’Esprit Saint intercéder par des soupirs indicibles. »
Au Paradis, le vêtement initial est une tunique de lumière, perdue à cause du péché, mais recouverte par le baptême comme robe de gloire. C’est cette robe qu’il chante de conserver pour entrer avec les invités au festin de noces du Paradis. L’objectif de l’Incarnation est de revêtir l’humanité (Adam) de la robe de gloire perdue. Par son baptême, le Christ dépose dans l’eau la robe de gloire dont seront revêtus tous les baptisés pour être des veilleurs jusqu’au jour des noces. Ce sont ceux qui n’auront pas gardé cette robe qui seront jetés dehors. (Mt. 22,2-14)
Les noces entraînent le thème de la chambre nuptiale du cœur. Là, celui qui communie rencontre le Christ, époux divin. Les fiançailles commencent ici-bas dans le temps de l’histoire et conduisent au repas des noces à la fin des temps qui appartient au temps sacré.
Sources : Sebastian Brock, L’œil de Lumière, Spiritualité Orientale n° 50, Abbaye de Bellefontaine
Olivier Clément, Trois Prières, Desclée de Brouwer, 1999
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Zoé, (Ζωή) en grec veut dire : vie, existence. L’icône représente Sainte Zoé, martyr à Rome. Elle est mentionnée dans l’ « Orthodox Church of America ».
Les saints et saintes signalés sont de simples chrétiens et chrétiennes qui, au début du christianisme, confessèrent leur foi, à l’époque des persécutions.
ZOE
Fêtée le 5 juillet dans l’Eglise latine
Le 18 décembre dans l’Eglise orthodoxe
Sébastien, citoyen de Narbonne, élevé à Milan, était un soldat apprécié des empereurs Dioclétien et Maximilien (284-305). Ceux-ci ignoraient son appartenance au christianisme. Chef de la garde impériale, il dissimulait sa foi afin de pouvoir mieux réconforter ceux qui étaient promis au martyre.
Apprenant que ses frères chrétiens, Marcellin et Marc, jetés en prison après avoir professé leur foi, étaient sur le point de fléchir, il alla trouver le trésorier impérial chez qui ils étaient enfermés et les encouragea au martyre. Sa parole stimula tous ceux qui l’entendirent. Ceux-ci virent son visage brillant comme celui d’un ange et ils entendirent un beau Jeune Homme lui dire « Tu seras toujours avec Moi ».
Zoé, l’épouse du geôlier Nicostrate, avait perdu la parole depuis six ans. Ayant entendu les encouragements de saint Sébastien, elle tomba à ses pieds et l’implora par ses gestes pour qu’il la guérisse. Le saint fit le signe de la croix et Zoé retrouva aussitôt la parole et glorifia le Seigneur Jésus. Ainsi St Sébastien parvint à convertir le greffier Nicostrate et sa femme Zoé. Tous ceux qui avaient assisté au miracle crurent et furent baptisés par le prêtre Polycarpe.
Ils partirent ensuite pour Rome sur l’invitation de l’évêque de Rome, St Gaius. Le prêtre Polycarpe les accompagnait pour réconforter les nouveaux convertis. Saint Sébastien y était aussi. Ils se rassemblèrent à la cour de l’empereur pour célébrer secrètement le service divin. Un autre chrétien, au nom de Castulus, les accompagnait. Mais le moment de souffrir pour leur foi approcha. Zoé fut arrêtée la première, le jour de la fête des apôtres, alors qu’elle priait au tombeau de Saint Pierre. Lors de son jugement elle confessa courageusement sa foi dans le Christ. Elle fut jetée dans une prison très obscure, refusant de sacrifier aux idoles. Elle fut pendue par le cou et les cheveux à un arbre, sous lequel on produisit une horrible fumée de fumier. Elle rendit ainsi l’esprit confessant le Nom du Seigneur. Son corps fut jeté dans le Tibre. Elle apparut en songe à St Sebastien pour lui annoncer son retour auprès du Père. Son époux, St Nicostrate, fut arrêté alors qu’il essayait, avec d’autres chrétiens, de récupérer le corps de Zoé. Refusant de sacrifier aux idoles lui aussi, il fut torturé. On lui attacha des pierres autour du cou et ensuite il fut jeté à la mer. St Sébastien fut le dernier à subir le martyre après avoir été interrogé personnellement par l’empereur Dioclétien.
C’est dans cette atmosphère de persécutions que Sainte Zoé, son époux Saint Nicostrate et beaucoup d’autres chrétiens vécurent et trouvèrent la mort en confessant leur foi au Seigneur Jésus.
ZOE
Fêtée le 2 mai
A Attilia en Pamphylie, Asie Mineure, les saints martyrs Exupère et Zoé, son épouse, Cyriaque et Théodule, leurs enfants, étaient au service d’un noble païen nommé Catullus sous l’empereur Adrien (117-138). Cyriaque et Théodule entraînèrent, malgré de grosses hésitations, leurs parents à pratiquer leur religion. A la naissance d’un fils, Catullus voulut les obliger de prendre part à un sacrifice d’idoles. Ils s’y refusèrent au nom de leur foi chrétienne. Ils furent, par ordre de leur maître, flagellés, torturés cruellement, et ensuite jetés dans une fournaise ardente où ils subirent le supplice du grill et rendirent leur âme à Dieu, vers 127.
ZOE
Fêtée le 13 février
Zoé, femme à la vie dissolue, paria qu’elle parviendrait à séduire St Martinien qui vivait depuis 25 ans dans le désert, où il s’était retiré à l’âge de 18 ans. Il ne vivait pas loin de la ville de Césarée en Palestine. Dans le silence, il s’adonnait à une vie ascétique. Il avait reçu le don de guérir les maladies et de chasser les démons. Une nuit, Zoé vint le trouver prétextant qu’elle s’était perdue dans la tempête. Il ne pouvait l’abandonner à son sort, la laissa entrer et s’enferma dans sa chambre. La nuit, elle changea ses habits, se fit une beauté, prête à tenter l’ascète. Le matin, il la renvoya tout en étant tenté par sa beauté, déterminé qu’il était à ne pas céder. Il alluma un feu et marcha sur les braises, disant : « Tu veux me brûler avec la tentation et me mener en enfer. Je ne le permettrai pas. Je veux brûler pour ma virginité et sauver mon âme ».
Zoé comprit sa malice. Elle se repentit et demanda au saint de la guider sur le chemin du salut. Il l’envoya à Ste Paule (fêtée le 26 janvier) à Bethléem. Elle y vécut comme nonne pendant 12 ans pratiquant une ascèse sévère jusqu’à la fin de sa vie.
Sources : - Vies des Saints et Bienheureux - Révérends Pères Bénédictins de Paris- Libr. Letouzey et Ané, 1949, Tome V Mai et Tome VII Juillet
- Bibliotheca Sanctorum, Instituto Giovanni XXIII della Pontifica Università Lateranense
- Histoire des saints - Tome II - La semence des martyrs 33-313 - André Mandouze - Hachette 1987
- OCA (Orthodox Chur,ch of America) sur Internet
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

[FONT=Times][SIZE=14]Paissij Velitchkovskij (1722- 1794)
Fêté le 15 novembre
Issu d’une famille nombreuse dont le père était prêtre, Païssij Velitchkovskij grandit à Poltava en Ukraine. Envoyé à l’académie de Kiev, l’enseignement prodigué par celle-ci le déçut profondément parce que trop proche de la scolastique latine et trop éloigné des Pères grecs et orientaux. Alors, il se retira dans la solitude d’un petit skite* de Roumanie accompagné par d’autres moines, chassés au temps de Pierre le Grand (1672-1725). De 1746 à 1763 il vint au Mont Athos, à la recherche d’un guide spirituel. Malgré cette époque très difficile, pauvres en guides spirituels, par les larmes et les pleurs, il progressa en vertu. A défaut de père spirituel, il suivit le conseil de Nil Sorskij : « Pratiquez les écritures et vous y trouverez la vie éternelle. ». Basile, un starets venu de Moldavie et arrivé au Mont, l’initia à la tradition de l’oraison mystique et de la vie ascétique des Pères grecs et plus spécialement des hésychastes du Mont Sinaï et du Mont Athos. Un jeune moine, Vissarion, lui demanda alors d’être son guide. Il le prit en ami, refusant ce rôle de guide, et ils marchèrent ensemble « une seule âme et un seul cœur ». Quatre ans plus tard, de nouveaux compagnons le supplièrent de les admettre auprès de lui. En conscience il ne pouvait refuser. Dans la pauvreté extrême, sans chaussures ni chemise, ils se mirent à construire les bâtiments nécessaires. Une fois de plus, les frères le supplièrent d’accepter d’être ordonné prêtre pour célébrer les offices. Agé de 36 ans, il accéda à leur demande. Dans leur skite tout était bien organisé. Païssij veillait à la beauté des offices. Une paix constante et sincère animait les frères. Lui-même était un père affectueux, bienveillant dans l’affectation des services de la communauté, guidé par une compassion et une amitié sincère à l’égard de chacun.
Confronté au nombre toujours croissant de frères d’une part et aux taxes imposées par le gouvernement turc d’autre part, ils émigrèrent en Moldo Valachie (Roumanie) où la communauté s’épanouit composée de 64 moines. Ils se fixèrent à Dragomirna en Bucovine. La pauvreté était encore extrême et ils furent aidés par les Boyards (membres de la haute aristocratie et de la Douma). Païssij y expérimenta « la prière intérieure » afin d’acquérir un cœur douloureux. Il traduisit en même temps, avec une grande rigueur, de nombreux Pères. Il corrigea aussi beaucoup de traductions erronées. Petit à petit, la communauté s’agrandit autour de lui pour atteindre la centaine de moines. Tous les moines s’adonnèrent à la prière mystique, tout en étant confiés chacun à un « ancien » afin de ne pas tomber dans les pièges des excès de mortification et celui des illusions. Païssij s’inspirait pour cela des œuvres de Nil Sorskij et ce faisant il renouait avec la tradition mystique du XVme siècle. Le tout gardait cependant un bel équilibre : vie liturgique, ateliers de travail manuel et des institutions sociales : en particulier un hôpital et une hôtellerie. Ses entretiens individuels avec les frères étaient très pacifiants. Il prit la défense de la Prière de Jésus, là où l’on demeure avec le Christ dans la profondeur du cœur. « Douce est dans le cœur la mémoire pure et constante de Jésus, et l’ineffable illumination qu’elle opère.» (St Marc, évêque d’Ephèse) La guerre russo-turque l’obligea à quitter la Roumanie pour la Moldavie où il ouvrit plusieurs monastères pour y accueillir bientôt plus de mille moines. Son rayonnement de sainteté fut à l’origine d’un vaste mouvement de restauration de la vie spirituelle russe. Dans la dernière période de sa vie, il exerça une influence spirituelle profonde sur le monachisme russe par ses lettres de directions et les conseils donnés aux nombreux moines et laïcs qui venaient le voir. Son souci constant concernant la beauté de la liturgie, le soin des malades, des vieillards et des errants était bien connu.
Ses dernières années furent assombries par les malheurs de la guerre entre l’empire russe, autrichien et turc. Durant ces années il livra un travail sans répit. A partir du 5 novembre 1794, sa santé se dégrada et il s’éteignit le 15 du même mois.
Le starets Païssij avait reçu la plénitude des dons du Saint Esprit en plus de ses dons naturels. Ainsi, il avait pu « rénover l’ordre monastique délabré, restaurer la vie communautaire en déclin, y enraciner la trois fois sainte obéissance, éclairer de son enseignement ceux qui étaient installés dans les ténèbres, et rendre intelligibles les livres patristiques et théologiques par leur correction et une nouvelle traduction du grec en sa langue ». (Tchetverikov)
Sa prière pour les siens : « Protège, Seigneur, ce petit troupeau et garde-le des loups qui le détruisent. »
Valère De Pryck
*skite : habitation monastique ou groupe d’habitations occupées par un ou plusieurs moines
Sources : Serge Tchetverikov – Le Starets Moldave Païssij Velitchkovskij – Spiritualité Orientale, n° 68 – Abbaye de Bellefontaine
E. Behr-Sigel – Prière et Sainteté dans l’Eglise Russe – Spiritualité Orientale n° 33 - Orient Contemporain– Abbaye de Bellefontaine
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Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Mémoire de notre Saint Père Théophore
SERGE DE RADONEGE
Thaumaturge et protecteur de la Russie
25 septembre
Saint Serge naquit à Rostov en 1313. Au baptême, ses parents Cyrille et Marie lui donnèrent le nom de Barthélémy. Dès le sein de sa mère il se mit à crier au cours de la liturgie : avant la lecture de l’évangile, au moment de l’hymne des chérubins et enfin au moment où le prêtre prononça « Ce qui est saint aux saints ! » Pendant sa grossesse sa mère se nourrissait exclusivement de pain et d’eau et vaquait à la prière. A l’école Barthélémy éprouvait des difficultés pour apprendre malgré toute sa bonne volonté. Accablé de cette faiblesse, il s’en ouvrit un jour à un moine âgé, un vieux staretz. Celui-ci lui donna un morceau de prosphore et lui dit que le Seigneur lui donnerait la compréhension des lettres. Barthélémy invita le staretz à rendre visite à ses parents. Après avoir partagé le repas familial, le staretz entra dans la chapelle familiale en prenant l’enfant avec lui. Le staretz lui ordonna de lire le psautier avec sa bénédiction. A l’étonnement général il lut le psautier correctement et distinctement. Avant de partir, le staretz laissa ces paroles énigmatiques à la famille : « Cet enfant va devenir la demeure de la Sainte Trinité et amènera une multitude à la compréhension de Sa volonté. »
Barthélémy fréquenta l’église avec ardeur, commença à lire la Sainte Ecriture et jeûna au pain sec et à l’eau, s’abstenant de toute nourriture le mercredi et vendredi. Il fit part à ses parents de son désir de s’engager dans la vie monastique. Ils hésitèrent, donnèrent leur accord et entrèrent eux-mêmes au monastère pour y mourir peu de temps après. Son frère Etienne, dont la femme était décédée, fit sa profession monastique au monastère de Khotov. Avec son frère Etienne, Barthélémy chemina longtemps dans les forêts pour trouver un endroit qui conviendrait au mieux à la vie ascétique. Ils le trouvèrent près de Radonège et y construisirent une église dédiée à la Sainte Trinité. L’higoumène Métrophane, invité, donna la tonsure monastique à celui qui s’appellerait désormais Serge. Il avait 24 ans (1337) Son frère Etienne le quitta pour un monastère à Moscou et Serge se trouva seul entouré de loups qui hurlaient autour de sa cellule. Un ours vint lui tenir compagnie. Pris de pitié il le nourrit. Le fauve s’éprit du père Serge qui se priva même de nourriture pour la lui donner. Il resta ainsi trois ans seul. Des zélateurs vinrent pour vivre sous sa direction spirituelle et chacun construisit sa cellule autour de l’église. L‘higoumène Métrophane vivait avec eux pour célébrer la liturgie.
A la mort de celui-ci, les frères supplièrent Serge de devenir higoumène et d’accepter d’être ordonné prêtre. Il refusa dans un premier temps, mais craignant le jugement de Dieu pour avoir abandonné les frères sans higoumène et prêtre, il finit par accepter d’être ordonné par l’évêque Athanase.
Au monastère la règle était très stricte et le silence absolu de rigueur durant la nuit, réservée à Dieu seul. Par des paraboles et sur un ton doux il instruisit les moines. La pauvreté était extrême. Le pain fut fourni par des bienfaiteurs anonymes et la voix du Seigneur lui prédit une multitude de disciples. Le patriarche Philotée envoya une lettre à Serge louant la vie vertueuse de celui-ci, mais l’invitant à instituer la vie cénobitique au monastère. Le patriarche cita le psaume : « Qu’y a-t-il de meilleur et de plus beau pour des frères que de vivre ensemble ? » (Ps. 132)
Serge introduisit la vie commune intégrale. Des bâtiments appropriés furent construits. Les moines accoururent. Serge introduisit l’hospitalité, nourrit les pauvres et donna l’aumône.
Son frère Etienne, revenu au monastère, s’indigna de ces changements. Certains moines quittèrent. Attristé, Serge ne rentra plus dans sa cellule mais s’éloigna du monastère. L’espoir de ceux qui attendaient son retour fut déçu.
Saint Alexis sentant sa mort proche remit sa croix en or autour du cou de Saint Serge, qui, refusant fermement de lui succéder, finit par accepter par obéissance. Ainsi il devenait le successeur de Saint Alexis.
Lorsque les hordes tatares déferlèrent sur la terre russe, il encouragea le grand Duc Dimitri Ivannovitch venu le consulter, à entrer en guerre contre les impies Tatares et lui promit la victoire. La bataille de Koulikovo était le début de la délivrance du joug Tatare.
