Saint Mena
Posté le 23.09.2006 par orthodoxie

Saint Ména
285 - 309
Fêté le 11 novembre et 10 décembre
Saint Ména est né en Egypte dans la ville de Nikiou (aujourd’hui Menouf) en basse Egypte, pas loin de Memphis. Ses parents étaient de vrais ascètes chrétiens. Sa mère, qui n’avait pas encore d’enfant, implorait, tout en pleurs, l’icône de la Vierge lui demandant d’intercéder pour que Dieu lui accorde un fils. Elle perçut une voix lui disant Amen, ce qui en copte se dit Mena. D’où le nom qu’elle donna à son fils.
A 14 ans, son père mourut. A 15 ans, Ména rejoignit l’armée où il reçut un haut rang à cause de la place que son père avait occupé dans le pays. Lorsque l’empereur Dioclétien édicta de nouvelles règles de persécution, Ména mit à exécution son projet caressé depuis longtemps de se retirer en ermite dans le désert.
Après cinq années d’absence, il quitta sa retraite et entra à Cotyée un jour de grande fête où le peuple était rassemblé dans l’amphithéâtre. Il s’avança dans l’arène criant ce verset du prophète : J’ai été découvert par ceux qui ne me cherchaient pas et j’ai été manifesté à ceux qui ne me réclamaient nullement. Le préfet fit amener l’inconnu, lui fit subir un long interrogatoire et après l’avoir torturé, il le fit décapiter.
Ses assassins essayèrent de brûler son corps pendant trois jours mais le corps ne se consuma pas. Sa sœur paya les soldats pour emmener son corps à Alexandrie. A la fin de la persécution, un ange apparut au patriarche de la ville et l’informa de mettre le corps du saint sur le dos d’un chameau, qui le conduirait au lieu de sa sépulture. A l’endroit désigné par le Seigneur, le chameau s’arrêta et le corps du saint y fut enterré. Ce lieu se situe au bout du lac Mariut, non loin d’Alexandrie. C’est à cet endroit que fut construit le monastère orthodoxe copte actuel.
Suite à un grand nombre de miracles, il fut considéré comme un grand thaumaturge par le peuple. Après la conquête arabe, la cité fut détruite. Ce n’est qu’au début de ce siècle que des fouilles la mirent à jour avec l’église.
Le Christ et l’Abbé Ména Baouit
Cette icône copte conservée au Louvre nous transporte quelques siècles après Saint Mena. Sur cette icône l’ Abba Ména y est appelé prieur du monastère, tandis que sur une autre on le voit représenté plus jeune, comme économe.
Le monastère de Baouit fut fondé vers 385. Il connut son apogée au VIme siècle et la décadence commença au VIIIme siècle suite aux lourdes taxes imposées aux non musulmans. Le monastère s’ensabla ensuite peu à peu pour disparaître au XIIme siècle. Les fouilles autorisées à la fin du XXme siècle permirent de sortir le monastère des sables à partir des années 1985. Cette peinture du Christ et de l’Apa Mena y fut découverte. Elle semblerait avoir été insérée dans la paroi d’une des chapelles ou églises mises à jour sur le site.
Composition de l’icône.
Le Christ et l’abbé Ména sont figurés en pied. Le Christ est un peu plus grand, revêtu d’une tunique et d’une ample écharpe couleur lie-de-vin qui retombe sur l’avant-bras gauche. Il tient un évangéliaire avec deux fermoirs. Nous pouvons contempler la beauté du visage du Christ. Remarquons une petite moustache et une courte barbe en contraste avec l’épaisse chevelure retombant sur les épaules. Il est auréolé d’un grand nimbe crucifère jaune cerné d’un bandeau ocre rouge. D’un geste protecteur il a passé son bras autour des épaules de l’abbé Ména. Lui aussi est habillé d’une tunique et d’une écharpe. L’abbé porte une tunique de dessous de couleur blanche. De la main droite il fait un signe de bénédiction et de la gauche il tient un rouleau. A l’arrière-fond ondulent des collines. Le visage des deux personnages se détache sur le fond rougeoyant du soleil couchant. Près du Christ nous lisons l’inscription Sauveur, et près de l’abbé Ména, débutant par le signe de la croix, Apa Ména Prieur, répétée sur le fond de la colline. Le tout exprime une grande douceur. L’emploi de fines hachures et de rehauts blancs accentue l’intensité spirituelle des visages.
Regards sur l’icône
La force de leur présence est intensifiée par leur position avancée
La relation intime entre les deux personnages est renforcée par le bras du Christ, Ami de l’homme, posé sur les épaules de Abba Ménas. Amitié par laquelle il partage et confie une mission dans un geste protecteur et fraternel, ce qui accentue ce sentiment d’humanité.
Chacun ne peut-il pas, en se laissant habiter par cette icône, découvrir en sa propre vie la proximité aimante de son Seigneur, le Frère et l’Ami, qui l’accompagne ?
Valère De Pryck
Sources : Marie-Hélène Rutschowscaya, Le Christ et l’Abbé Ména, Collection Solo (11), Louvre, 1998
Dr Mounir Shoucri, Le Pèlerinage de Saint Ménas, Monde Copte n° 4, 1978
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