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orthodoxie
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Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck, laïc val.depryck@gmail.com
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20.09.2006
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Mar Mari (fêté le 25/26 Juin)

Publié le 22/05/2018 à 19:46 par orthodoxie
Mar Mari (fêté le 25/26 Juin)
                                               Icône: Je suis le cep       

Mar Mari
1er - 2me siècle

 

Fêté le 25/26 juin dans les Églises chaldéenne et assyrienne, le 5 août en Irak et au Kurdistan.

Nous sommes habitués à lire les Évangiles et à parler des douze apôtres de Jésus. De ce fait, nous oublions que le cercle des disciples de Jésus était bien plus grand. Il y en avait 72 (70 selon d’autres traditions) mentionnés seulement dans l’Évangile de Luc (10, 1-24). Jésus les choisit et les envoya par groupes de deux vers différentes régions pour annoncer l’Évangile.On peut penser que chacun des 12 apôtres était responsable de la formation des disciples. Ainsi, on se serait trouvé en présence de 12 groupes de 6 disciples, chaque groupe ayant à sa tête un apôtre formateur. Ces douze groupes de formation évangélique auraient donc été formés chacun de sept membres pour un total de 84, soit 72 disciples plus 12 apôtres. Jésus envoie ses disciples non pour semer, mais pour moissonner : «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux». Derrière cette parole nous est confirmé que Dieu nous a précédés dans le cœur de ceux auxquels il nous envoie. Ce n’est pas nous qui semons, c’est Dieu lui-même qui a déjà inscrit la graine de son amour dans la vie de chacun Il les envoie deux par deux. Certes, à l’époque de Jésus, un seul témoin n’était pas recevable, il fallait en justice au moins deux témoins pour que le témoignage soit reçu. Mais au-delà de cette nécessité juridique à l’époque de Jésus, on peut aussi comprendre que Jésus ne nous envoie jamais seul, même si, apparemment, nous sommes seuls. C’est toujours une communauté qui envoie et qui accompagne, même si c’est un individu seul qui est porteur du témoignage. À travers cela, Jésus confirme l’importance de la communauté. Un troisième aspect de l’envoi par Jésus, c’est l’indication de n’emporter «ni argent, ni sac, ni sandales». Cette prescription souligne l’urgence de la mission, mais aussi Jésus entend nous dire que le témoignage n’est pas d’abord une question de moyens, même si certains moyens sont nécessaires, mais d’abord la vérité du témoin. C’est elle seule qui peut rendre crédible le témoignage Mar Mari (saint Mari) est l’apôtre de la Syrie, de la Mésopotamie et de la Perse. Selon des sources difficiles à vérifier, il aurait été disciple de Mar Addaï, l’un des soixante-douze disciples envoyés par le Seigneur. Quoi qu’il en soit, les récits le concernant veulent rappeler l’origine très ancienne des Églises syro-orientales. On attribue à Mari la fondation des sièges épiscopaux, dont celui de Nisibe. L’Église apostolique assyrienne de l’Orient remonte au siège de Séleucie-Ctésiphon, supposée fondée par l’apôtre Saint Thomas. Celui-ci, avant de poursuivre son voyage vers l’Inde, laissa en Mésopotamie deux disciples, Saint Mari et Saint Thaddée (Addaï). De leur prédication surgit une Église qui, du 1erau 4mesiècle, se diffusa grâce à l’apparition de communautés et de monastères sur tout le côté oriental. Le développement autour de la capitale Séleucie-Ctésiphon serait à attribuer au disciple parthe Mari ainsi que les églises dans les principales villes non juives de la Mésopotamie du Sud. Ces deux disciples (apôtres appelés ailleurs) organisent de concert le noyau de ce qui coordonnera la plupart des églises de l’Orient de l’empire romain.(Irak : les drames des Assyro-Chaldéens d’hier à nos jours. Joseph Alichoran – 15 mars 2008). Les Actes de Mar Mari, ont été rédigés en syriaque au VI-VIIe siècle en Babylonie. Ils rapportent en 34 séquences le périple missionnaire de Mari, l'un des soixante-dix disciples du Christ, compagnon des apôtres de Jérusalem. Son apostolat en Orient est comparé à celui de Pierre et de Paul en Occident. Il est envoyé vers la terre de Babel par Addaï, l'évangélisateur d'Édesse ; son périple s'achève aux confins de la Perse, espace missionnaire de l'apôtre Thomas. Mar Mari et ses disciples implantent le christianisme dans les villes et villages à l'Est de l'Euphrate, dans toute la vallée du fleuve Tigre. Souvent en conflit avec les adeptes de Zoroastre, il guérit, exorcise, ressuscite des morts et prêche à tous (dans les cours royales, les assemblées politiques …). Loin des préoccupations christologiques des grands conciles sur la double nature du Christ, vrai Dieu et vrai homme, les Actes se font l'écho des inquiétudes de l'Église syro-orientale (abusivement appelée 'nestorienne') face à l'étendue des succès du manichéisme : par bien des indices, sous le calame de l'auteur, Mari apparaît comme la figure antithétique de Mani. Si le nom Mar Mari (saint Mari) a peu d'écho en Occident, l'Orient chrétien lui a depuis longtemps associé une liturgie ; la cérémonie d'investiture du patriarche de l'Église de Perse s'achevait avec faste autour de ses reliques.

Dans la liturgie composée par Addai et Mari l’anaphore, c'est-à-dire la prière eucharistique, précédée des rites de préparation à la distribution du pain et du vin eucharistique, est singulière : depuis des temps immémoriaux, elle est utilisée sans récit de l'Institution. 

Anaphore de Mari et Adaï
Que vienne, Seigneur, ton Saint-Esprit, et qu’il repose sur cette oblation de tes serviteurs et qu’il la bénisse et la sanctifie, 
Épiclèse sur les dons et sur les communiants
afin qu’elle soit pour nous, Seigneur, pour l’expiation des dettes et pour la rémission des péchés et pour la grande espérance de la résurrection des morts et pour la vie nouvelle dans le royaume des cieux avec tous ceux qui ont été agréables devant toi. 
Doxologie
Et pour toute ton économie admirable envers nous, nous te confessons et te louons sans cesse,
dans ton Église rachetée par le sang précieux de ton Christ, les bouches ouvertes et les visages découverts, te rendant [louange et honneur et confession et adoration à ton Nom vivant et saint et vivifiant, maintenant et en tout temps, et dans les siècles des siècles].
Amen!                                                               (traduit à partir du codex de Mar’ Esaʽya (C. Giraudo)

 

Par comparaison, voici l’anaphore de la liturgie de saint Jean Chrysostome, puis celle de la liturgie latine qui, toutes les deux, comportent le récit de l’institution de l’eucharistie suivi de l’invocation à l’Esprit Saint.

 

Anaphore de la Liturgie byzantine/orthodoxe selon st Jean Chrysostome
Le Prêtre : Et nous aussi, ô Seigneur, Dieu de bonté et de miséricorde, nous élevons nos voix avec ces Esprits célestes et nous disons : vous êtes Saint, vous êtes le Dieu de toute sainteté, vous et votre Fils unique, et votre Très-saint Esprit, vous êtes Saint et souverainement Saint, et votre gloire est magnifique ; vous qui avez aimé le monde jusqu’à lui donner votre Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais soit participant de la vie éternelle : lui qui étant venu en ce monde, et ayant accompli l’économie de notre salut, la nuit où il fut livré ou plutôt qu’il se livra lui-même pour le salut du monde, prit le Pain entre ses mains saintes, pures et sans tache, et lorsqu’il eut rendu grâces et l’eut béni, sanctifié et rompu, il le donna à ses Saints Disciples et Apôtres en leur disant :

À voix haute : Prenez et mangez : ceci est mon Corps qui est rompu pour vous, pour la rémission des péchés.
Le Chœur : Amen.
Le Prêtre à voix basse : De même après la Cène, il prit le Calice en disant :
À voix haute : Buvez-en tous : ceci est mon Sang de la Nouvelle Alliance, qui est versé pour vous, et pour beaucoup, en rémission des péchés.
Le Chœur : Amen.
Le Prêtre se relève et fait trois signes de croix sur les Dons Sacrés, en disant :
Faites ce Pain le Corps précieux de votre Christ.
Le Prêtre le bénissant : Et, ce qui est dans ce Calice, le Sang précieux de votre Christ.
Le Prêtre bénissant :
Changeant leur substance par la vertu de votre Esprit-Saint.
Le Chœur : Amen, amen, amen.
Anaphore de la Liturgie Latine
C'est pourquoi nous te supplions de consacrer toi-même les offrandes que nous apportons: sanctifie-les par ton Esprit pour qu'elles deviennent le corps et le sang de ton Fils.
La nuit même où il fut livré, il prit le pain, en te rendant grâce il le bénit, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant :
Prenez, et mangez-en tous :Ceci est mon corps livre pour vous.
De même, à la fin du repas, il prit la coupe, en te rendant grâce il la bénit, et la donna à ses disciples, en disant :
Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi. Mystère de foi.

 

Dans les trois anaphores, l’intervention de l’Esprit Saint nous permet de mieux prendre conscience de son action à ce moment central de la célébration.

 

Sources : différents sites sur Internet.