Une nuit, pendant le chant de l’Acathiste à la Mère de Dieu, une voix lui annonça la visite de « La Très Pure » accompagnée des apôtres Pierre et Paul. Une lumière inhabituelle l’entoura, plus éclatante que le soleil. La Mère de Dieu toucha de sa main le saint prosterné à terre et lui dit : « J’ai entendu ta prière pour tes disciples et pour ce lieu. Dorénavant je ne quitterai pas ton monastère durant ta vie comme après ta mort, et je le protégerai. »
Six mois avant son trépas, le saint appela la communauté et la recommenda à Nicon. Lui-même entra dans la solitude pour se consacrer entièrement à la prière.
Pressentant la maladie, il convoqua ses frères une dernière fois, leur donna ses instructions et mourut le 25 septembre 1391 à l’âge de 78 ans.
Valère De Pryck
Sources : Internet. Vies des Saints
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Saint Panteleimon
Fêté le 27 juillet
Saint Panteleimon, Pantaleonta de son vrai nom, naquit vers 284 dans la ville de Nicomédie en Asie Mineure. Son père Eustargius était idolâtre, tandis que sa mère Eubula était chrétienne. Elle éleva son fils dans la foi chrétienne, mais elle mourut alors qu’il était encore jeune.
Son père l’éduqua ensuite dans le paganisme et l’envoya étudier la médecine. Garçon fort, habile et doux, il inspirait la paix et le bonheur à tous ceux qu’il rencontrait. Doué en médecine, il fut conduit par son maître Evfrosinos auprès de l’empereur Maximilien qui ordonna à Evfrosinos de l’instruire au mieux pour qu’il devienne le médecin du roi.
En même temps, Saint Ermolaos, prêtre de l’église de Nicomédie, qui voyait passer Pantaleonta chaque jour, entama avec celui-ci des conversations spirituelles. Elles révélèrent à Pantaleonta le vrai Dieu de Jésus Christ. Du vivant de sa mère, il était chrétien, disait-il, mais son père l’obligea à suivre les dieux païens, après la mort de son épouse. Ermolaos lui dit que s’il croyait de tout son cœur au seul vrai Dieu, avec Son aide il pourrait guérir tous les malades. Ermolaos continua à l’instruire dans la foi chrétienne. Un jour, il trouva sur son chemin un enfant mort à la suite d’une morsure d’une vipère. Pour lui, le moment était venu de vérifier ce que le Saint homme Ermolaos lui avait dit. Il fit cette prière au Seigneur : « Seigneur Jésus Christ, bien que je sois indigne de t’invoquer, si tu veux que je devienne Ton serviteur, montre Ta puissance. Que par le pouvoir de Ton Nom cet enfant se lève et que la vipère meure. » Sur le champ l’enfant se leva, comme sorti d’un profond sommeil, et la vipère se déchira en deux. Pantaleonta n’avait plus besoin d’autres preuves que le Christ était le vrai Dieu et il crut. Il alla trouver Ermolaos qui le baptisa, lui donna la sainte communion et l’instruisit dans les sacrements de l’Eglise. Il resta encore sept jours auprès de lui.
Il se mit alors à œuvrer pour convertir son père. Lorsque celui-ci vit son fils guérir un aveugle que les autres médecins avaient soigné en vain, il demanda le baptême pour lui et l’aveugle. Il mourut peu de temps après.
Ayant reçu un héritage important de son père, il distribua ses biens aux pauvres, aux veuves et aux orphelins et guérissait tous ceux qui vinrent à lui. Le seul salaire qu’il demandait était de croire que Jésus Christ était le seul vrai guérisseur, prédication qui le remplissait de joie.
Les autres médecins, jaloux, dénoncèrent auprès de l’empereur celui qu’il avait fait former avec tant de soins. Ils disaient que Pantaleonta guérissait les chrétiens et convertissait les païens. Comme preuve de ce qu’ils avançaient, l’aveugle guéri fut amené devant l’empereur qui essaya de le convaincre de ce que c’était les dieux païens qui l’avaient guéri et non pas le Christ par l’intermédiaire de Pantaleonta, mais en vain. Maximilien fit décapiter l’aveugle.
