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orthodoxie
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Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc valere.depryck@scarlet.be
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
20.09.2006
Dernière mise à jour :
23.06.2008
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Saint Prophète Osée

Saint Prophète Osée

Posté le 23.09.2006 par orthodoxie
Osee
Je te fiancerai à moi pour toujours. (2,21)
Fêté le 17 octobre

Osée couvre la période depuis 750 – 720 av. J.C. Cent ans après Elie avec la même ambiance du culte des idoles.
Au départ Osée raconte son histoire personnelle, l’échec de son mariage avec une prostituée : Gomer, adepte d’un temple de Baal où l’union sexuelle avec une femme attachée au temple était un des rites. Cela s’appelait la «prostitution sacrée ». Gomer a donné trois enfants à Osée (1,2-9) sans abandonner ses pratiques idolâtres. Osée l’a vraiment aimée et Gomer lui avait promis fidélité. Mais son vice invétéré l’a emporté. Entre colère et tendresse, Osée espérait toujours la voir revenir. Un immense pas est franchi, il n’est plus question de la lapider.

Osée n’écrit pas pour raconter l’histoire de son couple. En fait Gomer ressemble à l’histoire du peuple d’Israël. Gomer fut tirée de la prostitution par Osée qui lui promit fidélité, Israël fut tiré de l’esclavage d’Egypte pour entrer dans l’Alliance avec le Dieu d’amour. Mais une fois sorti d’Egypte Israël entra en contact avec les Cananéens qui pratiquaient le culte de Baal avec les ivresses, fêtes joyeuses et la prostitution sacrée. Osée connaissait tout cela. Puis Israël se disait que deux dieux valaient mieux qu’un seul, on ne sait jamais ! Voilà Israël revenu à l’idolâtrie, aux pratiques divinatoires et aux prostitutions. (Os. 4,12)

Osée se devait de s’élever contre ces pratiques. Ce qui lui est propre c’est d’avoir comparé ses propres difficultés avec les reniements de l’Alliance par Israël. Son histoire pouvait être lue comme une parabole. D’où la vie d’Osée devint prophétique. Les mots qu’il emploie pour désigner l’infidélité de sa femme Gomer conviennent parfaitement aux infidélités d’Israël : prostitution, débauche, adultère, souillure, trahison.

Nous abandonnons maintenant l’histoire privée d’Osée pour ne plus considérer que le Seigneur en face d’Israël. Le livre d’Osée est d’abord un acte d’accusation. Menaces de châtiments, demande de comptes vont alterner avec des appels au repentir, remise des compteurs à zéro avec déclarations d’amour comme jamais entendues auparavant dans la Bible. Le Seigneur va mettre des obstacles sur le chemin d’Israël pour qu’il réfléchisse et revienne à ses premiers amours. Le Seigneur qui est le Fidèle sait bien que la réponse d’Israël est comme la rosée du matin : elle ne dure pas. Comment s’y prendre alors pour reconquérir l’infidèle ? Le menacer du pire avec comme seul but d’influencer le coupable et le ramener à de meilleurs sentiments. Le corriger pour le guérir par des médications salvifiques.

Le Seigneur est un éternel amoureux de son peuple. Il revient sur ses menaces. « Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère et je ne reviendrai pas détruire Ephraïm ; car je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis saint ». Ici sainteté et amour sont associés. (11,8-9) Ensuite Dieu va reconquérir son peuple. Il parle de retrouvailles, de l’élan du début «Quand Israël était enfant, je l’aimai ».(11,1) « Je les menais avec de douces attaches, avec des liens d’amour ; j’étais pour eux comme celui qui élève un nourrisson tout contre sa joue, je me penchais sur lui et lui donnais à manger. (11,4) Quels accents maternels en ce Dieu ! Et maintenant : « C’est moi qui vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur…et là elle répondra comme au temps de sa jeunesse. » Parler au cœur, c’est inviter au nom d’un grand amour à un geste de renoncement difficile. Cela ne peut se faire que dans le désert, lieu de passage de l’esclavage (d’Egypte) vers la terre promise. Puis vient la promesse de Dieu répétée trois fois : « Je te fiancerai à moi pour toujours ». Quelle demande en mariage ! A cette époque le fiancé promettait une dot. Celle du Seigneur est formidable : justice et droit, amour et tendresse, fidélité. L’initiative vient du Seigneur qui connaît bien les faiblesses de la fiancée, qui connaîtra le Seigneur ». « Connaître » avait le sens de l’intimité conjugale et de la reconnaissance. Le langage a changé et le Seigneur parle de «guérir de l’apostasie, aimer avec générosité, détourner sa colère, il sera comme la rosée qui cette fois donnera vie, il fleurira comme le lis, enfoncera ses racines comme la forêt du Liban, ses rejetons s’étendront, splendeur comme celle de l’olivier, parfum comme celui du Liban, le vin du Liban. » Audace surprenante d’Osée pour dire que Dieu se comporte envers son peuple comme un mari envers son épouse tendrement aimée, non pas d’une affection superficielle mais d’une volonté profonde, ferme dans un cœur à cœur délicat et généreux.
Avec Osée un grand pas a été fait. Le Dieu de puissance, El, le guerrier, devient l’amoureux qui pardonne !
Quand Dieu donne, il donne avec surabondance. Oui, Jésus «accomplira les écritures ». A Cana, le meilleur vin ; la femme adultère, il la remet debout ; à chacun il redonne sa chance septante fois sept fois car «Vois, je t’ai gravé sur la paume de mes mains, moi, jamais je ne t’oublierai. »(Is. 49,16) C’est signé dans son sang, ne l’oublions pas. Et il sera lui-même l’époux au festin des noces. (Mt.22, 2sq.)
Pour toujours.
Valère De Pryck
Sources : Livre d’Osée.
Amos et Osée – Sainteté de justice, sainteté d’amour – Louis Monloubou – Ed. Fleurus 1964
A la découverte du Dieu inattendu – Marie-Noëlle Thabut – Desclée de Brouwer 2002



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