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Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc valere.depryck@scarlet.be
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20.09.2006
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Saint Syméon le Stylite

Saint Syméon le Stylite

Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Saint Syméon le Stylite
390 - 459
Fêté le 1er septembre
Présenter un saint sous son aspect spectaculaire, c’est passer à côté de son message, ce serait comme vouloir présenter Jésus par l’épisode des marchands chassés du temple à coups de fouet. En 1964 Luis Buñel tourne un film : « Simon del desierto ». En 1952, George Lamb écrit un article à son sujet : « St Simeon Stylite ». Siméon continue donc à interpeller notre temps.
Pour certains, il est l’exemple parfait de l’homme qui inactif, non rentable, dit-on, aujourd’hui. Le décrire comme un extravagant qui passe trente-six ans de sa vie sur une colonne ne lui rend pas service, lui qui attira des foules à la conversion. Il n’est nullement un échec de l’humanité. Par son comportement il rejoint plus près de nous un Gandhi ou les fols en Christ de l’orthodoxie, comme Séraphin de Sarov. Il leur manque quelque chose, dirions-nous. A moins que ce soit nous qui passions à côté de l’Essentiel. Dans notre monde de violence, il est l’aigle qui fixe le soleil et vient nourrir l’âme occidentale hyperactive et vide de sens. Il nous donne une puissante injection qui pose le monde divin en premier. Siméon se retire vers le ciel à distance des foules, quelque peu exhibitionniste, posant un geste prophétique, radical comme François et Claire d’Assise quelques siècles plus tard en occident. Approchons-nous pour le découvrir et recevoir son invitation à « nous tenir tranquilles » dans la Présence.

Symeon naquit vers 390 dans le village de Sisa, près de Nicopolis, dans le nord de la Syrie. Son père l’envoya paître les brebis. Un jour, il y eut tant de neige que les troupeaux ne trouvant rien à brouter, il entra dans une église où il entendit le message des béatitudes. Pour les vivre, il quitta sa famille et le monde et entra au monastère tout proche où il resta deux ans. Il avait quinze ans. Voulant une vie plus ascétique, il alla au monastère de Telède, près d’Antioche, où, avec beaucoup de sagesse et dans une stricte observance, le moine Héliodore animait une communauté de plus de quatre-vingt moines. Siméon y demeura dix ans, surpassant chacun par son ascèse. Ne mangeant qu’une fois par semaine et, portant comme silice, une ceinture de feuilles de palmiers qui lui entaillait la chair, ses excès ne plurent guère aux autres moines qui le prièrent de quitter le monastère. Il se rendit dans la partie la plus sauvage de la montagne, trouvant là un puits asséché, il y descendit pour chanter les louanges du Seigneur. Après cinq jours, pris de remords, les moines de Telède partirent à sa recherche et finirent par le trouver en ce lieu connu seulement de quelques bergers.
Il ne sut rester au monastère et trouva une maisonnette en bas de la montagne en un lieu appelé Télanisse. Pendant trois ans il y vécut en reclus pour acquérir les vertus célestes. Comme Moïse, Elie et Notre Seigneur Jésus, il voulait passer le carême dans un jeûne complet. Il pria son ami Bassos, responsable des moines, de murer sa cellule. Celui-ci accepta à condition qu’il prenne quelques pains et de l’eau près de lui. Après quarante jours, Bassos trouva le pain et l’eau intacts et Siméon, inanimé par terre, trop faible pour parler. Après avoir participé aux saints mystères, il reprit des forces. Par la suite, il tint le coup avec une vivacité d’esprit incomparable.
Dès que la réputation de sa sainteté se répandit, on accourut de partout. Aspirant à plus de solitude pour se rapprocher du ciel dans une pure contemplation et pour échapper à l’adulation du peuple, il découvrit une stèle. Il en fit sa demeure pendant trente-six ans, jusqu’à sa mort, les yeux levés au ciel et gardant le contact avec les gens qu’il instruisait du haut de ses douze mètres. Ceux qui vivent dans l’intimité de Dieu sont toujours renvoyés vers leurs frères. Ainsi la prédication de la parole divine découla de la plénitude de sa contemplation. Il prêcha avec compassion sur l’impiété et le mauvais usage de l’argent. Il vitupéra contre les hérétiques pour qu’ils se convertissent. Il opéra des miracles et prédit des catastrophes. Selon Théodoret de Cyr, des milliers d’arabes de la région se convertirent à sa prédication. Au moyen d’une échelle, les visiteurs montaient lui demander conseil à lui qui se considérait comme le dernier des hommes.
Les empereurs Théodosius et Léon, l’impératrice Eudocie portaient grande attention à ses paroles.
Etant malade, trois évêques vinrent le trouver pour qu’il descende et se laisse soigner. Voyant qu’il voulait bien obtempérer, ils renoncèrent à leur requête et le saint guérit.
Siméon l’Ancien ne peut paraître excentrique qu’à ceux qui ne voient pas l’immense travail qu’il a accompli, non par son effort purement humain mais par la divine bonté.
Plongé profondément dans la prière - toutes les nuits il priait les mains levées vers le ciel -, il s’endormit le 2 septembre 459, à l’âge de 69 ans, après avoir répandu la paix qui l’habitait. Ses reliques amenées à Antioche furent transférées à Constantinople en 467.

Sources : Théodoret, évêque de Cyr, Vie de Saint Syméon le Stylite – Internet
Hieromonk Makarios of Simonos Petra, Father Symeon Stylite the Elder – The Synaxion: The lives of the saints of the orthodox church - Internet
Valère De Pryck



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