Saint Païssij Velitchkovskij
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

[FONT=Times][SIZE=14]Paissij Velitchkovskij (1722- 1794)
Fêté le 15 novembre
Issu d’une famille nombreuse dont le père était prêtre, Païssij Velitchkovskij grandit à Poltava en Ukraine. Envoyé à l’académie de Kiev, l’enseignement prodigué par celle-ci le déçut profondément parce que trop proche de la scolastique latine et trop éloigné des Pères grecs et orientaux. Alors, il se retira dans la solitude d’un petit skite* de Roumanie accompagné par d’autres moines, chassés au temps de Pierre le Grand (1672-1725). De 1746 à 1763 il vint au Mont Athos, à la recherche d’un guide spirituel. Malgré cette époque très difficile, pauvres en guides spirituels, par les larmes et les pleurs, il progressa en vertu. A défaut de père spirituel, il suivit le conseil de Nil Sorskij : « Pratiquez les écritures et vous y trouverez la vie éternelle. ». Basile, un starets venu de Moldavie et arrivé au Mont, l’initia à la tradition de l’oraison mystique et de la vie ascétique des Pères grecs et plus spécialement des hésychastes du Mont Sinaï et du Mont Athos. Un jeune moine, Vissarion, lui demanda alors d’être son guide. Il le prit en ami, refusant ce rôle de guide, et ils marchèrent ensemble « une seule âme et un seul cœur ». Quatre ans plus tard, de nouveaux compagnons le supplièrent de les admettre auprès de lui. En conscience il ne pouvait refuser. Dans la pauvreté extrême, sans chaussures ni chemise, ils se mirent à construire les bâtiments nécessaires. Une fois de plus, les frères le supplièrent d’accepter d’être ordonné prêtre pour célébrer les offices. Agé de 36 ans, il accéda à leur demande. Dans leur skite tout était bien organisé. Païssij veillait à la beauté des offices. Une paix constante et sincère animait les frères. Lui-même était un père affectueux, bienveillant dans l’affectation des services de la communauté, guidé par une compassion et une amitié sincère à l’égard de chacun.
Confronté au nombre toujours croissant de frères d’une part et aux taxes imposées par le gouvernement turc d’autre part, ils émigrèrent en Moldo Valachie (Roumanie) où la communauté s’épanouit composée de 64 moines. Ils se fixèrent à Dragomirna en Bucovine. La pauvreté était encore extrême et ils furent aidés par les Boyards (membres de la haute aristocratie et de la Douma). Païssij y expérimenta « la prière intérieure » afin d’acquérir un cœur douloureux. Il traduisit en même temps, avec une grande rigueur, de nombreux Pères. Il corrigea aussi beaucoup de traductions erronées. Petit à petit, la communauté s’agrandit autour de lui pour atteindre la centaine de moines. Tous les moines s’adonnèrent à la prière mystique, tout en étant confiés chacun à un « ancien » afin de ne pas tomber dans les pièges des excès de mortification et celui des illusions. Païssij s’inspirait pour cela des œuvres de Nil Sorskij et ce faisant il renouait avec la tradition mystique du XVme siècle. Le tout gardait cependant un bel équilibre : vie liturgique, ateliers de travail manuel et des institutions sociales : en particulier un hôpital et une hôtellerie. Ses entretiens individuels avec les frères étaient très pacifiants. Il prit la défense de la Prière de Jésus, là où l’on demeure avec le Christ dans la profondeur du cœur. « Douce est dans le cœur la mémoire pure et constante de Jésus, et l’ineffable illumination qu’elle opère.» (St Marc, évêque d’Ephèse) La guerre russo-turque l’obligea à quitter la Roumanie pour la Moldavie où il ouvrit plusieurs monastères pour y accueillir bientôt plus de mille moines. Son rayonnement de sainteté fut à l’origine d’un vaste mouvement de restauration de la vie spirituelle russe. Dans la dernière période de sa vie, il exerça une influence spirituelle profonde sur le monachisme russe par ses lettres de directions et les conseils donnés aux nombreux moines et laïcs qui venaient le voir. Son souci constant concernant la beauté de la liturgie, le soin des malades, des vieillards et des errants était bien connu.
Ses dernières années furent assombries par les malheurs de la guerre entre l’empire russe, autrichien et turc. Durant ces années il livra un travail sans répit. A partir du 5 novembre 1794, sa santé se dégrada et il s’éteignit le 15 du même mois.
Le starets Païssij avait reçu la plénitude des dons du Saint Esprit en plus de ses dons naturels. Ainsi, il avait pu « rénover l’ordre monastique délabré, restaurer la vie communautaire en déclin, y enraciner la trois fois sainte obéissance, éclairer de son enseignement ceux qui étaient installés dans les ténèbres, et rendre intelligibles les livres patristiques et théologiques par leur correction et une nouvelle traduction du grec en sa langue ». (Tchetverikov)
Sa prière pour les siens : « Protège, Seigneur, ce petit troupeau et garde-le des loups qui le détruisent. »
Valère De Pryck
*skite : habitation monastique ou groupe d’habitations occupées par un ou plusieurs moines
Sources : Serge Tchetverikov – Le Starets Moldave Païssij Velitchkovskij – Spiritualité Orientale, n° 68 – Abbaye de Bellefontaine
E. Behr-Sigel – Prière et Sainteté dans l’Eglise Russe – Spiritualité Orientale n° 33 - Orient Contemporain– Abbaye de Bellefontaine
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