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Cyrille de Tourov (1130-1182)

Publié le 28/03/2018 à 16:17 par orthodoxie
Saint Cyrille de Tourov (1130-1182)

Saint Cyrille de Tourov

( né vers 1130,mort vers 1182 )

 

Cyrille naquit dans une riche famille de Tourov sur le fleuve Pripyat dans la région de Minsk, mais ni la gloire ni la richesse ne l’intéressaient. Il étudia les Livres Saints auprès de maîtres russes et grecs qui le menèrent vers une compréhension profonde de l’Ecriture. Par la suite, il entra au monastère des Saints-Boris-et-Gleb où il devint un modèle de parfaite observance monastique. Après avoir revêtu l’habit, il consacra sa vie à la prière, aux veilles et au service de ses frères. Par ses fraternelles exhortations, il incitait les moines à l’obéissance totale à leur Higoumène, condition selon lui du salut de chacun. Par la suite, il se sentit appelé à devenir stylite, vivant sur une colonne où il s’adonnait à une ascèse intense en vue de pénétrer plus profondément encore dans la compréhension spirituelle de la Sainte Écriture. Beaucoup de gens venaient vers lui pour lui demander conseil concernant leur vie spirituelle. Sa renommée se répandit dans toute la contrée si bien que le Prince et le peuple, unanimes, l’obligèrent à accepter la charge d’évêque de Tourov. Il dépensa alors toute son énergie dans l’édification spirituelle du peuple. En 1169, Cyrille participa à un Concile censurant l’évêque Théodore, titulaire du siège de Vladimir-Suzdal, qui cherchait à se séparer du Métropolite de Kiev. Il dénonça l’hérésie et écrivit des lettres au saint Prince André Bogoliubsky où il l’instruisait et le guidait en vue de résoudre les problèmes qui se posaient dans l’Église de Rostov. Il rédigea de nombreuses homélies sur les fêtes de l’année, les Évangiles et les prophéties de l’Ancien Testament, instructions toutes illuminées de la sagesse acquise durant sa vie d’anachorète. Il composa un recueil de prières empreintes de l’esprit de componction semblable à celui de Saint Ephrem le Syrien, de même qu’un Grand Canon de pénitence au Seigneur, à la manière de saint André de Crète. Après une vie de labeur toute donnée à la gloire de Dieu, Cyrille, considéré comme un « second Chrysostome », s’endormit dans la paix le 28 avril 1183 après avoir démissionné de sa charge épiscopale et retrouvé son hésychia monastique

 

Retenons quelques extraits de son Sermon pour le dimanche après Pâques :

Maintenant les cieux se sont éclaircis, chassant les sombres nuages qui les enveloppaient comme un lourd linceul, et ils proclament la gloire du Seigneur dans l’air limpide….

Maintenant le soleil se lève plein de fierté dans les hauteurs et réchauffe la terre joyeusement : car le Christ soleil de justice s’est levé du tombeau pour nous et sauve tous ceux qui croient en lui {…}

Aujourd’hui le printemps est en beauté, vivifiant la nature terrestre ; les aquilons, soufflant légèrement, font abonder les fruits, et la terre, nourrissant les semences, fait naître l’herbe verte. Car le printemps, c’est la belle foi en Christ, qui par le baptême procure la régénération de l’homme, et les aquilons ce sont les pensées productrices de péché qui, muées en vertu par le repentir, font abonder les fruits salutaires pour l’âme ; mais la terre de notre nature, ayant reçu comme semence la Parole de Dieu qui comme toujours l’emplit de crainte, étant prise de douleurs, donne naissance à l’esprit du salut.

Maintenant les agneaux et les veaux nouveau-nés gambadent avec allégresse, bondissent, et retournant prestement vers leurs mères, ils s’ébattent dans la joie, tandis que les pâtres jouant de la flûte louent le Christ avec allégresse. Les agneaux, je veux dire les peuples dociles parmi les païens, et les veaux, les idolâtres des contrées infidèles, qui grâce à l’incarnation du Christ, à l’enseignement des apôtres et aux miracles accomplis par eux, se sont promptement attachés à la loi, et faisant retour à la Sainte Église, y sucent le lait de son enseignement ; tandis que ceux qui instruisent le troupeau du Christ, priant pour tous, louent le Christ Dieu d’avoir réuni en un seul troupeau les loups et les agneaux.

Ce passage est typique de la manière allégorique dont Cyrille évoquait le Mystère du salut. Le renouveau de la nature apporté par le printemps est sans cesse mis en rapport avec le renouveau de la vie apporté par le Christ. Il apparaît jusque dans la vision eschatologique de la pacification des loups et des agneaux. Le symbolisme se retrouve encore, par exemple, dans la vision du soleil cosmique signe du soleil de justice, ou l’évocation de l’aquilon pour désigner les pensées pécheresses, etc….

La nature s’offre à lui pour nourrir le seul sujet digne d’intérêt à ses yeux : l’élan religieux, l’exaltation joyeuse, intérieure, à la mémoire de la régénération de l’univers rendue possible par la résurrection du Christ. … Il sait évoquer ingénieusement les éléments cosmiques pour communiquer sa joie pascale.

Maintenant les arbres se couvrent de bourgeons et les fleurs odorantes s’épanouissent, et voilà que les jardins déjà exhalent un parfum suave, et les hommes au travail, emplis d’espérance, acclament le Christ, donateur des fruits. {…}

Maintenant se déroule un festin de régénération pour les hommes renouvelés par la résurrection du Christ, et toutes choses nouvelles sont présentées à Dieu : de la part des païens, la foi ; des bons chrétiens, les offrandes ; du clergé, le saint sacrifice ; des autorités civiles, la charité qui plaît à Dieu ; des nobles, la sollicitude pour l’Église ; des hommes droits, l’humilité ; des pécheurs, la vraie repentance ; des impies, une conversion à Dieu ; de ceux qui haïssent, un amour spirituel.

(Michel Evdokimov, Le Christ dans la Tradition et la Littérature russes).

Avec quelle joie n’écouterions-nous le plus célèbre prédicateur de la Russie prémongole qui, dans la nature offerte à son regard, y contemple le Christ dans son œuvre de résurrection ? Les images de la nature dont la fraîcheur printanière évoque la présence vivifiante du Seigneur ont ému et impressionné son auditoire. Le Christ lui-même n’a-t-il pas puisé dans la nature environnante d’Israël des images qui faisaient pressentir la beauté du Royaume ? Cyrille qui a longtemps contemplé son Maître l’a suivi dans sa manière simple de prêcher.

Qu’il nous bénisse de la table céleste où il partage désormais avec le Christ ressuscité la vie divine.

 

Sources : Michel Evdokimov, Le Christ dans la Tradition et la Littérature russes –Desclée, 1996.

Biographie dans le Blog de la Presbytera Anna – Internet.

 

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

 

 

 

Les sep moines de Tibirine

Publié le 22/02/2018 à 21:32 par orthodoxie
Les sep moines de Tibirine

Les sept moines martyrs de Tibhirine

Les moines de Tibhirine, au nombre de sept, les frères Christian, Bruno, Christophe, Célestin, Luc, Paul et Michel, ci-dessus, font partie d'un groupe de 19 martyrs tués en Algérie pendant la décennie noire (1991-2002), entre le 26 et 27 mars 1996.

La clarté n'a jamais été faite sur l'assassinat des sept frères.

Lors de la cérémonie organisée par le pape Jean-Paul II au Colisée à Rome en 2000 en mémoire de tous les martyrs chrétiens du XXmesiècle, les familles des dix-neuf religieux étaient présentes et formulèrent la demande pour que leur engagement soit reconnu comme un modèle pour l'Église du monde entier.

L'archevêque d'Alger a engagé la procédure de béatification et ce samedi 27 janvier 2018, le pape François surprend tout le monde avec la volonté de faire avancer l'instruction du dossier. Il vient de signer le décret de béatification des 19 martyrs.

 

Les sept frères

Frère Paul

Paul Favre-Miville est né le 17 avril 1939 à Bonnevaux (Haute Savoie), troisième d'une fratrie de quatre. Il obtient un brevet élémentaire à Thonon-les-Bains mais est contraint de soutenir son père, maréchal-ferrant et forgeron de 1954 à 1959. Service militaire en Algérie comme sous-lieutenant dans une unité parachutiste. À son retourilse forme comme plombier-chauffagiste et s'installe dans l'atelier de son père. Déterminé, discret, toujours de bonne humeur. Très engagé dans la vie sociale,conseiller municipal,adjoint du maire, délégué syndical, pompier volontaire, membre de la chorale paroissiale, de la JAC (jeunesse agricole catholique). En recherche spirituelle constante dans différents monastères. À 45 ans il entre au noviciat à l'abbaye de Tamié. Montagnard de naissance, il s'habitue vite aux conditions monacales. Répondant à l'appel venu de l'abbaye de Tibhirine pour agrandir Notre- Dame de l'Atlas, il part en Algérie en 1989 et y fait ses voeux définitifs le 2 août 1991. Il dira ce jour:« J’ai connu et aimé ce pays dans lequel vit la communauté de Notre-Dame de l’Atlas dans les circonstances douloureuses de la guerre d’indépendance et j’ai désiré y revenir ».

Il y trouvera ce à quoi il aspire: une vie simple, utile, solidaire dans l'ouverture spirituelle.

 

Frère Bruno

Bruno Lemarchand est né le 1er mars 1930 à Saint Maixent L'École, dans les Deux-Sèvres. Une partie de sa famille maternelle est protestante. Toute la famille est composée de fervents chrétiens. Il a vécu avec sesparents en Syrie, Indochine (Tonkin), en Algérie, où il fit 17 mois de service militaire avant la guerre d'indépendance. De 1940 à 1944 il vécut à Castelnaudary les plus belles années de sa vie dans les groupes "Cœurs Vaillants" et "Croisade Eucharistique" avec une religieuse de Marie Auxiliatrice. Avec elle etsa prière est née sa vocation monastique.

Il est ordonné prêtre le 2 avril 1956 par l'évêque de Clemont Ferrant, ancien curé de St Maixent. Jusque en 1980, il est professeur puis supérieur au collège Saint Charles à Thouars. Prêtre heureux et épanoui dans le don de lui-même à ses étudiants.Il ne se sent pas un intellectuel mais aime la liturgie et lesœuvres de spiritualité. Le tout partagé avec son amour pour les fleurs, son travail manuel qui l'aide pour la réflexion et la prière. Il cherche sa voie. Il passe par l'abbaye de Ligugé, par une fraternité de Charles de Foucauld et en 1963 il découvre Notre-Dame de Bellefontaine. Il demande en 1981 à y rentrer comme postulant. Lors d'un chapitre en communauté, il entend parler de la Trappe du Mont de l'Atlas. Il entend alors l'appel: "Laisse cela (Bellefontaine) et cherche encore". Le 28 août 1984, il arrive à l'Atlas. Les souvenirs de son séjour de jadis lui reviennent. Trouvant l'adaptation à l'Atlas difficile, il retourne à Bellefontaine. En 1988, il se sent prêt à retourner à Tibhirine et repart début avril 1989 pour y prononcer son engagement définitif le 21 mars 1990. Le prieur, Père Christian, lui demande alors de rejoindre la maison annexe de Fes au Maroc où il restera supérieur quelques mois.Le 19 mars 1996, il a l'occasion de revenir à l'Atlas et y sera enlevé dans la nuit du 26 au 27 mars.

 

Frère Luc

Frère Luc, Paul Dochier est né en 1914 à Bourg de Péage, dans la Drôme. Il fait ses études de médecine, ensuite son service militaire au Maroc comme médecin lieutenant le 28 janvier 1939. Le 7 décembre 1941, libre de ses obligations militaires, il entre à l'abbaye d'Aiguebelle comme frère convers qu'il souhaite rester toute sa vie. Il avait hésité entre le clergé séculier et la vocation monastique, mais une rencontre avec Marthe Robin l'orienta définitivement vers le cloître. Le 26 avril 1943, il part comme prisonnier volontaire en Allemagne pour remplacer un père de famille nombreuse. Il y soigne des prisonniers russes atteints du typhus qu'il attrapera lui-même. Libéré en 1945, il passe un mois en famille et retourne à Aiguebelle. De là il est envoyé à Notre Dame de l'Atlas qu'il rejoint le 28 août 1946, fête de Saint Augustin. Pour ses frères il représente la sagesse et a beaucoup d'humour. On lui demande d'ouvrir un dispensaire pour soigner la population des environs. Il soigne une centaine de malades par jour. À Tibhirine, il fait profession solennellle comme frère convers le 15 août 1949 En 1959, pendant la guerre d'indépendance, il est enlevé une première fois avec le frère Mathieu. Souffrant d'asthme, ces deux semaines d'enlèvement furent une épreuve physique et morale. L'avenir de son abbaye étant incertain, il viendra à Orval en 1962 et en 1964 à Notre Dame des Neiges pour retourner en 1965 à Tibhirine jusqu'à sa mort. Très affaibli, il soigna encore jusque 150 malades par jour, grâce e.a. aux nombreux médicaments qu'il recevait. Pour tous, il était un confident, medecin des corps et des âmes.

 

Frère Christian

Frère Christian de Chergé est né le 18 janvier 1937 à Colmar (Haut Rhin), second d'une fratrie de huit enfants. Il comprend vers sept ans qu'il veut devenir prêtre. En octobre 1942, il passe trois ans en Algérie sa "première rencontre avec la foi de l'autre différent". À partir de 1945, il fait ses études chez les pères maristes, est scout et sa vie s'inspire de la prièrede St Ignace de Loyola: Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux,à vous servir comme vous le méritez,à donner sans compter...".

Le 6 octobre 1956, il entre au séminaire des Carmes à Paris, ses études sont interrompues pour faire son service militaire en 1958 et en juillet 1959, il part comme officier en Algérie. Il s'y lie d'amitié avec un musulman, Mohamed, garde champêtre d'une des communes administrées. Lors d'un accrochage, Mohamed protège Christian et essaie de calmer les agresseurs. Il est trouvé assassiné un dimanche, alors qu'il puisait de l'eau dans un puits. Ce fait fut pour Christian une expérience fondatrice et une semence de vocation. Il comprit que "son appel à suivre le Christ devrait se vivre, tôt ou tard, dans le pays où lui avait été donné ce gage de l'amour le plus grand "qui pro vobis et pro multis effundetur".

En 1961, il revient en France et est ordonné prêtre le 21 mars 1964. Monseigneur Veuillot, archevêque de Paris, lui demande de donner du temps au diocèse et il est nommé chapelain de la basilique du Sacré Coeur à Montmartre.

Le 20 août 1969, il entre au noviciat du Monastère d'Aiguebelle et arrive le 15 janvier 1971 à Notre-Dame de l'Atlas. En 1972, il part à Rome pour étudier pendant deux ans la langue et la culture arabe et islamique à l'Institut Pontifical d'Études Arabes et Islamiques des Pères Blancs dans le but " d'entrer en dialogue avec nos voisins si l'occasion s'en présentait".

Le 1er octobre 1976, il fait sa profession monastique perpétuelle souhaitant être admis parmi ses frères de l'Atlas afin de vivre dans la continuité au service de l'Église d'Algérie, à l'écoute de l'âme musulmane jusqu'à sa mort.

En 1979, il part en ermite quelques semaines à l'Assekrem dans le Hoggar chez le Père de Foucauld.

Il fut le premier Prieur titulaire de l'Atlas en 1984, réélu en 1990. Il fut un pilier du groupe Rabat es-Salam (Le lien de la paix) qui se réunissait au monastère depuis 1979. Il a médité beaucoup sur la place de l'Islam dans le mystère salvifique de Dieu; (voir son livre :L'invincible espérance).Quelques jours avant l'enlèvement, Christian de Chergé, prieur de la communauté de l'Atlas, écrivait : « Je les aime assez, tous les Algériens, pour ne pas vouloir qu'un seul d'entre eux soit le Caïn de son frère. Mais d'avance je confie celui qui, dans sa liberté mal éclairée, deviendrait meurtrier à la miséricorde du Père. Et si c'est à moi qu'il s'en prend, je voudrais pouvoir lui dire qu'il ne savait pas ce qu'il faisait, lui donner toutes les circonstances atténuantes».

Avec six frères il est enlevé dans la nuit du 27 au 28 mars.

Frère Célestin

Frère Célestin Ringeard est né le 29 juillet 1933 à Touvois en Loire Atlantique. Son père, atteint d'une tuberculose meurt six semaines après sa naissance. Pour le préserver d'une contagion, il fut enlevé d'auprès de sa mère et confié à une nourrice, Bertine, qui s'était proposée spontanément. De sa famille, il garda un souvenir précieux qui le rendit sensible aux personnes marginalisées et défavorisées.

Jusque 12 ans, il va à l'école de Touvois et il se décide de s'orienter vers le sacerdoce. Il commence des études secondaires (Petit Séminaire) jusqu'au baccalauréat. D'octobre 1953 à avril 1957, les quatre années de "Grand Séminaire". La 5me année se fera d'octobre 1959 à Noël 1960 après son service militaire (1957-1959) dont la plus grande partie se fera en Algérie à Saïda au service de santé. En février 1958, il sauva un officier de renseignements blessé. Il est ordonné prêtre le 17 décembre 1960. Il passera une année difficile comme vicaire à Saint-Herblain puis il pourra donner toute sa mesure dans la paroisse St Dominique, au nord de Nantes. Il y rencontra une population marquée par la pauvreté matérielle due au chômage, à l'alcoolisme, la prostitution ou la délinquance. Malheureusement en mai 1975, l'équipe paroissiale éclata et sans statut, il trouva un logement HLM tout près de sa mère et de sa soeur, elles aussi réduites à ce sort dans un HLM proche. Il finit par obtenir le statut d'éducateur de rue. C'était une vie dans une totale pauvreté, soutenu par la fraternité Jesus Caritas.Il se tournera vers l'abbaye de Bellefontaine où il entre le 5 mars 1983 et il commence le noviciat le 8 septembre.

L'officier blessé sorti de prison cherchera à le retrouver 26 ans plus tard alors qu'il est entré à Bellefontaine. Ce sera pour lui un signe à partir pour l'Algérie.

Le 4 avril 1984, il ressent l'appel pour partir à L'Atlas qui ne sera rendu public que le 8 mai 1986. Il part le 13 septembre. À l'aéroport d'Alger, le moment fort consiste dans les retrouvailles de l'officier de jadis Si Ahmed Hallouz, après 28 ans. Le 30 avril 1989, fête de Notre Dame d'Afrique, il prend son engagement définitif et se stabilise dans la communauté de Tibhirine. Avant sa profession, il était revenu en France pour assister au "passage " de sa mère.

Atteint au coeur, il devra revenir d'urgence en France pour subir six pontages cardiaques à Nantes en février 1994. À la mi-septembre il repart pour l'Atlas. Les deux années qui suivront seront pénnibles pour sa santé tant physique, morale que nerveuse. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, il est enlevé avec ses frères.

 

Frère Christophe

Frère Christophe est né le 11 novembre 1950 à Blois (Loir-et-Cher) d'une famille de douze enfants, il est le septième. Enfance heureuse avec des parents chrétiens dont les enfants perçurent la foi profonde. Au coucher, la maman rassemblait les jeunes pour la prière commune. Christophe est un enfant facile, au regard direct et lumineux, très sensible. Il entra au petit séminaire pour devenir prêtre et obtint son bac en 1968. Il décida ensuite de ne pas entrer au grand séminaire et abandonna toute idée de sacerdoce. Il s'inscrit en première année de droit à Tours et laisse tomber toute pratique religieuse. Dès 1968, il travaille dans les camps d'Emmaüs jusqu'en 1974. Il participe aux "pelletées de charbon" de Blois pour venir en aide aux plus démunis. Il découvre l'existence de pauvres. Sa vie à l'univ est assez débridée, fêtard avec beaucoup d'amis de tout genre. Il aime danser et est amoureux.

En quatrième année de l'université, il oriente ses études vers le droit international en vue de se spécialiser dans les relations internationales pour travailler dans un organisme pour le tiers-monde. En juin 1972, il obtient sa maîtrise.À la fin de cette année, il se rend compte que seul le Christ pourra répondre à ce désir d'amour, de justice et de paix en lui. Il revient à l'Église, se confesse et retrouve la vie active de foi. En même temps, il découvre le Père de Foucauld et pense aux Petits Frères de Jésus qui semblent correspondre à son idéal.De septembre 1972 à juin 1974, il va faire son service militaire en Algérie comme instituteur dans un centre pour enfants handcapés et sourd-muets.La responsable lui fait connaitre une famille algérienne où il est accueilli comme un frère.Profitant de ses temps libres, il monte plusieurs fois à Notre-Dame de l'Atlas et apprécie cette vie sans éclat, simple, vraie et pauvre : il y découvre des hommes qui donnent ensemble leur vie pour Le prier,L'adorer, vivre les Béatitudes au service de la population dans le quotidien. Il choisitcette vieà Tibhirine.Ne pouvant faire sa formation là, il entre en 1974 à Tamié pour faire son noviciat. Après 18 mois, il demande à repartir pour Tibhirine et y prononce ses premiers voeux le 31 décembre 1976 en présence de ses parents.Étant le plus jeune, la vie avec les frères n'est pas facile et il revient à Tamié. Le 1er novembre 1980, il fait sa profession solennelle et le père abbé lui propose une formation professionnelle. Il choisit le métier de menuisier àfaire àTroyes dans une écoledes frères des Écoles chrétiennes. Après l'obtention de son CAP en juin 1982, il reprend la vie monastique. De 1986 à1987, il est hôtelier à Notre Dame des Dombes, temps d'apaisement et d'épanouissement. Son désir de devenir prêtre refait surface. Il entend l'appel de frère Christian, prieur de Tibhirine et Christophe lui écrit, offrant sa disponiblilté à le rejoindre. En 1987, il rejoint l'Atlas définitivement. Il s'intègre parfaitement et est ordonné prêtre par Mgr Teissier le 1er janvier 1990. La famille et les voisins musulmans sont présents. À Noël 1993 la situation devient difficile, massacres, la peur, l'isolement des moinesde plus en plus pauvres aussi,mais la communauté fait unitédans le désir de rester sur place.En 1995, il retourne en France assister son père mourant. Le 19 mars 1996, il revoit une dernière fois ses parents arrivés à Tibhirine pour la fête de Saint Joseph. Quelques jours plus tard, il est enlevé avec ses frères.

 

Frère Michel

Michel Fleury est né le 21 mai 1944 à Cotteret (Sainte-Anne-sur-Brivet) près de Pontchâteau dans la Loire Atlantique. Il est le deuxième de trois enfants. Tout en suivant les cours de l'école primaire, il travaille à la ferme paternelle. Il eut des contacts fréquents avec le curé de la paroisse. De 14 à 17 ans, il suit les cours d'agriculture. À 17 ans, il entre dans un "séminaire pour vocations tardives"(L'âge normal est de 11 à 12 ansà l'époque)afin de devenir prêtre.Il y résidera de 1961 à 1966. Il suit ensuite la formation au sacerdoce jusqu'en 1970 et fait pendant cette période un stage dans une entreprise de métallurgie à Nantes. Suite à cela il choisit d'entrer comme "frère" en septembre 1971 à l'Institut du Prado qui va le mettre en contact avec le monde ouvrier particulièrement avec des ouvriers venus du Maghreb. Avec un frère plus ancien, il commence une formation dans l'Institut. Fin 1971 ce frère lui propose d'aller habiter avec lui dans un foyer d'immigrés musulmans à Vaulx-en-Velin et y fait uneformation professionnelle(CAP de fraiseur) dans la banlieu de Paris où il y a une fraternité. De 1974 à 1975, il fait sa formation au noviciat puis il part à Marseille jusque fin 1979 pour vivre son expérience du Prado. Il y travaille dans une entreprise de métallurgie "Alstom Atlantique", syndiqué CGT en contact avec le monde ouvrier, spécialement maghrébin. Il sent qu'il lui manque un équilibre et à l'occasion d'une grève perlée de 52 jours qu'il assume, il sent un attrait particulier pour la prière et s'oriente vers la prière contemplative se rendant dans une communauté religieuse proche.C'est à l'Abbaye de Lérins qu'il se sent changé et prend la décision d'entrer à l'abbaye de Bellefontaine. Le jour de l'Épiphanie 1981, il prend l'habit pour deux ans de noviciat. Il rencontre quelques problèmes de santé. Fin 1984, il ressent l'appel pour partir pour lemonastère de l'Atlas. Il s'en ouvre à son responsable de formation et après acceptation son départ est prévu le 27 août avec le frère Bruno, aussi en formation à Bellefontaine. Tous deux arrivent à l'Atlas le 28 août. Il prend son engagement définitif le 28 août 1986. Ses absences seront rares, e.a. pour assister à la dernière "eucharistie" de sa maman qui meurt le 2 mai 1990.Il sera institué "lecteur", c.-à-d. entretenir la fidélité de tous à la parole de Dieu au monastère. Il rejoint le groupe "Ribât" du père Christian, ce qui le met en contact avec l'islam qu'il connaît déjà. Il offre sa vie pourparticiper au mystère pascal de Jésus. Une fracture du bras et du poignet l'obligera à se rendre à l'hôpital de Médea pour la rééducation, ce qui lui fournira le contact avec l'entourage algérien et musulman. Au matin du 27 mars 1996, on retrouvera son habit de prière sur le bord du chemin.

 

Nous pouvons conclure cette vie de moines comme le dit le frère Christophe:j'ai aimé cette communauté sans éclat, simple et très vraie: des hommes qui s'obstinent humblement et paisiblement à témoigner que Dieu vaut la peine, qu'on donne ensemble, sa vie pour lui, pour le prier, l'adorer, accueillir les Béatitudes et apprendre ainsi à aimer, à aimer jusqu'au bout, jusqu'au bout du quotidien".

 

Grâce soit rendue à Dieu pour l’humble chemin pascal de nos Frères enfoui dans le Silence du Ressuscité qui parle plus haut et plus fort que toutes nos violences.

 

Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

 

Sources: Internet, Biographies des moines de Tibhirine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les monts du Caucase

Publié le 05/02/2018 à 22:38 par orthodoxie Tags : png image vie moi monde roman homme chez mer coeur dieu nature internet soi sur livre saint douceur pensées
Sur les monts du Caucase

Sur les monts du Caucase

(На горах Кавказа )

Hiéromoine Hilarion (Domratchev)

 

Nous connaissons peu de choses de la vie du moine Hilarion Domratchev. Il est né vers 1845 dans la région de Viatka (rivière de Russie européenne etaffluent droit de la Kama, sur le territoire de l'oblast de Kirov et de la république du Tatarstan, donc un sous-affluent de la Volga). Il entra dans l'enseignement avant de partir pour le mont ATHOS où il vécut pendant vingt ans au monastère de Saint Pantéléimon. Vers 1880, il se rendit dans les montagnes du Caucase, peuplées d'un grand nombre d'ermites, où il fut attaché au monastère de Saint-Simon-le-Cananéen du Nouvel Athos. Il y mena une vie angélique et fonda plusieurs communautés dans la région.

Dans ce livre, à but didactique, de la même veine spirituelle que les "Récits d'un pélerin russe", il explique en quoi consiste laPrière de Jésus,racine, fondement, sommet et perfection de la vie spirituelle. Il est une introduction à la Philocalie des Pères neptiques ( neptiques » : sobres ; la nepsis : la « sobriété de l'âme) et ydécrit la vie des moines retirés du monde, vivant dans la solitude, unis à Dieu par la Prière de Jésus, point fondamental de la religion orthodoxe. Il évoque également sa relation avec un ermite du Caucase, le père Désiré, son père spirituel. Le livre en son début surprend agréablement le lecteur par la description de la merveilleuse beauté de la nature en cette région du Caucase. Selon le métropolite Hilarion Alfeyev, c’est le livre spirituel qui accorde le plus de place à la nature. IL ne suit pas un ordre logique mais s'y entremêlent la personnalité du moine Désiré, ses enseignements sur la prière, la grâce de la nature et une approche de la vie spirituelle. En 1899, il fonda la communauté de la Protection de la Mère de Dieu dans le village de Temnye Bouki, où il vécut dans un ermitage en bois fabriqué par ses propres mains, en compagnie de quelques disciples. En 1907, il publiaSur les monts du Caucase,un délice pour les personnes ayant du goût pour la vie contemplative. L’ouvrage reste un des meilleurs exposés sur la Prière de Jésus, reconnu pour sa profondeurpar le saint starets Barsanuphe d'Optina (1845-1913). Grandement apprécié en Russie et au Mont Athos, il fut publié en 1907 avec le soutien de la future moniale et martyre, la grande-duchesse Fiodorovna.

 

"Sur les monts du Caucase"

La prière de Jésus.

Le starets décrit les trois étapes qu'il a lui-même parcourues. La première consiste en la répétition de la parole: "Seigneur Jésus-Christ, prends pitié de moi, pécheur", pendant une quinzaine d'années, tout en se livrant à ses obédiences de moine. Prière simplement orale, extérieure ou corporelle. Prière des débutants.

Ensuite vient le temps de la descente de la prière dans l'intellect : le moine reste présent aux paroles de celle-ci, en fixant inlassablement le Christ. C'est le deuxième stade selon les pères. L’évocation du Nom devient spirituelle ou simplement "psychique". Le vagabondage des pensées cesse et la prière s'installe à demeure, comme chez soi. La comparaison d’un homme face à une mer déchaînée s'applique bien ici. Les vagues semblent le déséquilibrer, il ne peut tenir debout sans s'accrocher au rocher qui est le Christ, là il trouve un point fort, un appui où se reposer et contenir ses pensées vagabondes.

Ensuite, par la miséricorde de Dieu, il découvre la prière du coeur, couronnement de toute le vie spirituelle et monastique, leur gloire et leur accomplissement. Son essence en est précisément l'union la plus forte possible de notre coeur avec le Seigneur qui se laisse toucher par répétition pleine de douceur de son Nom très saint. Cet état spirituel et surnaturel est le degré ultime auquel peut atteindre l'âme contemplative, là où cesse toute autre parole que le seul Nom de Jésus. Comme le rayon de soleil nous réchauffe, nous goûtons un bonheur indicible, la plus haute perfection et la plénitude de vie que la parole humaine ne saurait exprimer. Ici tout est grâce. Et silence.

Valère De Pryck et soeur Myriam, clarisse

 

Sources: Hiéromoine Hilarion (Domratchev),Sur les monts du Caucase.Traduit du russe par Dom André Louf, Préface du métropolite Hilarion de Volokolamsk, Éditions des Syrtes, Genève, 2016, 284 p.

Hilarion Alfeyev,Le Nom grand et glorieux (p.241-244), Éditions du Cerf, 2007.

Jean-Claude Larchet – Internet.

Dom André Louf (12 juillet) (suite)

Publié le 27/11/2017 à 20:57 par orthodoxie Tags : amour vie monde chez france fond coeur travail 2010 dieu nuit message sur lecture saint citation
Dom André Louf (12 juillet) (suite)

 

 

 

Dom André Louf

1929-2010

Moine, Père Abbé du Mont des Cats pendant 35 ans

 

Abbatiat et vie érémitique

 

L'imprévisible de Dieu se produit, le Père Abbé du Mont des Cats meurt le 4 décembre 1962. André espère que son successeur sera sensible à son désir d'une vie érémitique. L'élection est prévue pour le 10 janvier 1963. Or la communauté élit André comme Père Abbé ! Celui qui espérait trouver dans une vie érémitique sa véritable vocation devient pasteur de sa communauté ! Il le restera 35 ans ! Sa devise abbatiale:Cum Christo paupere.

Un jour où André Louf avait été quelque peu dur avec un moine, celui-ci glisse un petit mot dans sa boîte aux lettres avec une citation de Saint Exupéry: "L'ami, c'est d'abord celui qui ne juge pas".Le message fera son chemin en lui !

Après dix années au service de la communauté, il se retire un mois à la Chartreuse après avoir rencontré auparavant un moine orthodoxe qui le confirme dans son désir de vivre en ermitage. Il parvient à convaincre ses frères, mais sa démission est refusée par le Père Général de l'Ordre, refus confirmé le Père Général des Chartreux.

Avant de quitter Rome, il vit quelques jours en ermite chez les Camaldules à Frascati. Mais le voilà tout anxieux, seul dans l'ermitage le soir et la nuit, effrayé du bruit causé par les chaines des vaches en contrebas dans un pré qu'il interprète comme tentations du diable, se souvenant du curé d'Ars ! Ainsi réalise-t-il que son intériorité n’est pas encore ajustée à son projet.

La vie monastique devient pour lui l'occasion de rencontres avec les autres religions. Dans le protestantisme de Luther, il apprécie l'équilibre entre la grâce et l'effort humain, spécialement dans l'ascèse personnelle.

Le dialogue semble plus aisé avec les moines orthodoxes avec qui il partage les mêmes sources de sagesse: les Pères du désert, leurs apophtegmes, Jean Climaque, Jean Cassien, et d’autres.

Depuis 1985, il songe sérieusement à sa démission pour gagner un lieu solitaire. Le temps passe, il en repousse l'idée. En 1994, il reçoit une lettre de son proche ami, Dom Denis Huerre, ancien Abbé de la Pierre-qui-Vire qui lui conseille de ne plus tarder et de concrétiser enfin le rêve de toute sa vie. Lui, le moine super actif, entrera-t-il enfin "dans cette région désertique où on est complètement seul avec Dieu" (Thomas Merton, « La Vie solitaire »,Collectanea Cisterciensia, 2, 1973, p. 138).Qui peut reprocher à Dom Louf d'avoir retardé cette échéance à laquelle il aspirait par ailleurs de tout son coeur?

En 1997, la décision de quitter est actée. Un départ précipité, un jeudi d'octobre pendant la messe conventuelle, sans un au revoir à quiconque. Pendant deux mois, temps d'errance sans domicile fixe, passant par plusieurs abbayes pour s’arrêter enfin à Simiane, en Provence, où l'abbesse lui propose de réaliser son rêve et lui aménage une étable pour résidence.

Dès le début, fortement sollicité pour donner retraites et conférences, il fait le choix de la vie érémitique. Il ne quitte son ermitage qu’en de rares occasions , comme par exemple pour des réunions avec des frères orthodoxes dont Hilarion Alfeyev, représentant du patriarcat de Moscou, qu'il connaît bien.

Il participe chaque année au colloque œcuménique à Bose où il se sent sur la même longueur d'onde que son fondateur Enzo Bianchi. Le grand carême, il le passe à la Chartreuse italienne Serra San Brunoet, deux fois par an, il se rend à la Grande Chartreuse où il est nommé confesseur extraordinaire des frères.

Bien vite, il abandonnera le jardinage pour s'adonner au travail intellectuel, à la traduction des oeuvres d’Isaac le Syrien, de Syméon de Taibouteh et celles de Ruusbroeck. Une traduction posthume paraîtra :Sur les Monts du Caucase,chef d'œuvre de la spiritualité philocalique.

Séparé de tous et uni à tous, ainsi se sent-il à Simiane.Qui se retire, attiredit le dicton . Évêques, prêtres, simples chrétiens et incroyants l’y rencontrent et en reviennent convaincus d'être aimés au plus profond d’eux-mêmes.

Dans la prière solitaire, Dom André devient un "beau vieillard", ayant renoncé à une certaine gloire mondaine, lui qui tutoyait de hauts dignitaires dans l'Église. Par grâce il est conformé davantage au Christ humble et pauvre à qui, un jour, il a dit un "oui" sans réserve.

À partir de 2008 sa santé décline. Est-il atteint du syndrome d'Alzheimer?

En avril 2010, il passe le carême à la chartreuse de Serra San Bruno et chute violemment en se rendant à l'église. Hospitalisé à Aix-en-Provence, le diagnostic des médecins est sans appel: il ne pourra plus marcher. Fin juin, il revient à l'infirmerie du Mont des Cats.

Le 12 juillet, il pousse un grand cri avant d'expirer:Christus, Christus, Christus.« L'enjeu de toute une vie condensé en une parole, en une seule ».

L'enterrement a lieu le 14 juillet sous des trompes d'eau :"Ce n'est pas un enterrement, mais un baptême",s'exclame un Abbé.

« Daigne le Seigneur conduire Dom André en ce ténébreux silence où vont se perdre tous les amants de Dieu, comme dit le bienheureux Ruusbroeck dans les Noces spirituelles. Demandons à l'amour divin qu'il nous l'accorde: il ne repousse aucun mendiant ». (Homélie du père Abbé Dom Delesalle).

 

Sa personnalité

 

Comme nous l’avons vu, Dom André a été d'une grande instabilité jusqu'à la fin de son abbatiat. Depuis le début de sa vocation, il hésite entre une vocation pastorale et la Trappe du Mont des Cats où il s’engage à l'âge de 17 ans, se demandant toujours à nouveau si sa vocation n’est pas de devenir ermite, à l’écart du monde. Ainsi il fréquente nombre de monastères érémitiques : camaldules, chartreux et autres, mais son abbatiat l'empêche de réaliser cette vocation qui sourd au fond de son cœur. Ce tempérament instable, il l'attribuera en partie au manque de présence d'un père attentif dans sa jeunesse. Il en souffrira tout au long de sa vie. Pendant son abbatiat, tant le père général des Trappistes que celui des chartreux s'opposent à son départ pour une vie érémitique. Il apprend à recevoir, par l’élection de ses frères, le service inattendu de l’abbatiat. Cet évènement est incontestablement signe du passage du Christ dans sa vie. Son cœur restait brûlé par l'amour ardent de Celui qui le fascinait. Qui vit cette rencontre au plus intime de son cœur ne peut l'oublier. Son cheminement vers cet amour exclusif dans la solitude sera long, il en récoltera les fruits durant les douze dernières années de sa vie.

Élu Père Abbé de l'abbaye du Mont des Cats, il se donne de tout son cœur à sa mission. Autant que possible il délégue les fonctions matérielles à d'autres pères et se consacre d'une part à nourrir ses frères de sa méditation personnelle et d'autre part à s'investir de toutes ses forces dans l'aggiornamento commencé depuis le Concile. Il fut le conseiller de beaucoup de responsables dans l'Ordre cistercien et dans l'Église universelle. Un service qui ne fut pas sans rencontrer quelques oppositions.

C'est à Simiane, dans le sud de la France, auprès d'un monastère de frères et sœurs bénédictins qu'il trouvera l'ermitage tant désiré. Il pourra y réaliser le sens profond de sa vocation à laquelle il aspirait tant: être seul à seul avec le Christ, le contempler jour et nuit, porter l’humanité dans la vigilance de sa prière, tout en gardant un minimum de contact avec le monde extérieur. Quand les sœurs terminaient l'office de matines à 2h30 la nuit, la lumière brillait encore dans sa chambre. Seul à seul avec le Seigneur, l’indicible de cette communion ne peut se livrer. Elle transparaît discrètement à travers les homélies dominicales à Sainte Lioba, livrées depuis lors à notre lecture. Qu'est-ce qui l'habitait? Un immense désir, l'attente de la Rencontre, un avant-goût inénarrable de "ce que l'œil n'a pas vu...", une aube qui se fait proche et dont il perçoit, à l’intime, l'avancée. Et cette saveur du cœur et de l’intelligence ressentie au contact de la Parole, jusqu'à ce dernier jour où, à l’approche de la Sainte Rencontre, il s'écrie : « Christus, Christus, Christus !».

 

Sources: André Louf,À la grâce de Dieu,Ed. Fidélité, 2002.

Charles Wright,Le chemin du cœur - L'expérience spirituelle d'André Louf (1929-2010),Ed. Salvator, 2017.

Dom Louf,S'abandonner à l'amour – Méditations à Sainte Lioba,Inédits Salvator, 2017.

 Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

Dom André Louf (12 juillet)

Publié le 09/11/2017 à 17:36 par orthodoxie Tags : jeune saint vie homme chez amis coeur 2010 divers dieu sur littérature ange pensée lecture
Dom André Louf (12 juillet)

Dom André Louf

1929-2010

Moine, Père Abbé du Mont des Cats pendant 35 ans

 

Vocation et premiers déboires.

 

Jaak (son nom de baptême) Louf naît à Leuven le 28 décembre 1929. Son père, André Louf, est originaire du Westhoek, (Ypres) non loin du Mont des Cats et sa mère, Elvire Decramer, de Gistel (Ostende). Il aura deux sœurs cadettes. Croyants engagés, son père est docteur en droit et avocat, homme taciturne, très intérieur. Sa mère, institutrice puis directrice d'école, est dotée d'un caractère plus expansif. En 1930, ils s'établissent à Bruges. De sa mère, il hérite son tempérament chaleureux, sa gentillesse communicative et son accueil. Elle possède une autorité naturelle. Avec son père les relations sont plus tendues. Il regrettera l'effacement de son père qui a laissé un grand vide en lui.

Comme lui, il a le souci du mot juste, la précision de pensée, ce qui lui sera utile plus tard dans sa mission d’Abbé.

D'abord dans l'enseignement privé, ensuite au collège Saint-Louis à Bruges, les éducateurs lui donnent le goût de l'Antiquité grecque et latine. Féru de littérature, il a un don pour les langues. Polyglotte par la suite, il connaît aussi bien les langues modernes que le syriaque, l'hébreu, l'araméen, (ou le moyen flamand de Jan Ruusbroeck) qu’il mettra au service de la traduction d’auteurs divers. Il s'investit également dans la KSA (équivalent de la JEC francophone). Déjà il ressent un attrait pour la vie intérieure de solitude et de prière, mais à cette époque l’éventualité d'une vocation possible n'est pas encore claire. Le Mont des Cats qu’il aperçoit lors de ses vacances chez son oncle l’intrigue.

En 1945, préparant un camp au Mont Kemmel, l'idée lui vient de traverser la frontière avec un ami au risque de se faire pincer par les douaniers. Ce qui advient. Mais l'ange gardien veille! À ce moment précis, un violent orage accompagné d'une pluie torrentielle se déchaîne qui force les douaniers à s’ abriter en abandonnant les deux amis. Bien accueillis par les moines, ils sont invités à assister à l'office de complies. En entendant le chant du Salve Regina, c’est le coup de foudre. Plus aucun doute concernant sa vocation.

L’entrée dans la vie religieuse comporte bien souvent des "grâces d'illusion". Un flamand veut construire sa vie et sa personnalité à la force du poignet, au risque de se casser le nez tôt ou tard. Cela fait partie du mûrissement de la vocation. Très discret sur lui-même, il dira qu'il a été saisi par un mystérieux toucher intérieur, par un séducteur qui lui a ravi le cœur : « Une fois que la rétine de notre oeil a été éblouie par la lumière de la face de Jésus, elle reste à jamais marquée par elle ».On ne sort pas indifférent d'un tel évènement.

Ses parents d’abord réticents vu son jeune âge finirent pas accepter. En octobre 1947, il entre à l'abbaye. Il n'a pas encore 18 ans. Nous sommes avant le Concile. C’est le temps de la redécouverte des Pères de l'Église, les jeunes novices sont invités à lire leurs oeuvres qui commencent à être traduites dansSources Chrétiennes.Lalectio divina,lecture méditative de la Bible, y est plus que recommandée,non comme une parole qui nous parle de Dieu mais une lecture dans laquelle Dieu nous parle.Privilège des moines, car cette lecture fut interdite par le Droit Canon jusqu'en 1940!

La vie cistercienne est très dure. En 1949, il est épuisé, il souffre d'une hyperthyroïdie fatigante pour lui et les autres, maladie qui le condamne à vivre au ralenti pendant deux ans. À cela s'ajoute une deuxième épreuve pendant ses voeux temporaires prononcés le 21 novembre 1949, un soudain besoin d'activité: pourquoi la trappe plutôt qu'une paroisse? Doute qui amène le Père Abbé, Dom Achille Nivesse, homme clairvoyant, à retarder ses voeux solennels, signe précurseur d'un départ probable. Il reçoit un service à l'hôtellerie où il peut allier contacts et besoin d'intériorité. Rappelé à la vie communautaire en vue d’un discernement avant l’engagement définitif, un nouveau doute s’infiltre en lui. Est-il vraiment fait pour la vie monastique? La vie pastorale n’est-elle pas son véritable chemin? On l’envoie poursuivre des études de théologie à l'université de Leuven mais le Père Général refuse qu'un moine non profès solennel fréquente une université autre que celle de Rome. Une parole de Pie XI et une autre de Jean Cassien éclairent profondément sa décision ; avec un sentiment de libération, il prononce ses voeux solennels le 2 février 1954.

Le 19 juillet 1955, comme il en va pour les moines de chœur, il est ordonné prêtre malgré une certaine réticence personnelle.

En septembre, il est à Rome pour étudier les langues et poursuivre en même temps des études bibliques. Trois années durant lesquelles il fait l'expérience de l'Église dans sa diversité. Mais la théologie à l'Université pontificale grégorienne est décevante. En 1956, il entre à l'Institut biblique universitaire.

Le Père Général de l'Ordre, Dom Gabriel Sortais, avait mis en route unaggiornamento qui ne satisfaisait pas entièrement les jeunes moines. Il avait apporté beaucoup d'allègement dans la stricte observance. Les jeunes s’orientaient plutôt pour un monachisme laïque, l’ordination n'étant pas nécessairement l'achèvement de la vocation monastique. Le sacerdoce répond au besoin d'une communauté pour la célébration des sacrements. La responsabilité d’une telle position lui est imputée. Connaissant son esprit critique, le père Abbé du Mont des Cats lui propose de chercher un autre monastère. Lui pourtant s'est attaché de coeur au monastère de sa profession. Il y est finalement réadmis en juin 1958, mais avec défense d'enseigner. Le voici maintenant à la dernière place et non plus le maître du jeu. Sa seconde conversion peut commencer.

La déconfiture totale.

Avril 1959. Un an et demi plus tard, le Procurateur Général vient de Rome pour demander à son Père Abbé de lui confier la rédaction desCollectanea Cisterciensia.

Le désir d'une vie solitaire dans une chartreuse pointe à nouveau.

Au Père Sortais, il évoque la possibilité de se rendre dans une Église copte en Égypte, peu nombreuse et dans la solitude. Il songe ensuite à une branche de Charles de Foucauld puis aux camaldules tout en ayant évoqué auparavant un ermitage chez les carmélites de Roquebrunes. Il se décide pour les camaldules. Avec l'accord du Père Abbé, Dom Achille, il consulte Pierre Doyère, prieur de l'abbaye bénédictine de Wisques, qui confirme la vocation érémitique d'André.

Septembre 1962, il rencontre à Rome le Procureur général des Chartreux Dom Jean-Baptiste Porion qui l'avait jadis ébloui. "On trouve partout la solitude qu'on y apporte. Un trappiste qui n'a pas trouvé la solitude chez lui n'en trouvera pas davantage à la Chartreuse ou à Camaldoli", lui explique-t-il

Sa certitude vacille. Il passe une semaine chez les camaldules à Frascati où une rencontre avec Dom Étienne Chenevière lui donne le coup de grâce. Il comprend enfin qu’avec un tempérament porté à l'angoisse et à l'hésitation, il doit se méfier de lui-même.

(suite dans la prochaine Missive)

Sources: André Louf,À la grâce de Dieu,Ed. Fidélité, 2002.

Charles Wright, Le chemin du coeur - L'expérience spirituelle d'André Louf (1929-2010), Ed. Salvator, 2017.

 

 

                                                           Valère De Pryck et sœur Myriam, clarisse

 

 

 

 

Bienheureux Jan Ruusbroeck

Bienheureux Jan Ruusbroeck

Bienheureux Jan van Ruysbroeck

1293-1381

Fêté le 2 décembre

 

Jan naquit en 1293 à Ruusbroeck (Ruisbroeck aujourd'hui) situé sur la Senne entre Bruxelles et Hal. Il est un des mystiques flamands les plus lus. À sa lecture nous obtenons une image très réprésentative de le vie littéraire au XIVme siècle. Sa mère l'éleva dans des sentiments de piété et à l'âge de 11 ans il quitta la maison pour se mettre sous la direction de Maître Hinckaert, chanoine de sainte Gudule à Bruxelles. À son contact, il s'adonna à la seule science théologique, n'ayant pas de goût pour les arts libéraux. À 24 ans, il fut ordonné prêtre et devint chapelain de sainte Gudule. Le jour de son ordination, il vit sa pieuse mère délivrée du purgatoire et entrer au ciel. Comme les francisains avaient un couvent à Bruxelles, il est supposé qu'il ait eu des contacts avec eux plutôt qu'avec des dominicains, non présents dans la ville à l'époque.

Ses premiers écrits datent du début de sa vie à sainte Gudule. Il engagea la lutte contre la "secte du libre esprit" dirigée par Bloemardinne. Il s'en prit aux théories pernicieuses répandues par de faux mystiques.

La vie à Bruxelles était trop bruyante. Avec quelques autres chapelains désireux d' une vie plus calme, ils se retirèrent dans la forêt de Soignes dans un ermitage du nom de Groenendael (Viridis Vallis) ou le Vauvert. Y vivait un ermite, du nom de Lambert. Celui-ci consentit à se fixer au val désert de Boetendael un peu plus loin, afin de laisser la place à Ruysbroeck et ses compagnons. .

En 1350, ils prirent l'habit des chanoines réguliers de saint Augustin et adoptèrent sa règle. Il pouvait maintenant se livrer entièrement à la contemplatoin, et lorsqu'il se sentait envahi par l'inspiration, il écrivait tout ce qui lui venait à l'esprit. Il était le prieur de la communauté. Comme sa renommée se répandit, il reçut beaucoup de personnages avec qui il partagea ses richesses spirituelles. Des grands comme Tauler, Gérard Groot vinrent à Groenendael pour l'écouter.

Maître Gérard, le prieur des chartreux, qui avaient une maison près de Hérinnes (Herne près d'Enghien), ne comprenant pas tout à fait bien ses écrits, l'invita à venir les lui expliquer à Hérinnes. Il passa trois jours avec eux et les impressionna. Son visage était tranquille, joyeux, plein de bonté et d'humilité. Tous devinrent meilleurs à son contact. Vieillissant, il vit approcher la mort et âgé de 88 ans et après 64 ans de sacerdoce, dont trente passés à Groenendael, il remit paisiblement son âme à Dieu.

Le 2 décembre 1381, il fut enseveli à Groenendael et, après la suppression du monastère en 1783,ses restes furent transférés à Sainte Gudule à Bruxelles.

Sa cause de béatification fut introduite dès 1624 mais fut suspendue à cause des guerres de religion. En 1783, nouvelle tentative entreprise par le chapitre de Sainte Gudule et à nouveau interrompu à cause de la révolution française.  Béatifié en 1908 par lepapePie X il, est fêtéle 2 décembre.

En 1399, on demanda à Jean Gerson, chancelier de l'université de Paris, de se prononcer sur le contenu des écrits de Ruysbroeck. Son jugement était destructeur, il le considéra pratiquement comme hérétique.

Il fut un des premiers écrivains à abandonner le latin pour écrire son expérience mystique dans une prose du moyen néerlandais, en fait le dialecte brabançon de sa région dans lequel il écrivait avec plus de facilité qu'en latin. De plus, il employa un vocabulaire qui lui était propre avec des relents de latin et son langage originel est difficile voire impossible à comprendre pour un non initié aujourd'hui. Il connaissait le latin car, étant prêtre, il devait avoir suivi ses cours de théologie qui ne s'enseignait qu'en latin. Le père André Louf, lui-même d'origine flamande et expert en linguistique, a réussi à donner de bonnes traductions de son brabançon.

Au XVme siècle, un religieux du couvent de Groenendael, Pomerius écrivit sa biographie. Il pouvait contacter encore des personnes qui l'avaient connu.

 

Son oeuvre.

Douze livres sont connus de lui. Les titres donnent une idée de sa spiritualité.

1. Le livre des Douze vertus, avec à la base l'humilité.

2. Le livre des Douze points,paraphrase du symbole de Nicée.

3.Le Saint Sacrementou Miroir du salut éternel.

4. Les Sept degrés,conduisant à la possession intime de Dieu.

5. Les Sept clôtures,retranchements de l'âme pour la cohabitation secrète avec la Sainte Trinité.

6. Le Livre des quatre tentations,contre la recherche de ses aises et du confort propre à l'époque.

7. Le Tabernacle,description du tabernacle dans l'Ancien Testament, qu'il adapte aux demeures spirituelles de l'âme.

8. Le Royaume des amants,abrégé de tout l'ascétisme et de la mystique. Comment, par les sept dons du Saint Esprit, Dieu conduit-Il l'âme jusqu'à la possession de son royaume.

9. Les Noces spirituelles, l'oeuvre la plus parfaite de Ruysbroeck, abrégé de tout l'ascétisme et de la mystique. Le thème, développé en trois livres en est la parole évangélique : Voici l'époux qui vient, allez à sa rencontre.

10. La Pierre brillante, entretien de Ruysbroeck avec un ermite.

11. Le Livre de la plus haute vérité,explication de quelques passages difficiles du Royaume des amants.

12/ Le Livre des douze béguines,un peu désordonné et se terminant par la Passion du Seigneur et les sept heures du Bréviaire.

 

Quelques mots sur son chef d'oeuvre Les Noces spirituelles.Tout l'ouvrage est le développement du texte évangélique: Ecce sponsus venit, exite obviam ei. (Voici l'époux qui vient, allez à sa rencontre).

Il se compose de trois livres, précédés du prologue où il esquisse l'histoire de la création, de la chute et de la rédemption. Le Verbe incarné s'est constitué l'Époux de la nature humaine qui, elle, est devenue son Épouse.

1. La vie activeou extérieure : il y décrit la lutte contre les sept péchés capitaux, l'âme se purifiant ainsi de tout péché mortel, condition indispensable pour avoir part à l'intimité divine. L'Époux vient et l'Épouse, maintenant comblée de vertus, sort à la rencontre du Christ, qui vient d'abord dans l'Incarnation, puis chaque jour dans l'âme du juste et enfin au jugement dernier. Cette vie active connaît déjà une union à Dieu par la foi, l'espérance et la charité. Enfin, en dernier lieu, le désir de connaître l'Époux par lui-même.

2. La vie de désir,vieaffectiveou intérieure qui conduit à l'ivresse spirituelle se manifestant de différentes façon charismatiques. C'est la partie la plus considérable du traité. Il y sera souvent question de l'union en jouissance avec la divinité. Ruysbroeck recourrera à la comparaison avec le soleil, les saisons, pour montrer comment le Christ embrase le coeur et y fait naître la dévotion affective qui débouche dans l'action de grâces et la louange. L'âme goûte la joie intérieure et l'ivresse spirituelle. L'auteur met en garde contre les déviations à éviter quand il parle des extases, du désir de la mort, des visions, ravissements, jubilations, songes etc. Ici la sagesse et un bon conseiller sont requis. À ce stade se manifeste aussi la sécheresse spirituelle, le sentiment de l'abandon de l'âme qui, avec l'aide du Saint Esprit, pénètre dans les ténèbres inexplorées de la divinité.

3. La troisième vie, vie contemplative, vie superessentielle.

D'après Ruysbroeck "il y a peu d'hommes à pouvoir y parvenir, tant à cause de leur propre inhabilité, qu'en raison du mystère de la lumière où elle se fait". "C'est un mode de vie qui dépasse tous les autres et selon lequel on sort en une contemplation divine et un regard qui ne cesse pas, tandis que l'on est transformé en la clarté divine et tout pénétré d'elle". Cela se réalise dans des liens ininterrompus de l'Esprit Saint.

Un jour, pendant la messe, il était dans un tel état d'extase que le frère servant en fut effrayé et prit peur, de même que le supérieur à qui il rapporta le phénomène. Celui-ci lui defendit, par peur du scandale dans la communauté de célébrer encore. Lui demandant humblement de ne pas l'en empêcher, il dit que c'était dû à l'âge et au Seigneur Jésus, qui l'ayant visité avec douceur, lui avait dit : "Tu es mien et je suis tien".

Mystère de l'union. Laissons Ruysbroeck lui-même décrire le repos de jouissance pris en Dieu dans une des dernières pages du livre des Sept degrés d'amour spirituel:

"La jouissance réclame le repos, car c'est, au-dessus de tout vouloir et de tout désir, l'embrassement du bien-aimé par le bien-aimé, dans un amour pur et sans images; là où le Père conjointement avec le Fils s'empare de ceux qu'il aime dans l'unité de jouissance de son Esprit, au-dessus de la fécondité de la nature; là où le Père dit à chaque espritdans une complaisance éternelle "Je suis à toi et tu es à moi; je suis tien et tu es mien; je t'ai choisi en toute éternité". Il naît alors entre Dieu et ses bien-aimés une telle joie et complaisance mutuelle, que ceux-ci sont ravis, hors d'eux-mêmes, se fondent et s'écoulent pour devenir en jouissance un seul esprit avec Dieu, tendand éternellement vers la béatitude infinie de son essence".

Qu'il puisse en être ainsi pour nous tous lors de la sainte rencontre!

Valère De Pryck

 

Sources: Jan van Ruusbroec, Écrits II, Les Noces spirituelles, Spiritualité Occidentale, n° 3, Abbaye de Bellefontaine, 1993.

Introduction générale auxœuvres de Ruysbroeck, Abbaye Saint-Paul de Wisques, Oosterhout (Hollande), Juin 1915. Internet.

L'ornement des Noces spirituelles,Abbaye Saint-Paul de Wisques, Oosterhout, en la fête de Sainte Cécile, 22 novembre 1919. Intenet.

Lecture du Livre de l'Apocalypse

Publié le 03/10/2017 à 18:17 par orthodoxie

Lecture
du Livre de l’Apocalypse
Valère De Pryck
23.98
----------------------------INFORMATION----------------------------
Couverture : Classique
[Roman (130x204)]
NB Pages : 314 pages
- Tranche : 2 mm + (nb pages x 0,055 mm) = 17.2386
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Lecture du livre de l’apocalypse
Valère De Pryck
861704
Lecture du Livre de l’Apocalypse Valère De Pryck
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93200 Saint-Denis
actualite@edilivre.com - www.edilivre.com
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LECTURE
DU LIVRE DE L’APOCALYPSE
Valère De Pryck
Religion
Sept. 2017, Format Roman (134x204 mm), 314 pages
ISBN : 9782414108190
35.00 €
Disponible au format numérique
Apocalypse ? Aussitôt apparaissent devant nos yeux des images de bouleversements
cosmiques, d’évènements catastrophiques qui mènent l’humanité à sa perte.
L’Apocalypse de saint Jean, appelée parfois cinquième évangile, n’est pas à comprendre dans
ce sens. Il n’y est nullement question de la fin du monde. Le mot « apocalypse » vient d’un
terme grec qui signifie levée du voile. Avec l’apocalypse, la révélation est définitivement close.
Tout a été dit par cette dernière levée du voile. Le Christ ressuscité victorieux de la mort
frappe à notre porte (3,20) et nous invite à aller avec lui vers la vie. Michel Ange disait de la
peinture : « On ne peut peindre le Christ sans vivre avec lui. » C’est vrai de la contemplation
de l’apocalypse. Jean ouvre notre espérance et nous introduit dans ses visions.
Valère De Pryck est né en 1935 dans le Braband flamand en Belgique. Il a suivi des cours
de philosophie et de théologie chez les pères franciscains au Chant d’Oiseau à Bruxelles.
Régent en langues germaniques, il a enseigné à l’institut Saint-Berthuin à Malonne et à
l’école des langues vivantes à l’UNamur. Il est marié et père de quatre enfants.
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LECTURE
DU LIVRE DE L’APOCALYPSE
Valère De Pryck
Religion
Sept. 2017, Format Roman (134x204 mm), 314 pages
Papier blanc 90g
Couverture quadrichromie, 400g
ISBN : 9782414108190
35.00 €

Lecture du Livre de l'Apoaclypse (publié)

Publié le 01/10/2017 à 15:19 par orthodoxie Tags : oiseau image vie monde roman chez enfants mort livre sur peinture ange papier lecture saint extrait collection france heureux
Lecture du Livre de l'Apoaclypse (publié)

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Lecture du Livre de l'Apocalypse

Par Valère De Pryck

Thème : Religion

Format : Roman (134x204)

Nombre de pages : 314

Date de publication : 29 septembre 2017

ISBN : 9782414108190

Disponible

image Livre papier
35,00 €
 
 
 


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1,99 €
 
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Lecture du Livre de l'Apocalypse

 

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Résumé

Apocalypse ? Aussitôt apparaissent devant nos yeux des images de bouleversements cosmiques, d’évènements catastrophiques qui mènent l’humanité à sa perte. L'Apocalypse de saint Jean, appelée parfois cinquième évangile, n'est pas à comprendre dans ce sens. Il n'y est nullement question de la fin du monde. Le mot « apocalypse » vient d’un terme grec qui signifie levée du voile. Avec l'apocalypse, la révélation est définitivement close. Tout a été dit par cette dernière levée du voile. Le Christ ressuscité victorieux de la mort frappe à notre porte (3,20) et nous invite à aller avec lui vers la vie. Michel Ange disait de la peinture :  « On ne peut peindre le Christ sans vivre avec lui. » C’est vrai de la contemplation de l’apocalypse. Jean ouvre notre espérance et nous introduit dans ses visions.

Biographie de Valère De Pryck
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Valère De Pryck est né en 1935 dans le Braband flamand en Belgique. Il a suivi des cours de philosophie et de théologie chez les pères franciscains au Chant d'Oiseau à Bruxelles. Régent en langues germaniques, il a enseigné à l'institut Saint-Berthuin à Malonne et à l'école des langues vivantes à l'UNamur. Il est marié et père de quatre enfants.

 
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Informations sur l'ouvrage
Collection Classique
Date de publication 29 sept. 2017
Nom Lecture du Livre de l'Apocalypse
Langue Français
Auteur Valère De Pryck
Pas d'extrait sur site N/A

Livre papier

Nombre de pages 314
ISBN 9782414108190

Livre PDF

ISBN 9782414108206

Sainte Kéthévane, reine de Georgie (fêtée le 13 septembre)

Sainte Kéthévane, reine de Georgie (fêtée le 13 septembre)

 

 

Sainte Kéthévane, reine de Géorgie

1560-1624

Fêtée le 13 septembre

 

Filled’Aschotan Ier Moukhran-Batoni,de la lignée royale des Bagration, Kéthévane fut mariée au prince David, héritier du trône d’Alexandre II (1574-1605), roi de Kakhétie (Géorgie orientale). Celui-ci avait deux autres fils, Georges et Constantin. Ce dernier se convertit à l'islam et fut élevé à la cour du shah de Perse, Abbas I. Quand David se révolta contre l'autorité royale de son père et prit le pouvoir, Alexandre II abdiqua pour entrer au monastère d'Alaverdi et s'y faire tonsurer moine.

 

Quatre mois plus tard, en 1602, le jeune roi David mourut laissant une veuve avec deux enfants: un garçon, Teimuraz et une fille, Elène. Apprenant la mort de son fils, Alexandre revint sur le trône royal. Mais pour peu de temps, car le shah envoya Constantin assassiner son père et son frère Georges et s'emparer du trône de Kakheti. Il coupa la tête à son père et son frère et les envoya au shah Abbas en cadeau. Quant aux restes de leurs corps, il les envoya à Alaverdi pour être inhumés dans le tombeau royal.Constantin insatisfait proposa à la reine Kéthévane de l'épouser. Les nobles, outragés par cette proposition, tuèrent le jeune parricide qui avait abdiqué sa foi et le trône.

Après avoir enterré celui-ci avec les honneurs dus à son rang, Kéthévane envoya des cadeaux au shah lui demandant de proclamer son fils Teimuraz juste successeur du trône. Conscient que son refus pousserait le royaume de Kakheti à se séparer définitivement de lui et à s'allier avec celui de Kartli, le shah Abbas acquiesça à sa demande et renvoya le roi Teimuraz en Géorgie chargé de richesses. Pendant ce temps la reine Kéthévane gouvernait Kakhéti et se consacrait à la construction d’églises, de monastères et d’hôpitaux.

En 1614, le shah exigea Teimuraz d'envoyer son jeune fils Alexandre avec sa mère Kéthévane en Perse où, pendant dix ans, ils connurent la captivité. Dans une ultime tentative en vue de diviser la famille royale de Kakheti, Abbas ordonna encore la présence du prince aîné, Levan, avant d'exiger enfin celle de Teimuraz lui-même. Ses intentions n'étaient que plus claires: tenir prisonnière la famille royale en Perse et envoyer ses vice-rois gouverner Kakheti. En même temps, il chercha à éliminer le roi Luarsab II de Kartli, mais Teimuraz et Luarsab s’accordèrent pour attaquer l'armée perse et la déloger de Géorgie. Après avoir envoyer ses otages, la reine Kéthévane et ses petits-fils, au fin fond de la Perse, le shah lança ses troupes sur Kakheti.

Il semble utile pour bien comprendre de regarder sur Google une petite carte de la région.  

 

Les Perses pillèrent toute la Géorgie. Le palais royal fut rasé, les monastères et églises détruits et des villages entiers abandonnés. 300.000 Géorgiens furent exilés en Perse et leurs maisons occupées par des turcs d'Asie Centrale. Les rois géorgiens Teimuraz et Luarsab cherchèrent refuge auprès du roi Georges III d'Imereti tandis que la famine et la violence règnaient sur leurs royaumes.

Après cinq années d'exil avec leur grand-mère à Shiraz (Perse), les princes Alexandre et Levan en furent séparés et castrés. Alexandre en mourut et Levan devint fou sans que Sainte Kéthévane ne fut informée de leur sort. Elle demeura en prison tandis que régnait le souverain de l'ethnie géorgienne, l'iman Quli-Khan Undiladze, qui traita la reine avec beaucoup de respect.

Durant ces années de captivité, elle mena une vie ascétique dans un jeûne constant et la prière, dormant sur un lit de pierre. Son corps jadis choyé s’épuisait mais toujours pleine de courage et de vitalité intérieure, elle continuait d’enseigner la foi à ceux et celles dont elle avait la charge.

Un peu plus tard, le shah résolut de la convertir à l'islam et de l'épouser. Il lui fit parvenir sa demande le jour même où lui fut annoncé le destin de ses petits-fils. Si elle acceptait, elle connaîtrait les honneurs royaux, sinon elle serait soumise à la torture publique. L'iman, alarmé, tenta de sauver sa vie, mais elle refusa catégoriquement et se prépara au martyre.

Habillée de vêtements de fête, Kéthévane fut amenée dans un square où le peuple s’était rassemblé . Là, elle fut soumise à un tourment indescriptible: un chaudron rempli de charbons ardents fut placé sur sa tête, des pinces brûlantes traversèrent son corps, ses ongles furent arrachés et finalement sa tête fut fendue avec une bêche chauffée à blanc. Après avoir remis son âme à Dieu, ses tortionnaires jetèrent son corps mutilé aux bêtes quand soudain, par intervention divine, ses saintes reliques s'illuminèrent d'une lumière rayonnante.

Un groupe de moines missionnaires augustiniens présents à son martyre parvinrent à dérober ses restes la nuit et à envelopper son corps dans un linceul parfumé de myrrhe. Ils le cachèrent pendant trois ans. En 1627, ils l'enterrèrent enfin dans un monastère catholique-romain, Saint Augustin, à Goa, en Inde. Des reliques furent remises à son fils Teimuraz qui, après avoir pleuré sa mère, les fit enterrer sous l'autel dans la cathédrale de saint Georges à Alaverdi. Une autre partie fut envoyée à la basilique saint Pierre de Rome.

En 2004, l'Église orthodoxe russe offrit à la Géorgie une icône de la sainte mégalomartyre Kéthévane contenant une relique.

( En 2006, dans la partie ancienne de l'église de Goa, des archéologues indiens ont découvert ses restes (une main) sous les décombres d'un sarcophage de pierre. Des spécialistes du centre indien en Biologie cellulaire et moléculaire ont fait les analyses ADN sur ces restes. Leurs recherches ont révélé la présence d'un ADN du groupe haplu U1b, absent en Inde mais présent en Géorgie. Les restes découverts à Goa seraient bien ceux de la reine Khétévane (voirHaplogroup U (mtDNA) sur Internet pour les spécialistes). )

Le patriarche catholique Zacharias (1613-1630) éleva cette grande martyre au rang des saintes.

Valère De Pryck et soeur Myriam, clarisse

Sources: Orthodox Church of America. Septembre 13.

Autres sources sur Internet.