Saint Théodore le Studite
Posté le 23.09.2006 par orthodoxie

Théodore le Studite
Moine Byzantin 759 – 826
Fêté le 11 novembre
1. Biographie
Théodore naquit en 759 à Constantinople d’une grande famille iconodoule, qui s’est rendue célèbre au service de l’empereur et de l’Eglise. Sous l’influence de son oncle Platon, higoumène du monastère des Symboloi sur le mont Olympe en Bythinie, toute la famille entre au monastère. Sur une propriété familiale, Photinos et ses trois fils, dont Théodore, fondent le monastère de Sakkoudion, dirigé par Platon. Théodore, ordonné prêtre en 787, remplace Platon, tombé malade en 794.
Il est emprisonné une première fois pour s’être opposé au mariage adultère de l’empereur Constantin VI, qui avait répudié sa femme et épousé sa maîtresse. Bien que béni par un prêtre et toléré par le patriarche Taraise pour sauvegarder la paix, les moines de Sakkoudion, opposés à ce mariage, sont dispersés.
En 797, Constantin VI est renversé et remplacé par sa mère, Irène. Les moines sont rappelés. Le monastère devenu trop petit, Théodore et Platon se rendent à Constantinople où l’impératrice Irène leur donne le monastère désaffecté de Stoudios qui devient un centre monastique important. De là, Théodore anime un nombre impressionnant de moines, un millier environ, qui suivent le même mode de vie, repartis dans de petits monastères. En 802, Irène est renversée à son tour, et Théodore connaît de nouveau la prison avant d’être envoyé en exil.
En 811, à la mort de l’empereur, le pape intervient pour restaurer la paix.
2. La Crise Iconoclaste
En 813, Léon V l’Arménien s’engage dans une nouvelle lutte destructrice des icônes. Avec le patriarche Nicéphore, Théodore défend le culte des images. Il organise une procession où ses centaines de moines promènent et vénèrent les images. En riposte, les moines du Stoudios sont dispersés et Théodore exilé. Il anime la résistance qui lui vaut non seulement de subir l’emprisonnement mais encore la flagellation.
En 820, Léon l’Arménien est assassiné pendant l’office de Noël. Théodore rentre à Constantinople accueilli en martyr avec son frère Joseph.
S’opposant encore une fois au nouvel empereur Michel le Bègue qui veut convoquer un concile contradictoire sur les images saintes, alors que la question avait été tranchée au concile de 787, Théodore se voit refuser l’accès au Studios. Il reconstitue sa communauté à Crescens (Constantinople) puis à Prinkipo où il meurt probablement en 826.
Œuvres
Elles consistent essentiellement en des catéchèses lues à l’office de Prime adressées aux moines en vue de leur enseigner l’esprit monastique. En cela consiste la diaconie (service) de l’higoumène. Il n’y manque jamais car il sait que les divisions dans une communauté proviennent d’un manque de formation à la vie spirituelle, monastique. Elles constituent aussi la guidance de ses moines pendant la dispersion. Théodore y implique toute sa personnalité, tout l’amour qu’il leur porte comme à des enfants bien aimés. Homme de sagesse, il les met en garde contre les excès ascétiques.
Sa spiritualité
Il est le réformateur de la vie cénobitique (vie en communauté sous la dépendance d’un supérieur). Dans la vie monastique le moine est soumis à l’higoumène, la vie commune est le vrai martyre. « Malheur à celui qui vit seul », dit-il. Il est plus facilement la proie du démon. Le combat contre celui-ci se fortifie en communauté. La vie cénobitique est la réalisation du Royaume de Dieu, la réintégration dans le Paradis. Le Christ lui-même n’a pas embrassé la vie érémitique (vie dans la solitude) mais notre vie de subordination. Il insiste sur la diaconie (non choisie) de chacun au sein de la communauté comme lieu de sanctification. La particularité du moine se trouve dans le renoncement, dans une vie de dépendance et d’obéissance qui le met au service des autres. Aux moines qui récriminent, parce qu’ils sont pauvres à cause du grand nombre, Théodore rappelle qu’ils n’ont jamais manqué du nécessaire.
L’imitation du Christ, fondement de sa spiritualité, constitue, selon lui, une mystique nuptiale : Ouvre au Christ les portes de ton cœur, fais-le entrer, tiens-toi près de lui, habite avec lui, soupe avec lui.
L’essentiel est de prendre conscience de la philanthropie du Christ à notre égard et d’être enflammé d’amour pour lui. Notre âme ressemble à une jeune fille conduite au lit nuptial.
Cette imitation est cependant personnelle, à chacun selon son état. De toute façon, le moine imitera la douceur, la patience et les vertus du Christ ; il recevra les épreuves comme participation à sa passion. Ainsi le moine devient-il image de celui qu’il imite.
La confession de foi en faveur des icônes est capitale dans sa vie. C’était sa béatitude. Beaucoup sont morts pour les avoir défendues. Vouloir les supprimer serait nier l’incarnation du Christ.
Il aurait voulu vivre dans un monastère mais toujours il en a été chassé, séparé de ses moines. S’il insiste sur la joie d’être persécuté pour le Christ, c’est que lui-même l’a connue.
Valère De Pryck
Sources : Les Pères dans la Foi, Théodore Stoudite, petites catéchèses, Migne, 1993
R.P. Julien Leroy o.s.b., Théologie de la Vie mystique, XX Saint Théodore Studite, Aubier 1961
R.P. Bénédictins de Paris, Vies des Saints et Bienheureux, Letouzey et Ané, 1941
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus