Saint Ambroise d'Optino
Posté le 21.09.2006 par orthodoxie

Saint Ambroise d’Optino
1812 – 1891
Fêté le 10 octobre
Alexandre Grenkov naquit le 21 novembre 1812 dans la région de Tambov, au sein d’une famille cléricale. Doué pour les études et très vif d’esprit, il fut toujours le premier à l’école paroissiale. D’abord précepteur dans une famille, il occupa ensuite la modeste place de maître d’école dans son village natal. Gai et spirituel, aimé de tous, il rechercha de plus en plus la solitude pour prier. Attiré par la prière, il rendit visite au reclus Hilarion, connu dans toute la région pour sa sagesse. Celui-ci l’envoya à Optino. Alexandre visita le monastère mais n’y resta pas. Quelques mois plus tard, il se décida et partit pour Optino où il fut accueilli par le starets Léonide. Lors de sa prise d’habit, il reçut le nom d’Ambroise. Ordonné diacre, puis prêtre, il ne resta pas longtemps au service de l’autel, car il tomba gravement malade. Sa santé fragilisée, il demeura infirme jusqu’à la fin de sa vie et dut renoncer, à cause de sa faiblesse, à célébrer la liturgie. Il se consacra dès lors à la prière intérieure. Sa perspicacité se transformait en clairvoyance et fit de lui une des figures les plus marquantes du startchestvo (direction spirituelle des âmes) russe. Ce don lui permit de conseiller beaucoup de personnes dans le choix de leur vie, parfois tout à l’opposé de ce qu’elles pressentaient. Il lisait dans l’âme comme dans un livre. Par des allusions discrètes, sous forme humoristique, il faisait comprendre aux personnes venues le voir qu’il connaissait leur vie. Il se mettait au niveau de ses interlocuteurs, les conseillant dans tous les domaines possibles. Ainsi avec une paysanne, il lui parla de la façon de nourrir ses dindes. La correspondance du starets était immense. Souvent le contenu d’une lettre lui était connue avant même de l’ouvrir. Pour chacun il trouvait les paroles qui vont droit au cœur. Il savait réveiller chacun à la vie spirituelle. Parmi ses visiteurs on compte Vladimir Soloviev et Dostoïevski. Il est incontestable que ce dernier s’est inspiré d’Ambroise pour créer le personnage du starets Zossima dans les Frères Karamazov. Il avait sous les yeux un modèle vivant. Tolstoï aussi vint le trouver plusieurs fois et fut impressionné par lui.
Un nombre incalculable de personnes venait de toute la Russie pour le consulter. Vu son état de santé, il les recevait le plus souvent couché. Certaines attendaient parfois quinze jours à la porte du monastère.
Chaque matin, avant les tâches quotidiennes, le père Ambroise priait seul dans sa cellule. Il se levait à 4h00, avant que ne s’éveille la nature, pour commémorer la Résurrection du Seigneur. Il ne voulait pas qu’on entrât chez lui pendant ce temps-là. Un jour, un hiéromoine du skite, entrant chez le père Ambroise à l’heure de sa prière, vit la face du starets resplendir d’une lumière insupportable au regard humain. A cause de sa santé, il ne pouvait assister à tous les offices. L’autorité spirituelle d’Ambroise s’étendit progressivement et, après la mort des startsi Léonide et Macaire, Ambroise devint le seul starets d’Optino reconnu par tous.
Le pouvoir de guérison qui lui était donne, il l’exerçait de façon discrète. Soit qu’il envoyait le malade boire à une source, soit qu’il lui inspirait confiance et foi, insistant pour qu’il prie Dieu, et lors de son retour à la maison, celui qui était venu intercéder pour son enfant par exemple, le trouvait guéri. Avec humilité, il s’effaçait devant le Christ, sachant que la source de ce pouvoir venait de Lui ou de l’intercession des saints. Il demandait souvent de prier son saint patron Ambroise de Milan.
La fondation du monastère pour moniales de Chamordino en 1884 fut sa grande joie. Celui-ci avait la particularité voulue par le Père Ambroise d’accueillir les filles qui ne pouvaient pas apporter une dot lors de leur entrée au monastère, condition exigée ailleurs en Russie. En juin 1890, il dut se décider à aller résider à Chamordino, car après la mort de sœur Sophie, première abbesse de Chamordino, aucune des sœurs n’était à même de gérer matériellement le monastère. Pressentant qu’il terminerait sa vie là, auprès de ses sœurs bien-aimées, il prit toutes dispositions nécessaires pour pourvoir à son successeur spirituel à Optino.
Beaucoup se plaignaient alors de n’être pas reçus et des rumeurs circulaient du fait qu’il résidait dans un couvent de femmes. L’évêque de Kalouga lui-même se laissa influencer et décida de le faire revenir. Il voulut s’y rendre en personne et le ramener, mais cette menace ne perturba pas le père Ambroise. Il affirmait que le Seigneur est au-dessus de tous les Monseigneurs. Fin 1891, l’état de santé du père s’aggrava. Le 10 octobre, l’évêque quitta Kalouga avec une voiture pour Chamordino mais arriva trop tard. Le père Ambroise venait d’expirer. Son corps fut transporté et enterré dans son cher monastère d’Optino. Avec sa mort, l’ère des startsi prenait fin, celle des martyrs allait commencer.
Après sa mort, de nombreux miracles vinrent confirmer la sainteté d’Ambroise d’Optino. Il fut canonisé par l’Eglise Orthodoxe Russe en 1988.
Saint Ambroise d’Optino, intercédez pour nous.
Valère De Pryck
Sources : John B. Dunlop, Le Starets Ambroise d’Optino, Spiritualité Orientale, n° 34, éd. Abbaye de Bellefontaine
Vladimir Lossky, Le Starets Ambroise, Internet
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