Saint Martin, apôtre des Gaules et évêque de Tours
Posté le 15.10.2006 par orthodoxie

Atelier Saint Luc Saint Aubin d'Angers
Saint Martin
Apôtre de la Gaule et Evêque de Tours
(317 – 397)
Fêté le 11 novembre
Plus de 4000 communes, églises, chapelles, abbayes, fontaines, ponts et lieux-dits portent le nom de Saint Martin (sans oublier Martin Luther). C’est dire combien il a marqué l’occident. Sa biographie fut écrite de son vivant par Sulpice Sévère (355-400 environ), source principale de renseignements.
Martin naquit en 317, à Sabaria en Pannonie, actuellement Szombathely en Hongrie, à une centaine de kilomètres au sud-sud-est de Vienne. Son père était païen et tribun militaire. Après avoir assisté à une célébration liturgique à l’âge de 10 ans, Martin demanda à être reçu comme catéchumène et se sentit appelé à une vocation monastique. Comme tout fils de militaire, il était obligé de s’engager à l’armée. Connaissant son destin, il s’enfuit du domicile paternel. Son père ne l’entendit pas de cette oreille, le fit arrêter et le soumit au conseil militaire. Enrôlé de force à l’âge de quinze ans, il entra dans le corps d’élite, revêtu des habits dus à son rang, le tout complété par un immense manteau blanc, la chlamyde, qui devint célèbre pas la suite. Martin était éblouissant. Il n’en oublia pas pour autant son idéal de moine. A l’image du Christ, lavant les pieds de ses apôtres, c’est lui qui servit son ordonnance.
Bien qu’il ne fût pas encore baptisé, sa conduite exemplaire était appréciée de tous ses compagnons : gentillesse, amour fraternel, patience, sobriété…Il assistait les malades et secourait les malheureux, ne retenant sur sa solde que le nécessaire pour subvenir à ses besoins. A cette période se situe l’épisode qui allait l’immortaliser. Un soir d’hiver rigoureux, Martin rencontra un pauvre dépourvu de vêtements que personne ne secourait. Il comprit que Dieu le mettait sur son chemin. Sans hésiter, il prit son épée, coupa sa chlamyde en deux, en donna une moitié au pauvre et remit l’autre moitié sur ses épaules, devant les passants stupéfaits. La nuit suivante, Martin vit en rêve, le Christ revêtu de la moitié de la chlamyde donnée au pauvre. Cet événement marqua la conscience chrétienne en occident jusqu’à nos jours.
A l’âge de 18 ans, il se fit baptiser, mais ne put encore quitter l’armée. A l’occasion d’un combat, l’empereur distribua à chaque soldat une prime spéciale. Martin, ne voulant pas se lier à César par l’argent, refusa ce « donativum », il en profita pour demander son congé, afin de se mettre au service de son Dieu. Devant sa volonté ferme de se présenter devant l’ennemi sans armes, l’empereur finit pas céder et libéra Martin de ses obligations militaires. Ainsi se termine la première partie de sa vie.
Dans le but de réaliser sa vocation, Martin se rendit auprès de l’évêque de Poitiers, le futur saint Hilaire. Refusant d’être ordonné diacre par celui-ci, il accepta cependant la fonction d’exorciste, considérée alors comme une besogne inférieure et humiliante. A la suite d’un rêve, il retourna dans sa Pannonie natale dans l’intention de ramener au Christ les siens et ceux qu’il y rencontrerait. Sa mère se convertit mais son père resta fermé à l’évangile.
A cette époque, l’hérésie arienne régnait partout et Martin, après avoir été maltraité, quitta sa ville et regagna l’Italie. Il se retira sur la petite île inhabitée de Gallinara. Lorsqu’il apprit qu’Hilaire avait été rétabli sur son siège épiscopal de Poitiers en 360, il a le rejoignit. Sur ses conseils, il fonda un ermitage puis une communauté cénobitique, à l’endroit qui devint par la suite le monastère bénédictin de Ligugé. On rapporte que par deux fois, à la suite d’Elie et d’Elisée (II Rois chap. 4 et 33), il ressuscita un mort.
Lorsque l’évêque de Tours, Litorius, mourut, le peuple songea à Martin pour lui succéder. Mais comment l’amener à Tours ? Un notable vint supplier Martin dans son ermitage de se rendre au chevet de sa femme mourante. Martin acquiesça. En avançant vers la ville, une foule nombreuse s’assembla sur le chemin demandant qu’il accepte de monter sur le siège épiscopal. Les évêques des alentours, trop mondains, s’opposèrent à son installation, mais la « vox populi » l’emporta sans difficultés, après la lecture du verset 3 du psaume 8, lors de son intronisation. En latin, ce verset se termine par ces mots « ut destruas inimicum et defensorem » (pour détruire l’ennemi et le rebelle). Or, le nom de l’évêque d’Angers, adversaire de Martin, était Defensor. Martin consentit dès lors à son élection, comprenant la ruse que son Dieu avait utilisée pour le faire venir à Tours.
Devenu évêque, il ne renonça pas à sa vocation monastique. A trois kms de Tours, à Marmoutier, il se construisit un ermitage, une cabane en bois. Les moines affluèrent et s’y installèrent de la même manière. Marmoutier devint peu à peu un ensemble d’ermitages.
Martin n’était que le troisième évêque de Tours. Certains cultes païens y régnaient encore en maîtres. Déterminé à les exterminer, il pria, se mortifia avant d’affronter les dieux païens. Chaque fois le Seigneur lui donna la victoire et la foule, saisie d’une crainte religieuse, abandonna les idoles pour croire au Christ.
On dénombre aussi bien des fioretti qui relatent le don de guérison de Martin.
D’un caractère ferme, il refusa de s’asseoir avec des évêques courtisans à la table de l’empereur Maxime, excommunié par saint Ambroise pour avoir fait exécuter l’empereur Gratien et usurpé le pouvoir impérial. Après une explication avec Maxime, il se rendit à la cour, mais pour l’humilier davantage encore en présence de tous les dignitaires. Martin était de cette race d’évêques qui savent tenir tête aux grands de ce monde.
En 390, Sulpice Sévère, le futur biographe de Saint Martin, décida de se rendre de Bordeaux à Tours pour rencontrer cet ascète qu’il estimait. Il garda un souvenir inoubliable de l’accueil que l’évêque lui réserva. Il partagea son repas et Martin lui lava les pieds fatigués par le voyage.
La mort de Martin.
Martin sut que sa mort approchait. Il parvint à rétablir la paix parmi les clercs de la paroisse de Candes. Au moment de retourner dans son monastère, ses forces commencèrent à l’abandonner et il fit savoir à ses frères qu’il était mourant. En présence de ceux-ci, éplorés, il fit au Christ l’ultime prière d’un vieux lutteur: C’est un lourd combat que nous menons, Seigneur, en te servant dans ce corps ; en voilà assez de batailles que j’ai livrées jusqu’à ce jour. Mais si tu m’enjoins de rester en faction devant ton camp pour continuer d’y accomplir la même tâche, je ne me dérobe point et je n’invoquerai point les défaillances de l’âge. Je remplirai fidèlement la mission que tu me confies. Tant que tu m’en donneras l’ordre toi-même, je servirai sous tes enseignes. Et bien que le souhait d’un vieillard soit de recevoir son congé, sa tâche terminée, mon courage demeure pourtant victorieux des ans et ne sait point céder à la vieillesse. Mais si désormais tu épargnes mon grand âge ; c’est un bien pour moi que ta volonté, Seigneur. Quant à ceux-ci, pour qui je crains, tu les garderas toi-même ».
Martin mourut en pasteur, dans une de ses paroisses, au cours d’une visite pastorale, après y avoir rétabli la paix parmi les clercs divisés. Il s’éteignit riche de sa seule pauvreté, tout entier donné au Christ.
Valère De Pryck
Sources : Marie Borrély in Orthodoxes à Marseille, Internet
Sulpice Sévère, Vie de Saint Martin, Trésors du Christianisme, Cerf, Paris, 2003[/SIZE]
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