Saint Jean Baptiste
Posté le 24.09.2006 par orthodoxie

Invention du Chef de Saint Jean Baptiste
Fête le 24 Février
Nous fêtons en ce jour l’invention du chef de Saint Jean Baptiste. Il y a de nombreuses fêtes du Baptiste. La décollation se célèbre le 11 septembre. Sa fête le 7 janvier. Tout cela souligne son importance. De même le Précurseur se trouve toujours sur les icônes de la Déisis avec Marie, la Mère de Jésus. Pendant ce carême et nous invite à la conversion, la metanoia, le retournement du cœur.
Encore dans le sein d’Elisabeth, sa mère, il vivait déjà en symbiose avec le Christ : « Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein » (Lc. 1, 41)
L’annonce de l’ange le voit consacré au Seigneur, prophète, rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère. Jean Baptiste comme Jésus seront tous les deux un pur don de Dieu.
Lors de la rencontre de Marie et Elisabeth, le Baptiste tressaillit dans le ventre de sa mère. Luc emploie le verbe grec « skirtaô » pour exprimer la danse de David devant l’Arche d’Alliance. Ici Marie est la nouvelle Arche d’Alliance. Alors Elisabeth prononça la première prophétie du Nouveau testament devant Zacharie encore muet : elle reconnaît le Seigneur (la mère de mon Seigneur) (Lc. 1,42) et proclama la béatitude de la foi : « Heureuse es-tu d’avoir cru ». Marie prononça ensuite la deuxième prophétie, réplique du Cantique d’Anne où tout est maintenant adoration et action de grâces et elle se proclama « servante et pauvre », mission future de l’Eglise.
Lors de cette Visitation, Jean Baptiste fut rempli de l’Esprit Saint.
Zacharie, à la naissance de Jean, proclama, la langue déliée, la troisième prophétie. Il annonça la mission du Précurseur : « marcher devant le Seigneur et préparer ses chemins » ;
La vie du Baptiste se passa dans les solitudes du désert. (Lc. 1, 80) L’hypothèse, suivant laquelle Jean aurait appartenu à la communauté de Qumran est fragile car il en est trop différent : solitaire mais aussi homme public qui parle en prophète. Il se déplaçait, e.a. à Aenon (Jn. 3, 23) Son baptême de conversion était donné une fois pour toutes. Fils de prêtre, Jean était destiné à devenir prêtre. Sa mission prophétique l’éloigna du Temple pour une vie de prière dans la solitude du désert « lieu de séduction où Dieu parle au cœur » (Os. 2, 16) Là, il pressentit celui qui devait venir, mais il ne le connaissait pas encore. (Jn. 1, 32) Son expérience du désert, mûrie en union avec Dieu, lui permettra de reconnaître le Sauveur comme « l’Agneau de Dieu ». (Jn. 1, 36)
Cette expérience devint sa mission. Il prêcha, proclama, témoigna dans une tenue qu’aucun couturier n’a exploité. Le succès était au rendez-vous : « Tous allaient vers lui ». (Mt.3, 5 ; Mc. 1,5 ; Mt.3, 5) Et, il ne mâchait pas ses mots, le ton était sévère « engeance de vipères » (Lc. 3, 7). Dans un message apocalyptique il parlait de « colère « et de « hache ». Pourtant il ne recrutait pas, il invitait chacun dans l’état où il se trouvait à vivre dans la « justice et la sainteté ». (Lc.3, 13-14). Comme chez tous les prophètes, le langage eschatologique de Jean est ambigu en ce sens que la projection dans le futur est imprécise. Le prophète ne distinguait pas toujours l’avenir immédiat : la venue du Sauveur et l’avenir lointain : le jugement dernier. Jean mélange « Celui qui baptise dans l’Esprit Saint et le feu » et celui qui « tient le fléau » du jugement dernier. Le but était néanmoins atteint : son discours appelait la « conversion du cœur » le plus vite possible.
Jean dévoilera Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu », victime immolée pressentie en Isaïe 53, 7-12. Bien sûr, Jean connaissait son cousin Jésus avant tous ces événements, mais pas encore comme Messie et Seigneur. C’est dans l’ascèse du désert que Jésus a pris son vrai visage pour lui : « Et moi, j’ai vu et j’atteste : C’est Lui, le Fils de Dieu » (Jn. 1, 34)
Lors de son baptême, Jésus est dévoilé comme le Fils bien-aimé. Sa vie cachée est terminée, sa mission commence. Jean Baptiste se retire, lui, l’ami de l’époux, comblé de joie, avant l’épreuve de son emprisonnement et de son martyre. Comme les prophètes Elie et Elisée en leur temps, Jean avait reproché à Hérode son union illégitime avec Hérodiade, la femme de son frère. A cause de cela, celle-ci lui vouait une haine sans pareille et cherchait une occasion pour le faire mourir. Hérode fit emprisonner Jean. Dans la solitude, il endura l’épreuve de la nuit spirituelle, ce fut l’heure de la dernière tentation, celle du doute, car ce qu’il avait entendu dire de Jésus était choquant. D’où sa question : « Es-tu celui qui doit venir, ou… ? » Il avait entrevu un messie juge, destructeur du mal, triomphateur : Dieu lui donnera le trône de David, son père. (Lc .1, 33) Jésus lui fit répondre : « les boiteux marchent, les aveugles voient. Heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet ». (Lc. 7, 22-23)
Mais le jour favorable allait se présenter pour Hérodiade. A l’occasion d’un banquet, sa fille Salomé, dansa pour égayer la fête. Hérode, très touché et troublé par sa danse, lui proposa de demander tout ce qu’elle voulait en récompense. Salomé alla consulter sa mère, Hérodiade, qui ne manqua pas cette occasion unique pour demander la tête du Baptiste. Ne pouvant se rétracter devant tant de convives, Hérode fit décapiter Jean dans sa prison.
Sources : René Laurentin, Petite Vie de Jean Baptiste, Desclée de Brouwer, 1993
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