Ce fut ensuite au tour de Pantaleonta de se présenter devant l’empereur qui l’invita à sacrifier aux dieux selon le rite obligatoire dans l’Empire Romain. Il refusa et confessa le Christ Seigneur. Comme l’empereur Maximilien ne parvint pas à changer la foi de Pantaleonta, il ordonna qu’il soit torturé. Les différentes formes de torture n’eurent, miraculeusement, aucun effet sur lui. Le goudron chauffé resta froid autour de son corps, lorsqu’on attacha une pierre à son cou et qu’il fut ainsi lancé dans la mer, son corps flotta sur l’eau. Mis au milieu des fauves dans la fosse pour être déchiqueté, ceux-ci vinrent calmement lécher ses pieds et lui présentèrent la tête avides de caresses. Maximilien enragea et fit exécuter tous les animaux. Quelles qu’étaient les tortures auxquelles l’empereur fit soumettre le Saint, il n’endura aucune souffrance. Le Christ lui-même lui apparut plusieurs fois pour le soutenir.
L’empereur, subissant défaite après défaite, décida alors de faire décapiter et brûler Pantaleonta. Mais là encore plusieurs miracles se produisirent. Lorsque le bourreau voulut le décapiter, son glaive fondit comme cire. Voyant cela, les soldats tombèrent à genoux et crurent en Jésus Christ. Pantaleonta pardonna à ses bourreaux. Une voix vint du ciel et lui donna un nom nouveau. Il ne s’appellerait plus Pantaleonta (fort comme un lion) mais Panteleimon, ce qui signifie : le tout miséricordieux. Après avoir récité ses prières, il invita le bourreau à le décapiter afin de recevoir la couronne de gloire. On rapporte qu’après sa mort, l’olivier auquel le saint avait été attaché se mit aussitôt à fleurir et donner du fruit. L’empereur ordonna de couper l’arbre et de brûler le corps. Mais le corps du saint fut oint de myrrhe et enterré en secret par les chrétiens hors de la ville.
Saint Jean Damascène nous rapporte que ses restes furent transportés à Constantinople. Au 12me siècle ils furent emportés par les Croisés. Le Mont Athos en contient une partie. De sa tête s’écoule depuis 400 ans maintenant une huile qui guérit.
Saint Panteleimon est invoqué par les croyants malades. Son aide s’adresse plus spécialement aux infirmes et aux estropiés.
Sur l’icône, il est représenté avec une boîte de médicaments et une cuiller à la main. Les médecins et le personnel soignant le revendiquent comme saint patron.
Sources : Christina Dedoussis sur Internet
Russian Orthodox Church – Baltimore, USA -Internet
Valère De Pryck
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Saint Syméon le Stylite
390 - 459
Fêté le 1er septembre
Présenter un saint sous son aspect spectaculaire, c’est passer à côté de son message, ce serait comme vouloir présenter Jésus par l’épisode des marchands chassés du temple à coups de fouet. En 1964 Luis Buñel tourne un film : « Simon del desierto ». En 1952, George Lamb écrit un article à son sujet : « St Simeon Stylite ». Siméon continue donc à interpeller notre temps.
Pour certains, il est l’exemple parfait de l’homme qui inactif, non rentable, dit-on, aujourd’hui. Le décrire comme un extravagant qui passe trente-six ans de sa vie sur une colonne ne lui rend pas service, lui qui attira des foules à la conversion. Il n’est nullement un échec de l’humanité. Par son comportement il rejoint plus près de nous un Gandhi ou les fols en Christ de l’orthodoxie, comme Séraphin de Sarov. Il leur manque quelque chose, dirions-nous. A moins que ce soit nous qui passions à côté de l’Essentiel. Dans notre monde de violence, il est l’aigle qui fixe le soleil et vient nourrir l’âme occidentale hyperactive et vide de sens. Il nous donne une puissante injection qui pose le monde divin en premier. Siméon se retire vers le ciel à distance des foules, quelque peu exhibitionniste, posant un geste prophétique, radical comme François et Claire d’Assise quelques siècles plus tard en occident. Approchons-nous pour le découvrir et recevoir son invitation à « nous tenir tranquilles » dans la Présence.
