Posté le 22.09.2006 par orthodoxie

Le Saint Prophète Elie
« Je suis rempli d’un zèle jaloux pour Yahvé Sabaot ». (1R. 10)
Fêté le 14 juillet
Situons son époque : Achab, fils d'Omri, fut un grand roi, mais par son mariage avec Jezabel fille du roi de Tsidon, il précipita le royaume d'Israel dans l'idôlatrie
Le principal adversaire du roi fut Eliahou le prophète : leurs affrontements furent souvent dramatiques et plus d'une fois le prophète fut obligé de fuir devant la colère d'Achab et d'Israel. A la cour, Jezabel, l’épouse païenne d’Achab entretient des propos blasphématoires qui font intervenir Eliahou par ses invectives fulgurantes. L’idolâtrie règnait en maître. Elie fulmine alors une sentence contre ce peuple, il prononce contre eux un châtiment qu’il lie par un serment, afin que Dieu lui-même ne puisse pas faire marche arrière. « Il est vivant le Seigneur, et il n’y aura ni rosée ni pluie dans ces années-ci, sauf à mon commandement. » (1R.17,1) Ici Dieu, qui se laisse facilement fléchir par les larmes et la pénitence des hommes est coincé par le serment. Il honore son prophète, le respecte, mais prend aussi en pitié son peuple châtié par la famine. Que va-t-il faire devant les larmes et le repentir ? Il lui faudra user de ruses contre son prophète.
-Première ruse de l’Ami des hommes.
Il punit en même temps le peuple et le prophète, mais allège le châtiment de ce dernier en le nourrissant par des corbeaux, animaux impurs qui ne nourrissent pas leurs petits. Ce par quoi il voulait signifier à Elie que ceux qui ont de l’aversion pour leurs petits (les Juifs qu’Elie voulait extirper) sont devenus pour toi des hôtes généreux. Il est aberrant, Elie, que des corbeaux soient devenus des médiateurs de ma philanthropie envers toi, et que toi tu ne sois pas le médiateur de ma sollicitude envers les Juifs. Dieu avait pitié, respectait la sentence d’Elie qui ne se laissa pas fléchir. Aussi Dieu mit fin à la navette des corbeaux et envoya Elie chez la veuve de Sarepta.
-Deuxième ruse de l’Ami des hommes
« Va à Sarepta, et là j’ordonnerai à une veuve, païenne, de te nourrir ». (1R.17,9) Or il était interdit aux Juifs de fréquenter les païens. Dieu avait espéré qu’Elie, entendant le mot «païenne » aurait cédé. Rien ne fit. Dieu prépara la païenne à user de mots durs à l’égard du prophète : « Je n’ai pas de pain cuit mais seulement une poignée de farine dans la cruche et un peu d’huile dans la jarre. Ces derniers aliments pour moi et mes enfants, ensuite nous mourrons ». Elie, troublé par ces paroles ne veut pas être la cause de la mort de cette femme et de ses enfants et commence à nourrir une pensée d’humanité : « Cruche de farine ne se videra, jarre d’huile ne désemplira, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie sur la terre ». Il insinue déjà que la pluie pourrait venir. La veuve est sauvée par sa générosité, mais ce n’est pas encore le cas pour le peuple, car là il ne cède pas et ne demande pas la pluie. Elie est sauvé en même temps qu’elle. Mais que pourrait encore inventer ce Dieu Ami des hommes ?
-Troisième ruse de l’Ami des hommes
Dieu ordonne à l’âme du fils de la veuve de quitter son corps. Par respect pour le prophète Dieu ne voulait pas rompre l’imprécation qui le liait. Mais cette mort acculait le prophète à formuler une requête. « Est-ce ainsi que tu récompenses la veuve qui m’accueille ? Maintenant tu la punis par la mort de son fils. » Elie comprend que Dieu le tient par la ruse en le forçant à intercéder pour le fils de la veuve, ainsi il veut lui faire comprendre d’avoir pitié d’Israël qui meurt de faim suite à la sécheresse. Priant Dieu, Elie se couche par trois fois sur le fils de la veuve et le fait revenir à la vie. Voilà Elie bien dompté et revenu à plus de bonté. Interrompre le châtiment n’était plus un désaveu maintenant. Elie, le dur des durs qui voulait en faire voir au peuple pour ses idolâties avait appris la bonté.
Dieu envoit alors Elie à Achab pour qu’il décrète le don de la pluie et soit l’auteur visible de la réconciliation, car il respecte son prophète. Bon gré mal gré Elie s’exécute. Mais voyant à nouveau l’idolâtrie, il méditait déjà une nouvelle condamnation. Alors à bout d’arguments et voyant qu’Elie ne faisait pas de vrais progrès dans l’amour de ceux qui trébuchent, il décide de l’enlever dans un char de feu pour amener au ciel ce redoutable vengeur de la piété. Là il sera parmi les parfaits, les anges, les chérubins et les séraphins, les brûlants d’amour et le Seigneur lui-même séjournera parmi les pécheurs, lui, seul Ami des hommes, qui est capable de porter sur ses épaules la brebis égarée. (Lc.15,4-5)
Dieu, coincé par le zèle d’Elie qu’Il respecte, lui révèle la philantropie, lui le seul véritable Ami des hommes. Béni soit-Il à jamais.
Valère De Pryck
Sources : Vocabulaire deThéologie Biblique – Editions du Cerf
Le Saint Prophète Elie – Sermon sur le prophète Elie du Pseudo-Chrysostome ( ?) – Spiritualité Orientale,n° 53 – Abbaye de Bellefontaine
Posté le 21.09.2006 par orthodoxie

Saint Ambroise d’Optino
1812 – 1891
Fêté le 10 octobre
Alexandre Grenkov naquit le 21 novembre 1812 dans la région de Tambov, au sein d’une famille cléricale. Doué pour les études et très vif d’esprit, il fut toujours le premier à l’école paroissiale. D’abord précepteur dans une famille, il occupa ensuite la modeste place de maître d’école dans son village natal. Gai et spirituel, aimé de tous, il rechercha de plus en plus la solitude pour prier. Attiré par la prière, il rendit visite au reclus Hilarion, connu dans toute la région pour sa sagesse. Celui-ci l’envoya à Optino. Alexandre visita le monastère mais n’y resta pas. Quelques mois plus tard, il se décida et partit pour Optino où il fut accueilli par le starets Léonide. Lors de sa prise d’habit, il reçut le nom d’Ambroise. Ordonné diacre, puis prêtre, il ne resta pas longtemps au service de l’autel, car il tomba gravement malade. Sa santé fragilisée, il demeura infirme jusqu’à la fin de sa vie et dut renoncer, à cause de sa faiblesse, à célébrer la liturgie. Il se consacra dès lors à la prière intérieure. Sa perspicacité se transformait en clairvoyance et fit de lui une des figures les plus marquantes du startchestvo (direction spirituelle des âmes) russe. Ce don lui permit de conseiller beaucoup de personnes dans le choix de leur vie, parfois tout à l’opposé de ce qu’elles pressentaient. Il lisait dans l’âme comme dans un livre. Par des allusions discrètes, sous forme humoristique, il faisait comprendre aux personnes venues le voir qu’il connaissait leur vie. Il se mettait au niveau de ses interlocuteurs, les conseillant dans tous les domaines possibles. Ainsi avec une paysanne, il lui parla de la façon de nourrir ses dindes. La correspondance du starets était immense. Souvent le contenu d’une lettre lui était connue avant même de l’ouvrir. Pour chacun il trouvait les paroles qui vont droit au cœur. Il savait réveiller chacun à la vie spirituelle. Parmi ses visiteurs on compte Vladimir Soloviev et Dostoïevski. Il est incontestable que ce dernier s’est inspiré d’Ambroise pour créer le personnage du starets Zossima dans les Frères Karamazov. Il avait sous les yeux un modèle vivant. Tolstoï aussi vint le trouver plusieurs fois et fut impressionné par lui.
Un nombre incalculable de personnes venait de toute la Russie pour le consulter. Vu son état de santé, il les recevait le plus souvent couché. Certaines attendaient parfois quinze jours à la porte du monastère.
Chaque matin, avant les tâches quotidiennes, le père Ambroise priait seul dans sa cellule. Il se levait à 4h00, avant que ne s’éveille la nature, pour commémorer la Résurrection du Seigneur. Il ne voulait pas qu’on entrât chez lui pendant ce temps-là. Un jour, un hiéromoine du skite, entrant chez le père Ambroise à l’heure de sa prière, vit la face du starets resplendir d’une lumière insupportable au regard humain. A cause de sa santé, il ne pouvait assister à tous les offices. L’autorité spirituelle d’Ambroise s’étendit progressivement et, après la mort des startsi Léonide et Macaire, Ambroise devint le seul starets d’Optino reconnu par tous.
Le pouvoir de guérison qui lui était donne, il l’exerçait de façon discrète. Soit qu’il envoyait le malade boire à une source, soit qu’il lui inspirait confiance et foi, insistant pour qu’il prie Dieu, et lors de son retour à la maison, celui qui était venu intercéder pour son enfant par exemple, le trouvait guéri. Avec humilité, il s’effaçait devant le Christ, sachant que la source de ce pouvoir venait de Lui ou de l’intercession des saints. Il demandait souvent de prier son saint patron Ambroise de Milan.
La fondation du monastère pour moniales de Chamordino en 1884 fut sa grande joie. Celui-ci avait la particularité voulue par le Père Ambroise d’accueillir les filles qui ne pouvaient pas apporter une dot lors de leur entrée au monastère, condition exigée ailleurs en Russie. En juin 1890, il dut se décider à aller résider à Chamordino, car après la mort de sœur Sophie, première abbesse de Chamordino, aucune des sœurs n’était à même de gérer matériellement le monastère. Pressentant qu’il terminerait sa vie là, auprès de ses sœurs bien-aimées, il prit toutes dispositions nécessaires pour pourvoir à son successeur spirituel à Optino.
Beaucoup se plaignaient alors de n’être pas reçus et des rumeurs circulaient du fait qu’il résidait dans un couvent de femmes. L’évêque de Kalouga lui-même se laissa influencer et décida de le faire revenir. Il voulut s’y rendre en personne et le ramener, mais cette menace ne perturba pas le père Ambroise. Il affirmait que le Seigneur est au-dessus de tous les Monseigneurs. Fin 1891, l’état de santé du père s’aggrava. Le 10 octobre, l’évêque quitta Kalouga avec une voiture pour Chamordino mais arriva trop tard. Le père Ambroise venait d’expirer. Son corps fut transporté et enterré dans son cher monastère d’Optino. Avec sa mort, l’ère des startsi prenait fin, celle des martyrs allait commencer.
Après sa mort, de nombreux miracles vinrent confirmer la sainteté d’Ambroise d’Optino. Il fut canonisé par l’Eglise Orthodoxe Russe en 1988.
Saint Ambroise d’Optino, intercédez pour nous.
Valère De Pryck
Sources : John B. Dunlop, Le Starets Ambroise d’Optino, Spiritualité Orientale, n° 34, éd. Abbaye de Bellefontaine
Vladimir Lossky, Le Starets Ambroise, Internet
Posté le 21.09.2006 par orthodoxie

Le 15 mai nous célébrons la mémoire de notre
Vénérable Père PACHÔME LE GRAND
Il naquit de parents païens en Haute Egypte vers 292. Il ressentit une vive répulsion à l’égard du culte païen et ému par l’attitude charitable des chrétiens de Thèbes envers les conscrits, dont il était, il fut baptisé dès sa libération. La nuit suivante il vit une rosée descendre du ciel et se répandre sur sa tête, elle se condensa et devint du miel qui s’écoula sur toute la terre. Il commença une vie ascétique guidé par sa conscience et se mit à aider les habitants du lieu atteints par une épidémie de peste. Après trois ans il devint disciple du Saint vieillard Palamon qui vivait en reclus.
Après avoir éprouvé Pachôme, le saint vieillard le revêtit de l’habit monastique. Il veillait la moitié de la nuit, si pas la nuit entière, récitant des passages de l’Ecriture et l’Office divin. Le jeûne était très strict : ni huile, ni vin, ni viandes cuites. Ils travaillaient, même de nuit, pour subvenir au besoin des pauvres.
De bon cœur il supportait la discipline du vieillard mais s’appliquait surtout à garder un cœur pur. Il s’éloignait dans le désert pour prier et affronter les démons qui s’acharnaient contre lui ouvertement. Il affligea davantage son corps et finit par remporter la victoire. Il jouissait déjà en partie de l’incorruptibilité promise aux élus.
Au bout de quatre ans de lutte, la vision de la rosée céleste se renouvela. Trois années plus tard il s‘éloigna seul dans le désert. Parvenu à un lieu nommé Tabennêsis il entendit une voix céleste qui lui ordonnait d’y fonder un monastère. Mettant tout en commun, ils vivaient dans un grand renoncement et distribuaient aux pauvres le fruit de leur travail.
Un ange du Seigneur lui apparut pendant les vigiles et lui dit à trois reprises de servir les hommes pour les réconcilier avec Dieu. La vie anachorétique commença avec des hommes du village, chacun vivant séparément et Pachôme les servait. Il ne fut pas récompensé par ces hommes rudes. Il prit patience pendant cinq ans et sur l’ordre de Dieu il leur imposa une règle très stricte et chassa ceux qui ne voulaient pas s’y conformer. Un ange vêtu en moine lui aurait montré l’habit et remis une tablette avec la règle. Ils devaient vivre en cellules séparées regroupées en maisons d’une quarantaine de moines.
Lorsque les frères atteignirent le nombre de cent, il leur bâtit une église dans le monastère. Le dimanche, un prêtre du village vint célébrer la Divine Liturgie. Il refusait que quelqu’un soit ordonné par souci d’humilité et lorsque Saint Athanase, évêque d’Alexandrie, vint rendre visite au monastère de Tabennêsis, Pachôme se cacha car il avait appris qu’on voulait l’ordonner prêtre.
La communauté s’agrandit. Sa sœur le rejoignit et il finit par fonder en tout neuf monastères, plus deux de moniales, souvent suite à une vision. De son vivant ils atteignirent 3.000 moines et 7.000 par la suite.
Il reçut le don de clairvoyance et de guérison. Il ne demandait jamais à Dieu de recevoir des visions, qui peuvent être des voies d’illusion. « Si tu vois un hommes pur et humble, c’est une grande vision. Quoi de plus grand en effet que de voir Dieu invisible dans un homme visible, temple de Dieu. »
Accablé par la maladie, il ne connaissait qu’un remède : le Nom du Seigneur. Mais il alla servir lui-même les frères malades leur donnant même de la viande en dépit de l’usage monastique.
Il resta humble serviteur de tous, vivant dans une maison comme eux, exhortant les moines et leur expliquant les écritures. Il était très strict et exigeant. Un moine négligent venant à mourir, il ordonna avec autorité de ne chanter ni office de funérailles ni d’offrir de sacrifice en sa mémoire, et il fit brûler ses vêtements, laissant tous les frères dans l’effroi pour leur correction.
Il remit son âme à Dieu le 9 mai 346 après avoir ordonné aux frères de cesser leurs larmes. Il fut escorté par les anges et un parfum céleste se dégagea.
Saint Antoine le Grand loua le fondateur de la vie cénobitique comme un nouvel Apôtre. Et pour les curieux de savoir ce qui se passerait de l’autre côté il ajouta :
« Dans le Royaume des cieux, nous nous verrrons l’un et l’autre, nous verrons tous les Pères et surtout notre Maître et notre Dieu Jésus-Christ. »
L’éclat après sa mort fut de courte durée car une période de décadence s’installa et les monastères furent emportés par les invasions des barbares.
Grâce aux traductions de St. Jérôme et aux œuvres de St. Cassien l’impact des institutions pachômiennes fut plus grand en occident qu’en orient.
Source : « Le Synaxaire » Vie des Saints de l’Eglise Orthodoxe s – Monastère de Saint Antoine le Grand – Fond de Laval – F-25190 SAINT-LAURENT-EN-ROYAN
Posté le 21.09.2006 par orthodoxie

[SIZE=14][SIZE=7]SAINT ANDRE DE CRETE (660-740)
Fêté le 4 juillet
Né à Damas dans une famille chrétienne. A l’âge de 15 ans il est confié aux Pères de la Fraternité du Saint Sépulcre à Jérusalem. Après son novicait et la réception de la tonsure monastique il fut remarqué par le patriarche de Jérusalem, Théodore, qui lui confia la charge de secrétaire. Il fut mandaté à Constantinople pour signifier à l’empereur Constantin IV (667-685) la ratification par le Sixième Concile œcuménique de la condamnation du monothélisme.(681) (doctrine du VIIme siècle selon laquelle il n’y aurait eu dans le Christ qu’une seule volonté, la volonté divine). Il y fut ordonné diacre, ensuite prêtre, et s’attacha au Monastère des Blachernes à Constantinople.
L’étape suivante commence par son élection à l’archévêché de Gortyne, en Crète (actuellement La Canée ou Khaniá, port au nord de la Grèce). Il restaura la vie monastique, encouragea les activités caritatives, l’éducation des jeunes. C’est pendant son épiscopat qu’il développa ses talents littéraires, poétiques et musicaux par la voix et la parole. Son propre hymnographe le voit comme «rempli de la Sagesse céleste, qui a fait resplendir l’univers par ses chants et qui a illuminé le monde. Il réjouit le cœur par une musique mélodieuse, en chantant des hymnes en l’honneur de la Sainte Trinité, des chœurs des Saints et de la Vierge très pure ».
En 712, sous la pression de l’empereur Philippos Bardanès, il accepta de souscrire à une définition monothélite d’un synode réuni par ce souverain. Il se reprit toutefois, et sut faire front contre le pouvoir impérial lorsqu’éclata la crise iconoclaste. Saint André mourut dans l’île de Mytilène le 4 juillet 740 au retour d’un voyage à Constantinople.
Grand Canôn de Saint André de Crète
Le Grand Canôn lui a été probablement inspiré par le remords qu’il eut d’avoir souscrit par faiblesse aux définitions hérétiques. Le thème en est la pénitence. Cet hymne pathétique est chanté deux fois par an, pendant la période de Carême précédant le fête de Pâque.
Saint André composa son Grand Canôn dans la dernière période de sa vie comme une sorte de chant du cygne. Olivier Clément l’appelle le «chant des larmes ». Il constitue une confession publique, dans un élan de sincérité religieuse absolue, après repentance. Saint André, se basant sur son expérience pastorale, sonde l’abîme de la décadence morale et existentielle de l’homme qui s’est détourné de Dieu. Il reflète admirablement ce double mouvement de l’âme : la reconaissance de la chute et l’espoir et la confiance en la miséricorde divine. Le Grand Canôn nous invite à une nouvelle lecture de la Parole de Dieu. Ce que les Pères appellent la « metanoia ». «Conversion de l’esprit » traduit le mieux la profondeur du sens spirituel. Il est important de distinguer le repentir de la culpabilité. Si le repentir véritable est le retournement de l’esprit vers Dieu, en étant confiant que le Dieu de miséricorde pardonne les fautes, la culpabilité est un enfermement de l’esprit sur lui-même, sur ses manquements et ses péchés. La culpabilité doute de la miséricorde et du pardon divins ; elle mène au découragement et au désespoir, elle est une fausse humilité et l’orgueil déguisé par l’Ennemi . L’humilité véritable est reconnaissance de sa faute et accepte le pardon de Dieu. Sur le chemin de la vie, le chrétien garde le souvenir de ses fautes, c’est-à-dire de sa responsabilité, et non de sa culpabilité ; l’un est salutaire, l’autre diabolique.
Ce chant du Grand Carême exprime une «radieuse tristesse ». « Tristesse » parce que nous sommes conscients de nos manquements à la sainteté à laquelle nous sommes appelés, «radieuse » parce que notre tristesse est illuminée par la conscience de l’amour de Dieu qui attend le fils prodigue avec un vêtement neuf et un anneau au doigt. « Radieuse tristesse » parce illuminée par la Lumière de la Résurrection du Christ qui nous entraîne en nous prenant par nos poignets dans le Royaume du Père.
C’est tout cela que Saint André chante au long de ses 250 strophes. Pour les liturgistes c’est une des meilleures oeuvres de la littérature universelle. Voici quelques trop brefs extraits :
Viens donc, âme endurcie, revêtue de ta chair,
Confesse-toi au Créateur de toutes choses ;
Rejette loin de toi ton délire et offre à Dieu des larmes de pénitence. (Lundi ,Ode 1,3)
Comme David je suis tombé dans l’intempérance
Et je me suis roulé dans la boue,
Mais lave-moi, ô mon Sauveur, par mes larmes. (Mercredi, Ode 2, 48)
Ne t’abandonne pas au désespoir, ô mon âme
Médite la foi de la Cananéenne, dont la fille fut guérie par une seule parole de Dieu, et avec elle, crie du fond de ton cœur : « Fils de David, sauve-moi ! » (Jeudi, Ode 9, 217)
Saint André de Crète, intercède pour nous.
Sources
- Saint André de Crète, par l’Archiprêtre André FYRILLAS, professeur de patrologie à l’institut de Théologie Orthodoxe Saint Serge (texte sur internet)
- Pages Métanoïa (Internet)
- « Le Grand Canon de Saint André de Crète », traduit par l’Higoumène Michel et les moines de l’Abbaye Saint Michel de Bois-Aubry (disponible à L’Abbaye de Bois-Aubry, 37120 - Luzé , France)
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Posté le 20.09.2006 par Valère De pryck

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Saint Séraphim de Sarov
(Moine Grégoire Krug – Monastère de Saint-Jean-Baptiste – Angleterre)
Saint Séraphim de Sarov (1759 – 1833)
Parmi toutes les belles figures de l’Orthodoxie, nous avons choisi la vie de Séraphim de Sarov, éminent ermite, purifié par L’Esprit Saint. Il devint le père spirituel (staretz) d’une multitude. Il est fêté le 2 janvier et le 19 juillet.
Naissance et jeunesse
Son vrai nom Prokhore Mochnine. Il naquit le 19 juillet 1759. Il appartenait à la classe marchande traditionnaliste de Koursk. Divers faits miraculeux lui sauvèrent la vie. Il tomba du haut d’une église en construction et se releva indemne. Lorsqu’une maladie faillit l’emporter à l’âge de 10 ans, il fut guéri miraculeusement lors d’une procession de l’Icône Notre-Dame de Koursk.
1779-1793 : Moine et hiéromoine
Sur le conseil d’un ancien (staretz) il entra au Monastère du «Désert de Sarov » le 20 novembre 1778, âgé de 19 ans. Toute sa vie il y vécut une intimité avec Dieu et un amour indéfectible à l’égard de ses proches. Moine modèle, boulanger au monastère, menuisier, sacristain, bûcheron. Il lit la Bible et les écrits mystiques des Pères. A tout cela il unit la prière de Jésus et se retire dans la forêt pour prier.
Malade au monastère pendant trois ans, terrassé par une hydropisie, il se remet au seul médecin des corps et des âmes, Notre Seigneur Jésus Christ et sa sainte Mère. Il fut guéri un jour de façon miraculeuse par la Sainte Vierge venue cette fois-ci en personne, accompagnée des apôtres Pierre et Jean, lui adressant les mêmes paroles entendues jadis pendant sa maladie d’enfance :«Celui-ci est de notre race ».
1794-1810 : Ermite au désert de Sarov
Il se retira au désert de Sarov avec au cœur le leitmotiv de la prière orthodoxe : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, prend pitié de moi, pécheur ». Cette prière l’habitait et le conduit à la paix intérieure, le calme, la tranquillité. Retiré dans une isba (ermitage) il y connut une ascension spirituelle dans les sphères dont la plupart des hommes ne soupçonnent guère l’existence. Le dimanche il revient au monastère pour y participer à la Divine Liturgie.
Un ours sauvage qu’il nourrit devint son ami. Un jour qu’il reçut un hôte, il demanda à l’ours d’aller chercher du miel pour l’offrir en guise d’accueil. Ce que l’ours fit aussitôt et il revint porteur d’un rayon de miel marchant sur ses pattes de derrière.
Un incident tragique clôt cette période. Comme il recevait des visiteurs, des bandits l’assaillent et le ruent de coups. Ils croyaient qu’il avait beaucoup d’argent. Il ne se remettra pas entièrement de ces blessures car depuis lors il marchera courbé, appuyé sur un bâton. A nouveau il reçoit la visite de la Mère de Dieu. Lorsque les brigands sont arrêtés, il leur pardonne et s’oppose à ce qu’ils soient châtiés et demande aux autorités de les gracier.
A partir de 1807 et jusque 1810 il prend sur lui la croix du silence complet, ne recevant plus personne, se purifiant intérieurement pour Dieu.
1810 – 1825 : Reclus au monastère.
En 1810 un ordre de l’higoumène (père abbé) de Sarov l’oblige à revenir au couvent. Dieu ne lui permet pas encore de rompre le silence et avec l’accord de son supérieur il vit en reclus dans une cellule étroite où ne pénètre personne et dont il ne sort jamais. Il prie et lit l’Evangile ; chaque semaine le Nouveau Testament en entier. Une seule petite lumière brille devant l’icône de la Vierge de Tendresse. Petit à petit sa réclusion s’atténue et en 1825 il reçoit l’ordre de la Mère de Dieu de sortir de sa cellule pour servir les hommes.
1825 – 1833 : Séraphim en plein soleil. « Ma joie » -« Le Christ est ressuscité ».
Ceci est le début de la dernière période de sa vie. Il devient «père » et conseiller spirituel de milliers de moines et de laïcs. Sa vie apparaît maintenant comme une révélation «de la vie du siècle à venir ». Il accueille chacun chaleureusement l’appelant «ma joie » - «le Christ est ressuscité ». Des centaines de cierges, reçus de ses visiteurs, brûlent maintenant dans sa cellule devant l’icône de la Mère de Dieu
Il eut aussi des «enfants spirituels » laïcs, e.a. Nicolas Motovilov qu’il guérit miraculeusement de ce qu’on appellerait aujourd’hui la sclérose en plaques et qu’il choisit comme porte-parole pour laisser un message au monde entier. Le thème de ce message était : « Le but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition de l’Esprit Saint ». Motovilov certifie avoir vu de ses propres yeux, lors de cet entretien avec lui, le rayonnement de la lumière ineffable dont le saint était la source.
2 Janvier 1833.
Séraphim est trouvé inanimé dans sa cellule. Il est mort à genoux devant l’icône de la Vierge de Tendresse. En 1903 il fut canonisé.
La personnalité et la spiritualité de Saint Séraphim
Saint Séraphin était un priant. Il n’a presque rien écrit lui-même à part quelques instructions spirituelles, mais il a demandé à Nicolas Motovilov d’être son porte-parole. Il disait qu’il avait un message à transmettre au monde. Il se résume en ceci : Le but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition de l’Esprit Saint. Motovilov consignait tout cela dans un cahier, ses mémoires. Il le confia à sa femme lorsqu’il mourut et elle le mit au grenier. Sentant sa fin proche, celle-ci le confia à un écrivain, Serge Milus, qui le publia dans le «Journal de Moscou ». Nous sommes en 1903, année de la canonisation de Saint Séraphim.
L’acquisition de l’Esprit Saint présuppose la foi en Jésus Sauveur. Quel que soit notre état, la prière est toujours à notre disposition et nous donne la grâce de l’Esprit de Dieu. Dans le silence, ne laissant rien d’impur entrer en nous, nous cédons le pas à la prière indicible de l’Esprit. Comment reconnaître la présence du St Esprit en nous, demande Motovilov. Il répond que cette présence est lumière, silence, paix intérieure, une douceur extraordinaire et une joie indescriptible, parfum :la bonne odeur du Saint Esprit.
Séraphim avait une dévotion toute particulière pour la Mère de Dieu. Celle-ci lui rendit plusieurs fois visite accompagnée des apôtres Pierre et Jean. Ils conversaient ensemble en toute simplicité. Lors de ses maladies et de son attaque par les brigands, elle vint en personne pour le guérir.
Un deuxième document de sa main sont ses «Instructions Spirituelles ».
Avec l’acquisition de l’Esprit Saint, cœur de son enseignement, il ajouta «Acquiers la paix intérieure et des âmes par milliers trouveront auprès de toi le salut ».Le thème de la paix revient très souvent. Tout y est subordonné : l’amour de l’Eglise, la «vraie » espérance, abstinence du jugement sur le prochain et surtout le silence intérieur. L’âme en paix dans la prière se remplit de la chaleur spirituelle et la lumière du Christ inonde l’homme tout entier. Il était un staretz expérimenté et sage, ne recommandant pas des excès.
Beaucoup de miracles suivirent sa mort. Le peuple accourut pour le prier. Le tsar Nicolas II insista auprès du Saint Synode , bien que rencontrant l’opposition du Procurateur Général du Saint Synode, pour qu’il soit canonisé.
La date fut fixée au 19 juillet 1903. Dans le style des grandes festivités escortées par les icônes, les métropolites, archimandrites et nombreux évêques ainsi que le tsar et son épouse, Saint Séraphim fut porté sur les autels.
Dès 1904 les terribles perspectives prédites par Séraphim commencèrent à se réaliser : guerre du Japon, première guerre mondiale en 1914, la Révolution en 1917 avec l’assassinat du Tsar et de toute la famille royale.
Séraphim avait promis de prier pour ce peuple russe qu’il aimait tant, prosterné devant le trône du Très Haut.
Nous recommandons vivement le livre d’Irina Goraïnoff, dont nous tirons l’essentiel , qui contient la biographie de saint Séraphim, l’Entretien avec Motovilov, et les Instructions spirituelles :
Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov : Sa Vie, Entretien avec Motovilov et Instructions spirituelles. Abbaye de Bellefontaine/Desclée de Brouwer (Collection Théophanie), 1995
Posté le 20.09.2006 par Valère De Pryck

SAINT SPYRIDON
De moeurs rustiques, peu cultivé, il n’avait pas son pareil quant à l’amour du prochain. Marié, père de famille, prêtre, évêque, père conciliaire au premier concile (Nicée 325), il affronte l’arianisme. Voilà son parcours relaté ci-dessous.
Le berger de Chypre.
Saint Spyridon naît en 270 dans l’île grecque de Chypre. Né de parents bergers, il devient lui-même berger. Il apprend à lire pour pouvoir lire les Saintes Ecritures et voir ce que Dieu attend de l’homme.
Il se marie, devient père de 2 enfants. Lorsque sa femme quitte soudainement ce monde, il se consacre à Dieu et devient prêtre à la demande de tous. Il est un prêtre sage, désintéressé, paisible et hospitalier, doux, indulgent et bon père de famille en même temps. Tel Abraham accueillant tout homme qui se présente à lui, il montre la même sollicitude que si c’était le Christ lui-même. Il est compatissant avec les voleurs venus voler dans sa bergerie et leur dit : « Vous devez être épuisés, prenez ce mouton pour vous restaurer et avec la grâce de Dieu allez et ne volez plus. »
Il reçut les dons des miracles, d’exorcisme et de guérison. Ignorant des sciences humaines, mais riche en dons de clairvoyance. Il avait une connaissance profonde des écritures.
Berger des hommes
Lorsque l’évêché de Trimythonte reste sans évêque, il succède à la demande de tous. Il visite son évêché à pied disant : « Pour un berger qui avait l’habitude de courir derrière son troupeau, la marche est un jeu d’enfant. » En même temps il continue à s’occuper de ses troupeaux, cultive ses champs et donne la plus grande partie aux pauvres. Son coffre avec l’argent était toujours ouvert à la disposition de tous et il ne se souciait pas de savoir s’il était plein ou vide.
Dieu fait de nombreux miracles par lui. Il fait tomber la pluie après une longue sécheresse sur l’île de Chypre. Exilé en Cilicie pendant les persécutions de l’empereur Maximilien Galère, il y est conduit aux travaux forcés et marqué au fer rouge. Il y reste 8 ans et lors de son retour dans l’île, les veilleuses des églises restées vides s’emplissent d’huile et s’allument miraculeusement.
Un pauvre père de famille vient trouver St. Spyridon tout désappointé. Un riche refuse de l’aider. Spiridon l’écoute et lui promet de le tirer d’affaire. Le lendemain un violent orage éclate accompagné de pluies torrentielles qui inondent le cellier du riche et emportant tout au dehors. Ceux qui sont dans le besoin n’ont plus qu’à ramasser le nécessaire pour nourrir leur famille.
Thaumaturge il accomplit beaucoup de miracles. Il vole au secours d’un innocent condamné à la suite de fausses accusations. Il fait parler sa fille Irène morte, à qui quelqu’un avait confié un objet précieux, pour le retrouver. A sa prière fervente un enfant ressuscite. Il impose silence à un diacre qui chante les louanges pour écouter sa belle voix, et lorsqu’à la demande des villageois Spyridon lui rend sa voix, elle est moins belle.
Célébrant les vêpres avec son diacre des voix mélodieuses célestes répondirent et cela s’entendit au dehors. Les villageois accourus comprirent que ces voix venaient du ciel et dans une grande émotion ils glorifiaient Dieu.
Saint Spyridon mourut le 12 décembre 348 âgé de 78 ans. Son corps fut une source de miracles et de guérisons pour sa patrie, l’île de Chypre, jusqu’au 7me siècle. Ensuite, sous la menace de l’invasion barbare on le transféra à Constantinople. A la prise de la ville, son corps précieux fut transporté par un prêtre d’abord en Epire et en 1456 à Corfou où il se trouve encore. Jusqu’aujourd’hui son saint corps reste incorruptible, intact, souple et mobile. Il est une source permanente de miracles pour les habitants de Corfou, qu’il délivre en 1673 d’une épidémie de Choléra et en 1716 d’une invasion islamique et qui le vénèrent comme le protecteur de leur île. Il est également une source de miracles pour tous les chrétiens qui le vénèrent et le prient avec foi.
Actualisation
Dans ce 20me siècle Saint Spyridon est représenté (voir 2me icône) protégeant son église en écartant les bombes allemandes durant la seconde guerre mondiale.
Réflexions
- Tout saint ne veut rien d’autre que nous conduire au Christ. Sa vie est «d’être Christ » comme le dira Saint Paul. C’est dans ce sens qu’il est bon de mieux connaître la vie des amis du Christ.
- L’image de Saint Spyridon, berger, semble très parlante. Nous pouvons la mettre en parallèle avec tout le thème du berger dans l’Ancien Testament et celui du Christ, bon berger.
- Comme le Christ, il tient le Livre des Ecritures de la main gauche et bénit de la main droite. Nous pouvons admirer la beauté de ses habits.
Tropaires
Du premier des conciles tu fus le champion et le thaumaturge., Père théophore (=qui porte Dieu) ; tu as parlé avec une morte ensevelie ; en or tu as changé un serpent ; quand tu chantais tes saintes oraisons, les Anges célébraient avec toi, Pontife Saint. Gloire à celui qui t’a glorifié, gloire à celui qui t’a couronné, gloire à celui qui par toi opère en nous la guérison ! (Tropaire t.1)
D’Abraham tu imitas l’hospitalité en tenant ouvert les accès de ta maison et laissant tout à la disposition de tous pour assister ceux qui étaient dans le besoin, Bienheureux Père Spyridon. (Ode 5)
Maintenant sage Père Spyridon, sans cesse intercède pour nous. (Laudes t.1)
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