Symeon naquit vers 390 dans le village de Sisa, près de Nicopolis, dans le nord de la Syrie. Son père l’envoya paître les brebis. Un jour, il y eut tant de neige que les troupeaux ne trouvant rien à brouter, il entra dans une église où il entendit le message des béatitudes. Pour les vivre, il quitta sa famille et le monde et entra au monastère tout proche où il resta deux ans. Il avait quinze ans. Voulant une vie plus ascétique, il alla au monastère de Telède, près d’Antioche, où, avec beaucoup de sagesse et dans une stricte observance, le moine Héliodore animait une communauté de plus de quatre-vingt moines. Siméon y demeura dix ans, surpassant chacun par son ascèse. Ne mangeant qu’une fois par semaine et, portant comme silice, une ceinture de feuilles de palmiers qui lui entaillait la chair, ses excès ne plurent guère aux autres moines qui le prièrent de quitter le monastère. Il se rendit dans la partie la plus sauvage de la montagne, trouvant là un puits asséché, il y descendit pour chanter les louanges du Seigneur. Après cinq jours, pris de remords, les moines de Telède partirent à sa recherche et finirent par le trouver en ce lieu connu seulement de quelques bergers.
Il ne sut rester au monastère et trouva une maisonnette en bas de la montagne en un lieu appelé Télanisse. Pendant trois ans il y vécut en reclus pour acquérir les vertus célestes. Comme Moïse, Elie et Notre Seigneur Jésus, il voulait passer le carême dans un jeûne complet. Il pria son ami Bassos, responsable des moines, de murer sa cellule. Celui-ci accepta à condition qu’il prenne quelques pains et de l’eau près de lui. Après quarante jours, Bassos trouva le pain et l’eau intacts et Siméon, inanimé par terre, trop faible pour parler. Après avoir participé aux saints mystères, il reprit des forces. Par la suite, il tint le coup avec une vivacité d’esprit incomparable.
Dès que la réputation de sa sainteté se répandit, on accourut de partout. Aspirant à plus de solitude pour se rapprocher du ciel dans une pure contemplation et pour échapper à l’adulation du peuple, il découvrit une stèle. Il en fit sa demeure pendant trente-six ans, jusqu’à sa mort, les yeux levés au ciel et gardant le contact avec les gens qu’il instruisait du haut de ses douze mètres. Ceux qui vivent dans l’intimité de Dieu sont toujours renvoyés vers leurs frères. Ainsi la prédication de la parole divine découla de la plénitude de sa contemplation. Il prêcha avec compassion sur l’impiété et le mauvais usage de l’argent. Il vitupéra contre les hérétiques pour qu’ils se convertissent. Il opéra des miracles et prédit des catastrophes. Selon Théodoret de Cyr, des milliers d’arabes de la région se convertirent à sa prédication. Au moyen d’une échelle, les visiteurs montaient lui demander conseil à lui qui se considérait comme le dernier des hommes.
Les empereurs Théodosius et Léon, l’impératrice Eudocie portaient grande attention à ses paroles.
Etant malade, trois évêques vinrent le trouver pour qu’il descende et se laisse soigner. Voyant qu’il voulait bien obtempérer, ils renoncèrent à leur requête et le saint guérit.
Siméon l’Ancien ne peut paraître excentrique qu’à ceux qui ne voient pas l’immense travail qu’il a accompli, non par son effort purement humain mais par la divine bonté.
Plongé profondément dans la prière - toutes les nuits il priait les mains levées vers le ciel -, il s’endormit le 2 septembre 459, à l’âge de 69 ans, après avoir répandu la paix qui l’habitait. Ses reliques amenées à Antioche furent transférées à Constantinople en 467.
Sources : Théodoret, évêque de Cyr, Vie de Saint Syméon le Stylite – Internet
Hieromonk Makarios of Simonos Petra, Father Symeon Stylite the Elder – The Synaxion: The lives of the saints of the orthodox church - Internet
Valère De Pryck
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Païssios le Grand
Fêté le 19 juin
† fin du IVme début Vme siècle
Moine de Scété
Païssios était le cadet d’une famille de sept enfants dont les parents chrétiens distribuaient généreusement des aumônes à ceux qui étaient dans le besoin. Suite à la vision d’un ange sa mère le consacra à Dieu. Devenu adulte, il alla trouver abba Pambo dans le désert de Nibie. Celui-ci lui donna l’habit monastique. Pendant trois années, il rumina les paroles de l’Ecriture, obéissant en cela à son père spirituel. Peu à peu les paroles de l’Ecriture lui devinrent douces comme le miel.
A la mort de Pambo, il partagea avec Saint Jean Colobos la même cellule et le même style de vie ascétique. Mais après quelque temps, il se retira seul dans une grotte du désert de Scété avec l’accord de son compagnon, qui resta seul pour guider les personnes venant lui demander conseil. Un ange guida Païssios dans le désert où, ascète sévère, il s’adonna à de longs jeûnes. Le Christ lui apparut plusieurs fois, lui prédisant la venue de nombreux disciples et l’assurant de son aide pour résister aux tentations. Un jour, un riche vint lui offrir une énorme somme d’argent. Il repoussa son offre y voyant un piège du démon pour le faire renoncer à la pauvreté évangélique.
Au cours d’une extase, il reçut la grâce de ne vivre que de la sainte communion et d’être dispensé de s’alimenter. (plus récemment grâce accordée à Marthe Robin).
Le rayonnement de sa sainteté fut tel que beaucoup vinrent à lui. Aux uns, il conseillait de le rejoindre dans une vie érémitique, aux autres, de choisir une vie communautaire. A tous de vivre dans l’obéissance.
Ayant délivré son enseignement à ses premiers disciples, il se retira pendant trois ans dans une grotte plus à l’intérieur du désert. Son enseignement spirituel consistait à accomplir en tout la volonté de son starets. Comme il s’imposait de sévères mortifications, le Christ lui apparut dans toute Sa gloire et lui promit d'accorder le pardon à tout pécheur pour lequel son serviteur intercéderait. C'est ainsi que, peu après, Païssios put tirer de l'enfer l'âme d'un moine négligent, pour lequel son père spirituel était venu solliciter la prière de l'homme de Dieu. Ce moine avait quitté le monastère et était tombé amoureux d’une femme. Celle-ci haïssait le Christ et blasphémait, aussi le pauvre moine tomba-t-il de plus en plus bas dans un état de complète apostasie. Le saint pria avec ferveur et fut exaucé. La femme mourut et le moine retourna au désert pleurer son péché.
Après ces trois années, sur le conseil divin, il revint au milieu de ceux qui avaient besoin de lui. Le Seigneur lui avait dit : « Celui qui pratique seul l'ascèse est mon serviteur, tandis que celui qui se met au service des autres par l'enseignement est mon fils et mon héritier. »
Beaucoup de saints vinrent lui rendre visite. Il les éclaira sur le chemin à suivre pour ne pas se laisser piéger par le démon. Il corrigeait leurs illusions dans la voie qu’ils avaient choisie. Il savait que les débutants étaient, de quelque façon, protégés par une grâce spéciale, mais que le démon attendait de les voir évoluer dans le vie spirituelle pour les attaquer. Il leur enseignait que la plus grande vertu était celle pratiquée en secret et qu’elle consistait à suivre le conseil de son père spirituel et non sa volonté propre. Quant à lui, il resta un humble serviteur, ne laissant rien remarquer de sa propre vie ascétique.
Parvenu à un âge avancé, Païssios se rendit chez abba Paul, et ils passèrent quelque temps ensemble. Tel un jeune débutant, il exhortait l'autre vieillard à rivaliser de zèle pour ajouter sans cesse de nouvelles ascensions dans la prière, tant que le Seigneur leur en donnerait la force. Puis, de retour dans son désert, il s'endormit dans la paix à un âge avancé, précédant de peu Saint Paul dans le séjour des bienheureux. On raconte qu'abba Isidore de Pelusium, ayant appris son décès, vint prendre la Relique de l'homme de Dieu, pour la transférer en Pisidie. Quand le bateau sur lequel il l'avait chargée parvint à proximité de la sépulture de Saint Paul, il s'immobilisa. Un ermite clairvoyant expliqua que c'était là un signe de Dieu indiquant qu'ils devaient charger aussi le corps de Paul sur le navire. Ainsi réunis corporellement après la mort, les deux Saints furent déposés dans un monastère de Pisidie, où ils accomplirent de nombreux miracles.
Valère De Pryck
Sources : Internet : OCA (Orthodox Church of America)
Google: monastère –orthodoxe.fr. (clic:calendrier et vie des saints 19 juin)
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